II. - ABCÈS FROIDS
Les abcès froids de la région cervicale peuvent être d’origine ganglionnaire; cette variété sera étudiée plus loin ; d’autres fois, ils sont consécutifs à une lésion osseuse ou cartilagineuse, ce sont de vrais abcès confluents.
Le plus ordinairement, la lésion primitive siège sur un organe delà région : tuberculose du rachis, du larynx, de la trachée, de l’os hyoïde, de l’œsophage ; mais parfois la collection purulente suit une marche plus compliquée et son origine se rattache à une altération des os du crâne ou de la face (base du crâne, rocher, antre mastoïdien, maxillaire inférieur), ou bien le pus remonte du thorax au cou (sternum, côtes et cartilages costaux, clavicule, omoplate). On a vu une caverne pulmonaire s’ouvrir dans le triangle sous-claviculaire (Voisin, cité par Walther; Gillette, dans son article du Dictionnaire de Dechambre,en cite d’autres observations).
Le plus ordinairement, les abcès froids consécutifs à une lésion rachidienne siègent en arrière du pharynx, dont ils soulèvent la paroi postérieure; ils peuvent cependant devenir latéraux et occuper alors la région sus-claviculaire.
Symptomatologie. — Les symptômes ne diffèrent pas de ceux des abcès froids en général :
Tumeur lisse, régulière, fluctuante, indolente, sans coloration de la peau, tant que celle-ci ne tend pas à s’ulcérer, Lorsqu’ils sont en rapport avec une grosse artère, celle-ci peut leur imprimer des pulsations qui ont pu faire songer à un anévrysme.
Les signes de compression des voies respiratoires et digestives ne sont jamais aussi intenses que dans les abcès aigus, dit Kœnig ; c’est qu'il y a ici moins de réaction inflammatoire autour de la poche, et d’autre part les organes ont le temps de s’accommoder à la compression et de fuir devant elle.
Les perforations des organes creux et surtout des vaisseaux sont par contre particulièrement fréquentes.