‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 31 sur 194 · ÉPITIIÉLIOMA DU PLANCHER DE LA BOUCHE · texte numérisé non relu

ÉPITIIÉLIOMA DU PLANCHER DE LA BOUCHE

Il en résulte une perte de substance qui peut nécessiter ultérieurement des opérations complémentaires et réparatrices. Sur un malade du service de M. Richelot, atteint d’un énorme cancer du plancher de la bouche, adhérent au maxillaire, ayant envahi la peau de toute la région sus-hyoïdienne et du menton, j’avais été obligé d’enlever toute la partie horizontale du maxillaire, le plancher dans sa totalité jus([u’à l’os hyoïde, les glandes sous-maxillaires et leurs ganglions, après ligature préalable des deux carotides externes. Plus tard, pour combler l’énorme baie qui séparait la lèvre inférieure dont le bord libre avait pu être conservé, de l’os hyoïde, je taillai un lambeau comprenant les téguments de la région sternale et du cou. Ce lambeau relevé fut suturé aux bords de l’orifice à combler, de façon que sa face épidermique fût tournée vers la cavité buccale, sa face cruentée à l’extérieur. Un deuxième lambeau, selon la méthode italienne, fut pris sur le bras droit du malade et appliqué contre le premier. Au bout d’une dizaine de jours son pédicule fut sectionné, les deux lambeaux adhéraient entre eux, et leur réunion avec les bords delà perte de substance n’avait manqué qu’en quelques points où il y eut bientôt réunion secondaire.

Je ne sais ce qu’est devenu aujourd’hui le malade, qui, plusieurs mois après l’opération, était encore bien portant.

J.-L. Faure, pour éviter la résection du maxillaire, qui laisse une difformité aussi difficile à éviter qu’à réparer, a eu recours à un procédé très ingénieux et très séduisant. Son malade était atteint d’un cancer du plancher de la bouche, adhérant à la face postérieure du maxillaire. Il a pratiqué le dédoublement de cet os. Après avoir fait dans la région sus-hyoïdienne les incisions de Regnoli et extirpé la masse néoplasique, il a pratiqué l’avulsion des incisives et canines inférieures, et détruit avec des pinces coupantes spéciales, analogues à celles qui servent pour agrandir les orifices de trépanation, toute la table postérieure du maxillaire. Il est resté ainsi un arc osseux constitué uniquement par la table antérieure.

J’ai vu son opéré ; le résultat est aussi satisfaisant que possible, la barbe a caché les cicatrices des incisions; une nouvelle gencive s’est reformée autour de l’arc osseux, le malade mange et parle avec facilité, et l’on pourrait même, en lui mettant quelques dents artificielles, le rendre très présentable. 11 est opéré depuis quatre mois et il n’y a pas trace de récidive. Je serais donc extrêmement tenté d’imiter la conduite de J.-L. Faure.

Cependant, les cas où l’on peut utiliser ce procédé sont rares. Le cancer, en effet, une fois le périoste atteint, a tendance à entourer l’os, à l’envahir sur ses deux faces, et ce n’est que dans des circonstances exceptionnelles qu’on pourra obtenir un résultat aussi heureux par une opération conservatrice.

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