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TUMEURS DE LA GLANDE SOUS-MAXILIAIRE

autres glandes salivaires. Elles contiennent toujours du cartilage, et la présence pour ainsi dire constante de ce tissu les fait désigner habituellement sous le nom d’enchondromes sous-maxillaires.

Ponsot se demande s’il ne s’agit pas de débris du cartilage de Meckel, hypothèse inadmissible, et d’ailleurs inutile pour expliquer la présence de cartilage dans une tumeur. Mais le tissu cartilagineux esttoujours associé à du tissu fibreux, à des productions glandulaires, voire même à du tissu osseux, ou encore à du myxome ou du sarcome. Leur consistance peut donc être variable, mais elle est habituellement très ferme. Pendant une longue période de leur évolution, ces tumeurs circonscrites, bien limitées, se comportent comme des tumeurs bénignes; mais elles peuvent changer de caractère et se comporter comme les plus malignes des tumeurs. Mais pendant une longue période elles sont cliniquement des tumeurs bénignes, dont l’ablation est suivie de guérison durable.

Les enchondromes sous-maxillaires peuvent atteindre des proportions considérables.

Le volume de quelques-uns de ces néoplasmes est comparé à celui d’une orange, ou à celui du poing. En général la tumeur est grosse comme une noix, comme un œuf de pigeon, de poule ou de dinde.

Le sexe et l’âge ne paraissent avoir aucune influence sur leur production. Toutefois il semble que ces tumeurs s’observent plus souventchez des individus jeunes. On les a vues apparaître ou augmenter assez rapidement de volume, sous l’intluence d’un traumatisme, de la grossesse, etc.

Leur évolution est habituellement fort lente ; elles grossissent sans apporter aucune modification dans l’état général, sans causer aucune gêne fonctionnelle et sans déterminer de douleurs.

Toutefois cette indolence n’est pas absolue. Dans un cas de Lannelongue (1), le malade éprouvait de vives douleurs. Ces douleurs étaient réveillées par la moindre pression, mais elles survenaient aussi spontanément ou sous l’influence du travail intellectuel.

La tumeur fait une saillie plus ou moins considérable à la région sus-hyoïdienne, soulevant les téguments sans les altérer, et amenant une difformité plus ou moins choquante. Dans certains cas elle soulève également la muqueuse buccale.

La palpation montre que cette tumeur est presque toujours d’une extrême dureté, qui contraste avec la souplesse des parties environnantes; à sa surface les doigts perçoivent des saillies, des bosselures, des irrégularités dont la présence est inconstante toutefois.

Mais ce qui est surtout caractéristique, c’est « la remarquable mol)ilité de cette tumeur, qu’on déplace aisément dans tous les sens (2) ».

La marche très lente et l’indolence du néoplasme ne suffiraient pas

(1) Lannelongue, Soc., de chir., 1879.

(2) Verneuil, Soc, de chir.,, 1879.

à le distinguer d’une adénopathie sous-maxillaire isolée et chronique^ mais sa dureté, et surtout sa mobilité, bien plus grande que celle d’un ganglion hypertrophié, sont de bons éléments de diagnostic.

Mais toutes les tumeurs mixtes n’ont pas une consistance aussi ferme, quelques-unes sont à marche rapide.

D’autre part les tumeurs malignes de la sous-maxillaire peuvent dans leur première période se présenter comme des tumeurs circonscrites et relativement mobiles. Enfin les tumeurs mixtes, après un laps de temps plus ou moins long, peuvent changer de marche, cette modification étant en rapport avec une transformation de leur structure histologique, et se conduire exactement comme des tumeurs primitivement malignes, c’est-à-dire adhérer à tous les tissus environnants, eiiA^ahir les ganglions, se généraliser et entraîner la mort.

Tumeurs malig-nes. — Les tumeurs malignes delà sous-maxillaire sont le sarcome et l’épithélioma. D'après Jouliard, « tandis que le sarcome est la tumeur maligne de beaucoup la plus fréquente dans la parotide, et l’épithélioma la tumeur maligne exclusivement observée dans la sublinguale, les trois variétés de tumeurs se rencontrent dans la sous-maxillaire, sans présenter cette fréquence extrême de Lune d’elles aux dépens des autres. Presque toujours mixtes ou complexes dans la parotide, toujours simples dans la sublinguale, les dernières sont la règle et les tumeurs mixtes l’exception dans la sousmaxillaire.

Jouliard pense qu’il faut chercher la raison de ces différences dans la structure des glandes. Ainsi formulée, cette proposition serait peutêtre acceptable, mais l’auteur ajoute qu’il s’agit non pas de diflérence dans la composition histologique des acini, mais de celle du tissu conjonctif intermédiaire, ici lâche et lamelleux, là dense et serré, et alors l’explication devient, il faut en convenir, plus qu’insuffisante.

Le sarcome s’observerait dans la moitié des cas de tumeurs malignes delà sous-maxillaire. On a décrit dans cet organe des sarcomes embryonnaires, du sarcome fasciculé, du chondro-sarcome, mais ces derniers cas doivent être rattachés aux tumeurs mixtes.

Les épithéliomas ne sont pas tous absolument identiques, ils sont cylindriques, muqueux, myxoïdes.

Ils commencent soit au niveau des conduits excréteurs, soit au niveau des acini, et s’étendent rapidement à toute la glande.

Ces tumeurs malignes en se développant englobent les ganglions sous-maxillaires, adhèrent au maxillaire.

La peau, pendant longtemps indemne, est finalement envahie et ulcérée. La muqueuse buccale est généralement respectée, bien que soulevée par la tumeur, qui bombe dans la cavité buccale, quand elle est d’un certain volume. Le canal de Wharton, les glandes sublinguales, la parotide, seraient susceptibles d’être atteints de proche

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