‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 171 sur 194 · PLAIES PÉNÉTRANTES AVEC LÉSIONS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

PLAIES PÉNÉTRANTES AVEC LÉSIONS PULMONAIRES

supérieure de la plaie cutanée, que des sutures profondes et superficielles ferment étroitement dans toute son étendue, sauf en un point répondant à la partie la plus élevée de l’ouverture pleurale, où les fils sont, d’ailleurs, disposés de telle sorte qu'il ne reste plus qu’à les serrer lorsque, la cavité pleurale étant pleine de liquide, de légers mouvements imprimés au corps de l'opéré ne déterminent plus la sortie d’aucune bulle d’air. L’opération de remplissage s’accompagne d’un peu de cyanose qui cède rapidement. Le liquide introduit retombe dans l'irrigateur avec une teinte légèrement rosée, en même temps que la respiration et les fonctions du cceur s'améliorent. La pointe delà sonde est alors amenée sous la peau puis retirée complètement. La respiration redevient aussitôt tranquille et régulière; partout on retrouve de la sonorité et du murmure vésiculaire ; enfin les suites de l’opération ne ditfèrent en rien de ce qu’elles auraient pu être sans ouverture de la plèvre. Toutefois ce procédé n’a pas été employé par d’autres que par son auteur. M. Gaillard le condamne formellement et Fourrât dans sa thèse conclut des expériences faites en collaboration avec M. Rodet que la fermeture de la plaie est la seule chose qui s’impose (1). (En faisant de la plèvre une cavité close, on permet aux fonctions pulmonaires et cardiaques de s’accomplir, et, de plus, on supprime le contact incessant de l’intérieur avec des couches d’air toujours renouvelées. L’air qui reste dans la plèvre ne tarde pas à se résorber).

Il faudra donc se borner à bien nettoyer les bords de la plaie, à arrêter l’hémorragie, puis à fermer la plaie. Mais, dans le cas où les bords de la plaie seraient mâchés, où l'on pourrait craindre une infection, il faut, comme le conseille M. Peyrot, la laisser ouverte, introduire, au besoin, un drain gros et court dans la cavité pleurale, et appliquer un pansement ouaté qui transformera, en réalité, le pneumothorax ouvert en pneumothorax fermé. Au bout de quelques jours, si aucun phénomène infectieux n’apparaît, le drain sera retiré et la guérison s’achèvera sous un bon pansement antiseptique. Quant aux injections intra-thoraciques, destinées à prévenir l’infection de la plèvre, il faut y renoncer et attendre l’apparition de la fièvre pour y avoir recours.

IL Plaies pénétrantes avec lésions i>ulnionaires. — Les

auteurs sont d’accord, à l’heure actuelle, en présence d’une plaie pénétrante de poitrine, pour conseiller, en l’absence de complications graves tenant au pneumothorax ou à l'hémothorax : 1° de s’abstenir de toute exploration du trajet de la plaie et de toute recherche du corps étranger; 2° de laver et d’aseptiser la plaie et de placer un pansement occlusif. Dans ces cas, il faudra surtout, immobiliser le blessé, éviter tout transport, et si cela est possible, le

(1) PouRUAT, thèse de Lyon, 1S92. — Rodet et Burrat, Arch. dephysiol., 5c série, 1892.

CH. SOULIGOUX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE

faire coucher au lieu même de Faccideiit. MM. Iluguet et Peraire(I) douueiit à celle immobilisation une importance capitale. Ouant aux symptômes immédiats ({ui suivent toute plaie pénétrante de poitrine, la dyspnée, due en partie à la douleur, sera combattue au besoin par une piqûre de morphine, des inhalations d’oxygène, le blessé sera réchaulle.

Mais il est deux symptômes qui prennent souvent une importance capitale et sur le traitement desquels l’opinion n’est pas encore faite. (Test le pneumothorax, et V hémorragie.

Le pneumothorax n’est que rarement l’objet d’une intervention et ce n’est que, dans le cas où la tension intrathoracique devient trop élevée, comme cela se produit dans le pneumothorax à soupape, qu’il faut songer à intervenir.

Bell, Dupuytren, Hewson, conseillaient d’ouvrir largement la poitrine comme dans l’opération de l’empyème. Malgaigne qualifiait cette façon d’agir d’absurde. Legoest employait la canule de Reybard (lu’il laissait en place. Bouveret, Orlebac, ont obtenu ainsi des succès définitifs. Aussi, dans le cas où la tension intrathoracique devient exagérée, ne doit-on pas hésiter à intervenir chirurgicalement, et je pense qu’il faut donner, dans ce cas, le choix à l’ouverture large de la plèvre, en agrandissant la plaie. On remédiera aux accidents et l’on évitera la production de l’emphysème, h' emphysème donne rarement lieu à des indications opératoires. Cependant, comme le prouvent les observations citées plus haut, il peut devenir menaçant pour la vie ; il ne faudrait pas hésiter, dans ces cas, à ouvrir largement la plaie. Dans les cas moyens on pralicjuera des mouchetures plus ou moins nombreuses ou plutôt des incisions au bistouri, d’abord au voisinage du point où a débuté le gondement emphysémateux, ensuite dans les autres points plus éloignés où il paraîtra utile de faire cesser promptement la ilestruction des tissus. Les incisions et mouchetures doivent comprendre toute l’épaisseur de la peau et le tissu cellulaire.

Guette est ta conduite à tenir dans te cas d'hémothorax ?

Dans le cas d’hémothorax limité, ne déterminant pas de phénomène menaçant, tous les chirurgiens sont d’avis d’immobiliser le malade, d’obturer la plaie. Le plus souvent, dans ces cas, la terminaison est heureuse. Bien mieux, il semble démontré qu’une absorption d’antipyrine à la dose de 4 grammes, peut avoir une influence favorable et amener l’arrêt de l’hémorragie; c’est, du moins, ce qui semble ressortir des observations d’Isch Wall et Capitan.

Mais en présence d’hémothorax produisant de graves accidents, que doit-on faire? Doit-on s’abstenir de toute intervention ou agir? Telle était la question posée par M. Marc Sée en 1878 à la Société de chirurgie.

(1) Huguet et Peraire, Revue de chir., 1896.

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