‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 185 sur 194 · TUMEURS DES PAROIS THORACIQUES · texte numérisé non relu

TUMEURS DES PAROIS THORACIQUES

Des exostoses ostéogéniqiies ou acquises peuvent siéger sur le sternum ou les côtes. Les exostoses ostéogéniques existent, d’ordinaire, en même temps qu’en d’autres points du squelette. Les exostoses acquises reconnaissent leurs causes habituelles : traumatisme ancien, inflammation de voisinage comme dans l’observation d'ostéophijte costale pleurétique rapportée par Parise (de Lille) ; ou bien des infections générales, la fièvre typhoïde (Dufour, Chantemesse et W’idal, etc.), et surtout la syphilis.

Leur symptomatologie ne présente le plus souvent rien de spécial. Mais parfois, leur localisation au niveau de certaines côtes pourra donner lieu à des signes particuliers. Verneuil a signalé deux cas d’exostose de la première côte comprimant le plexus brachial. Demarquay attire l’attention sur l’espèce de crépitation provoquée par le frottement du scapulum sur les exostoses costales en rapport avec lui.

Les eccliondroses ne doivent pas être confondues avec les chondromes. Après Virchow, Pierre Delbet a décrit sous ce nom des tumeurs absolument bénignes qui naissent aux dépens des cartilages costaux. En général peu volumineuses, elles ne sont souvent que des trouvailles d'autopsie, et peuvent s’ossifier comme les cartilages dont elles proviennent (Virchow).

Demarquay signale deux cas de fibromes de la région précordiale qui paraissaient avoir pris leur point de départ dans le périoste des côtes. Nous n’avons pas trouvé de fait analogue.

Les kystes hydatiques des côtes et du sternum sont extrêmement rares. Sur les cinquante-deux observations réunies par Gangolphe (1), pas une fois le squelette thoracique n’était en cause.

Paget, à titre de curiosité pathologique, signale un kyste hydatique du sternum observé par Madelung.

Le groupe important des tumeurs pariétales d’origine osseuse, est constitué par les chondromes et les sarcomes.

Il s’agit souvent d’ostéo-sarcome secondaire à une tumeur primitive des membres : l'apparition delà tumeur thoracique coïncide avec celle d’autres noyaux de généralisation. Mais les côtes et le sternum peuvent être atteints primitivement.

Au point de vue de leur nature, ce sont presque toujours des tumeurs mixtes, jusqu'à un certain point comparables à celles de la parotide. Le chondro-sarcome, le myxo-sarcome, le lympho-sarcome, sont plus fréquents que les formes pures. Mais il ne faut plus se fier à la prétendue bénignité des enchondromes, car les faits de transformation maligne et de généralisation ne sont pas exceptionnels. D’après Paget, les tumeurs du sternum se rapprocheraient davantage du sarcome pur, et celles des côtes de l’enchondrome.

Quoi qu’il en soit, ce qui caractérise cette variété de néoplasme

(1) GA>GOLrHE, thèse d’agrég. Paris, 1886.

CH. SOULIGOUX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE

et présonie une grande iinporlance pour la Ihérapeuticpie, c’est la propagalion à la plèvre et an poumon, et aux ditlerents organes du inédiaslin.

Nous passerons rapidement sur les épithéliomes ou carcinomes du squeleUe thoracique, toujours secondaires à un foyer épithéliomateux primitif pins ou moins éloigné. On connaît la fréquence de l’extension du cancer du sein aux côtes ou au sternum. Von Eiselsberg (1) a observé récemment la récidive dans le sternum d’un cancer thyroïdien traité antérieurement par la thyroïdectomie totale : la cachexie strumiprive, ({ui avait disparu avec l’apparition de la tumeur secondaire, reparut après la résection du manubrium dégénéré.

Les lumenrs malignes des cotes et du sternum ne présentent aucune symptomatologie spéciale, sauf que les organes thoraciques ne sont pas intéressés. Dans le cas contraire, on pourra trouver des symptômes ))leuro-pulmonaires, frottements, matité, diminution ou al)sence du murmure vésiculaire, etc., en rapport avec l’extension profonde de la tumeur. Toutefois, de ce que ces signes mampient, il ne faut pas conclure à l’intégrité des organes sous-jacents, et c’est, d’ortlinaire, au cours de l’opération seulement que le chirurgien a été conduit à s’attaquer à une propagalion qu’il n’avait pas prévue d’une manière certaine. Dans un cas exceptionnel, Page! vit survenir des symptômes médullaires à la suite de l’envahissement du rachis.

L'importance de l’intervention chirurgicale, dans les tumeurs d’origine osseuse des j)arois thoracicjues, varie suivant leur nature hislologicpie. Facile, dans les tumeurs bénignes, elle ne dépassera jamais les proportions d’une simple résection costale.

Il n’en est plus ainsi pour les ostéo-chondromes ou sarcomes, et la nécessité de faire une exérèse totale a entraîné, parfois, le chirurgien à ouvrir la plèvre ou le péricarde, à sectionner le diaphragme, et à poursuivre dans le poumon la propagation d'une tumeur pariétale. C’est même seulement dans les cas de ce genre qu’ont été |)ratiquées les (piehjues pneumectomies connues pour néoplasmes. Le danger de ces opérations réside surtout dans la formation d’un pneumothorax total par suite de l’ouverture de la plèvre et de l’absence d’adhérences autour de la tumeur; nous y reviendrons à propos des tumeurs du poumon.

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