PLAIES ET RUPTURES DU DIAPHRAGME
nostic, car il résulte des statistiques de MM. Blum et Ombredanne que rétranglement est la terminaison la plus habituelle de cette lésion.
Traitement. — Depuis longtemps, Guthrie, Legouest pensaient, qiTen présence d'une plaie du diaphragme avec hernie, il était indiqué d’intervenir, de réduire les organes herniés et de suturer le diaphragme.
Quelle voie faut-il prendre? la voie thoracique ou la voie abdominale?
Dans les hernies anciennes où surviennent des phénomènes d’étranglement, on n’y pense pas le plus souvent, et il est rare qu’un diagnostic, autre que celui d’obstruction intestinale, soit porté. Dans ces cas, on intervient donc surtout par la laparotomie.
Une fois la hernie découverte, il est indispensable de débrider l'anneau avant de réduire. MM. Schwartz et E. Rochard, Perman conseillent, pour débrider l’anneau, la voie transpleurale, puis de réduire l’intestin et suturer le diaphragme.
Tous les auteurs sont d’accord, dans le cas où la hernie est diagnostiquée avant l’intervention, pour préférer la voie transpleurale.
MM. Schwartz et E. Rochard indiquent le manuel opératoire suivant :
Tailler, par une incision en U, en T, en H, au niveau de la neuvième côte, un lambeau de 12 à 15 centimètres. La neuvième côte est réséquée, le lambeau relevé. Le poumon se rétracte et laisse à nu la concavité du diaphragme. Les viscères herniés, toilette et inspection étant faites, sont réduits à travers l’orifice anormal, débridé s'il y a lieu. La plaie diaphragmatique est suturée ainsi que le volet thoracique rabattu. Le pneumothorax guérit rapidement. Dans le cas d’infection de la plaie, le lambeau serait suturé dans la plus grande partie de son étendue, mais on laisserait un petit espace par lequel on pourrait drainer la cavité pleurale. En 1890, Postempski a réuni sept cas de blessures du diaphragme suturées par voie thoracique. En 1892, M. Walther a rapporté à la Société de chirurgie un beau cas de guérison : il s’agissait d’une plaie verticale ayant sectionné les 7®, 8® espaces intercostaux, ainsi que la 8® côte et le diaphragme. Par la plaie, l’épiploon faisait hernie. Il n’y avait pas de pneumothorax. L'épiploon fut lié et réséqué. L’estomac exploré à travers la plaie du diaphragme était intact. Le diaphragme fut suturé à la paroi thoracique. La plaie thoracique fut fermée par deux plans de suture.
(1) Legouest. Traité de chirurgie d’armée, 2e édit-, 1872.
CH. SOULIGOUX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE