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TUMEURS DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE

ni ébranlées, ni même douloureuses dans beaucoup de cas. On arrivera parfois à établir, par l’interrogatoire du malade, que la tumeur était primitivement mobile et indépendante, et que c’est peu à peu et tardivement qu’elle s’est fixée.

Il sera souvent assez délicat de savoir si l’on a affaire à des ganglions néoplasiques ou à une glande sous-maxillaire cancéreuse, du moins si l’on se rapporte aux constatations limitées à la région sousmaxillaire. Car on trouvera presque toujours sans difficulté le point de départ des adénopathies. Talazac conseille, pour différencier les adénopathies des tumeurs de la glande salivaire, d’introduire un stylet dans le canal de Wharton, et d’observer les mouvements que peuvent imprimer à ce. stylet les déplacements que l’on fait subir à la tumeur. Si les mouvements se transmettent, c’est qu’il s’agit de la glande. Cette exploration est une assez pauvre ressource d’une façon générale ; dans le cas particulier elle est inutile ; glande et ganglions forment une masse solidaire, et quel que soit le résultat de cette recherche, on n’en pourra logiquement rien conclure.

Enfin la glande sous-maxillaire, chroniquement enflammée par suite de la présence d’un calcul dans le canal de Wharton, peut, par son induration ligneuse et ses adhérences, simuler un cancer. L’erreur a été plusieurs fois commise, et le serait encore si l’on omettait, en présence de ces glandes modifiées et adhérentes, d’examiner le canal de Wharton. L’exploration du plancher de la bouche à l’aide du doigt peut être insuffisante, et il est nécessaire en cas de doute de faire, à l’aide d’un fin stylet, le cathétérisme du conduit excréteur.

Traitement. — Quand la tumeur est limitée et mobile, l’indication formelle est d’en faire l’extirpation, si l’état général ne s’y oppose point. Jobert autrefois a pratiqué cette intervention par la voie buccale. L’opération par la bouche peut être admise à la rigueur pour une tumeur bénigne et circonscrite, et tendant à faire saillie de ce côté. Pour les tumeurs malignes, il n’est pas douteux qu’on ne doive renoncer absolument à les aborder du côté de la bouche. La voie sus-hyoïdienne est seule de mise. L’extirpation de la glande sousmaxillaire est une opération relativement facile en somme, mais qui demande du soin dans l’hémostase et de la prudence dans la dissection. A une époque où cette ablation était moins bien réglée et où l’on ne disposait que de moyens hémostatiques rudimentaires, elle était grave, et certaines interventions de ce genre se sont terminées par des désastres. — Verneuil autrefois a donné de bons préceptes pour extirper méthodiquement et presque sans perte de sang la glande sous-maxillaire. Celle-ci, mise à découvert par une longue incision, légèrement courbe, est décollée peu à peu de haut en bas et d’avant en arrière. Quand on arrive à la partie postérieure, on jette une ligature sur le pédicule formé par l’artère faciale, au moment où elle s’enfonce dans le sillon que lui présente la glande.

Les résultats de ces opérations sont relativement satisfaisants, quand la tumeur est limitée et mobile, satisfaisants, non seulement au point de vue opératoire immédiat, la mortalité étant nulle, mais encore au point de vue définitif, la guérison pouvant être durable, prolongée et même définitive.

Quand la tumeur est adhérente au maxillaire, le cas est mauvais, et généralement il vaut mieux s’abstenir. Cependant on est autorisé, quand l’intervention paraît devoir fournir encore quelques chances de succès, à tenter l’extirpation, et à la compléter par la résection d’une portion plus ou moins étendue de la mâchoire.

MALADIES DE L’IESDPIIAGE

PAR

MICHEL GANGOLPHE

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, Chirurgien-major désigné de l’IIôtel-Dieu.

Tandis que certaines lésions de l’œsophage méritent surtout d’être connues à cause de leur extrême rareté, mais peuvent être signalées rapidement, d’autres affections se présentent avec une telle fréquence qu’il faut réserver la première place à l’étude de leurs symptômes et de leur traitement. C’est pour ce motif que les chapitres consacrés aux corps étrangers, aux rétrécissements cicatriciels et néoplasiques de l’œsophage ont été, de préférence, l’objet de considérations cliniques et opératoires importantes.

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