‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 186 sur 194 · TUMEURS DU POUMON · texte numérisé non relu

TUMEURS DU POUMON

dans les néoplasmes du poumon, et il n y a guère lieu d’espérer qu’elles s’étendront beaucoup dans l’avenir.

L'épithélioma et le sarcome primitifs du poumon sont exlrémement rares, et, d’ailleurs, les moyens de diagnostic dont nous disposons nous permettraient-ils d'allirmer, dans le cas oii elle existerait, la localisation des noyaux sulTisante et nécessaire pour justitier une intervention chirurgicale ?

Aussi ne s’est-on jamais encore attacpié de propos délibéré aux néoplasmes pulmonaires, et la pneumectomie n'a encore été }>ratiquée que dans le cas de tumeurs propagées des parois tlioraci([ues à la plèvre et au poumon. Ces interventions ne sont pas nombreuses, puisque Tul‘fier(l) n'a pu en rassembler que sept dans- son récent rapport au Congrès de Moscou. Il s’agit chaque fois de sarcome ou de tumeur mixte, d’origine costale ou sternale, et c’est au cours de l’opération que le chirurgien a été amené à pratiquer l’excision d’un ou plusieurs noyaux pulmonaires.

Ces 7 opérations, dont la première date de loin, puisqu'elle appartient à Sédillot, ont donné 3 morts et 4 guérisons opératoires. Dans un cas de Kœnig, la mort est due à un pneumothorax consécutif à l’ouverture des bronches ; un opéré de Weindechner mourut de pleurésie purulente trente-quatre heures après la pneumectomie; le troisième décès (Williams) doit être attribué aussi au pneumothorax et au collapsus pulmonaire.

C’est le pneumothorax, en effet, qui constitue le grand dangerdans les pneumectomies pour tumeurs. Les manœuvres, nécessaires pour libérer le néoplasme, détruisent forcément les adhérences pleurales, et la pénétration large de l'air dans la plèvre est difficile à éviter. Même dans les cas heureux, nous voyons que les accidents du pneumothorax ont produit de vives alertes au cours de l'opération, comme dans les cas de Kronlein et de Müller.

Lorsque la plèvre est ouverte, ^J. Tuffier recommande de harponner rapidement le jmurnon rétracté et de le fixer aux lèvres de la plaie pariétale. On pratique ensuite l'ablation des noyaux pulmonaires, et on suture hermétiquement la plaie du poumon pour éviter le pneumothorax par issue de l'air bronchique. Lorsqu’elles seront applicables en clinique, les intéressantes expériences de MM. Tuffier et Quénu sur l’insufflation trachéale et la respiration sous pression, faciliteront beaucoup les interventions de ce genre.

Malgré leur gravité et malgré les chances de récidive, les pneumectomies pour tumeurs thoraco-pulmonaires sont justifiées par la survie dont certains malades ont bénéficié. L’opéré de Müller, après ablation d'une petite récidive superficielle, vivait encore cinq ans après la première intervention. La malade de Péan était

(1) Tuffier, Chirurgie du poumon, Paris, 1897, p. 23.

CH. SOULIGOUX. - AFFECTIONS DE LA POITRINE

en bonne santé après un an, et celle de Kronlen, malgré deux récidives ' successivement enlevées, survécut plus de sept ans : ces résultats sont encourageants.

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