‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 148 sur 194 · I. — CONTUSIONS SIMPLES DES PAROIS THORACIQUES · texte numérisé non relu

I. — CONTUSIONS SIMPLES DES PAROIS THORACIQUES

Extrêmement fréquentes, les contusions simples succèdent à des causes nombreuses : poutre tombant d’une certaine hauteur, pierres, projectiles animés encore d’une vitesse suffisante. Le sujet peut avoir été pris sous un éboulement, serré contre un mur, etc.

Ce qui caractérise surtout la contusion simple, c’est que les lésions siègent uniquement sur les parties superficielles, et qu’il n’existe ni fracture de côte ou de sternum, ni déchirures des organes intrathoraciques.

Suivant l’intensité du traumatisme, il peut y avoir une attrition des parties molles plus ou moins considérable, qui se traduit par un épanchement sanguin et des ecchymoses, qui ne diffèrent en rien de ce que l’on observe dans les autres régions. Morel-Lavallée cependant a décrit, à la partie inféro-latérale du thorax, des épanchements sérosanguins d’une grande étendue.

Symptômes. — Au moment même du traumatisme, les symptômes présentent une grande diversité, suivant les sujets, et probablement aussi suivant l’étendue de la région contusionnée.

Fréquemment, l’on observe une tendance à la syncope; le faciès est pâle, le pouls s’affaiblit. On a même signalé des cas de mort. Nélaton cite l’observation d’un homme qui mourut subitement après une chute sur le sol. D’après Paget, une femme de quarante-cinq ans à qui un enfant de quinze ans avait jeté une pierre, qui l’avait frappée dans la région du cœur, mourut sur le coup. L’autopsie ne montra aucune lésion traumatique du cœur, mais les valvules tricuspide et mitrale étaient insuffisantes. Il en était de même chez deux malades, dont les observations sont rapportées par Riedinger. Cet auteur a cherché à se rendre compte, d’après ses expériences, de l’effet produit sur le cœur par les contusions de la région cardiaque. Des chocs un peu forts amènent une diminution de pression du sang, due d’après lui à l’excitation du pneumogastrique.

C’est à ces cas étranges que Riedinger, Meola Felice, donnent le nom de commotion du thorax.

Dans la grande majorité des cas de contusion simple, les symptômes Traité de chirurgie. VI. — 50

CH. SOÜLIGOUX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE

observés présenlenl une gravilé beaucoup moindre. La tendance à la syncope, cjui suitiininédiateinenl le choc, disparaîL vite, et lait |)lace à la douleur et à la dyspnée.

La douleur est souvent assez vive, quehiuefois localisée, souvent dilVuse, toujours exas])éréc par la moindre pression et les mouvements respiratoires. Elle peut s’irradier suivant le trajet des nerfs intercostaux, si ceux-ci ont été contusionnés. Conséquence de la douleur, la dyspnée, assez maixiuée au début, diminue avec elle. D'après Sté})haiie Paget, on remarque quelquefois chez les enfants une extraordinaire rapidité des mouvements res[)iratoires, qui peut persister pendant un certain temps, meme après que toute trace de l’accident a disparu.

Les signes physi(|ues sont en général peu marqués; s’il existe une rupture musculaire, c’est prescpie toujours le grand pectoral qui est rompu; il se produit un éj)anchement sanguin assez considérable. Mais le plus souvent le gontlement, l’ecchymose sont très limités, ou même ne se produisent pas.

La guérison est la règle au bout de quelques jours. Parfois, il persiste de la douleur au niveau du point contus, qui semble due, comme le fait remanpier ^1. Piccpié, à la contusion des nerfs (jui innervent la paroi thoraciciue.

On a accusé la contusion de favoriser la production d’ostéites des côtes et du sternum. Les malades atteints d’abcès froids du thorax j)rétendent, en effet, frécjuemment, avoir re(;u un coup au point où siège l’abcès.

MM. Chaulfard et Herbert (1) ont attiré l’attention sur la pleurésie traumatique, consécutive à la contusion simple du thorax. Ainsi, un de leurs malades se contusionne le thorax, assez légèrement pour pouvoir reprendre immédiatement son travail, et ne s’arrèteque quelques jours après, par suite de raj)parition d’un point de côté, de frissons, et dyspnée, ,1e n’ai pas à insister ici sur les signes de cette pleurésie; l’épanchement en est en général considérable, 1500 à 2000 centimètres cubes en moyenne.

Pour MM. Chaulfard et Herbert, cette pleurésie traumatique est d’origine tuberculeuse, la contusion n’a agi que comme agent localisateur chez un sujet porteur d’un foyer latent de tuberculose. Le liquide pleural injecté dans le péritoine de cobayes a déterminé 3 fois sur 4 de la péritonite tuberculeuse.

Diagnostic. — Il n’est pas toujours facile au début, en présence des .symptômes parfois graves que nous avons signalés, de savoir si Ton a alfaireàune contusion simple. Cependant, l’absence d’hémoptysies et de signes stéthoscopiques immédiats permettent d’éliminer une lésion concomitante des organes intrathoraciques.

(1) Herbert, thèse de Paris, 1896-97. Gaz. hehdom, ,1 février 1897.

CONTUSIONS PROFONDES DU THORAX

Il est quelquefois difficile de séparer la contusion superficielle d’une fracture de côte; l’on trouvera plus loin le diagnostic différentiel entre ces deux accidents. Dans le cas de rupture musculaire, la douleur est plus localisée que dans la contusion.

Pronostic. — Les accidents signalés plus haut, comparés au nombre considérable des contusions simples du thorax, sont bien peu nombreux. Aussi peut-on dire que la guérison est la règle, les complications l’exceotion.

Traitement. — L’on doit se borner à soulager la douleur et la dyspnée par l’application de quelques ventouses scarifiées au point contus, et, au besoin, par une piqûre de morphine. Le port d’un bandage de diachylon, en immobilisant le thorax, contribuera beaucoup à diminuer la douleur.

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