‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 169 sur 194 · PLAIES PÉNÉTRANTES DE LA PLÈVRE ET DU POUMON · texte numérisé non relu

PLAIES PÉNÉTRANTES DE LA PLÈVRE ET DU POUMON

malade, s’atïaiblissant de jour en jour, finit par succomber si l’on n’intervient pas rapidement. Le thorax semble dilaté, ses parois sont souvent œdémateuses, parfois une ecchymose étendue occupe la région lombaire (Nélaton). Tel est le tableau et la transformation de l’hémothorax en pyothorax.

Il ne faudrait pas cependant toujours conclure de la présence de la fièvre, même s’élevant à 39°-40°, que le contenu de la plèvre est en train de subir une transformation purulente. Car, dans un grand nombre de plaies de poitrine guéries sans intervention, ce symptôme est signalé.

M. Tuffier (1) a rapporté à la Société de chirurgie plusieurs observations d’hémothorax abondants accompagnés de fièvre et guéris sans intervention. Il en conclut que l’élévation de température, meme prolongée pendant quelques jours, n’est pas, dans ces cas, une preuve d’infection de l’épanchement et que, par suite, la fièvre ne commande pas l'intervention. L’examen du liquide retiré avec la seringue de Roux a montré à M. Tuffier qu’il ne contenait aucun microorganisme.

Dans une discussion de la Société de chirurgie (4 décembre 1895), la plupart des chirurgiens qui ont pris la parole, MM. Reynier, L. Ghampionnière, Ouénu, Kirmisson, Pozzi, émirent l’opinion que cette fièvre est le fait de l’épanchement de sang dans la plèvre. Mais MM. Routier et Michaux pensent, au contraire, que, dès que la fièvre monte, la suppuration va se produire. M. L. Ghampionnière s’élève avec force contre les idées exprimées par MM. Routier et Michaux. « Le vrai péril, c’est la doctrine de la septicémie quand même. G’est elle qui fait croire à des indications fictives ; c’est elle qui conduit aux interventions inutiles. Rien loin de méconnaître l’indiscutable existence de la fièvre sans septicémie, nous devons nous efforcer d’en rechercher minutieusement toutes les modalités cliniques. Nous devons nous attacher à savoir toujours la diagnostiquer. »

J’ai tenu à citer ces paroles de jM. L. Ghampionnière qui me semblent bien préciser, avec celles de MM. Michaux et Routier, les deux opinions de la Société de chirurgie.

Il me semble que, dans ces cas de fièvre accompagnant l’hérnothorax abondant, l’on a peut-être trop laissé de côté la plaie pulmonaire elle-même et le corps étranger. Nous avons déjà vu qu’à la suite de contusion du thorax, la fièvre symptomatique d’une pneumonie traumatique apparaissait souvent vers le troisième jour. Or, il paraît bien difficile de dire, dans les cas où il existe une plaie pulmonaire, si la fièvre est due à l’hémothorax, à la pneumonie traumatique ou à la pleurésie traumatique qui succèdent à une légère infection de la plèvre comme nous l’avons vu en étudiant l’hémothorax. A mon avis,

(1) Tuffier, Soc. de chir.., 13 novembre 1895, Traité de chirurgie.

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