‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 65 sur 194 · III. — ACTINOMYCOSE DE L’ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

III. — ACTINOMYCOSE DE L’ŒSOPHAGE

Les mêmes raisons anatomiciues et physiologiques qui préservent

(1) Garde, De l’actinomycose de l'œsophage, thèse de Lyon, 1896.

MICHEL GANGOLPHE. — MALADIES DE L’ŒSOPHaGE.

Pœsophage de rinfcctioii tuberculeuse s’opposent également à l’implantalion de Y Aciinomijces sur sa tunique muqueuse. Toutefois certains faits démontrent nettement que celle-ci peut être traversée par le champignon. A vrai dire, on observe le plus habituellement de la périœsophagile, car le parasite, après avoir traversé le conduit alimentaire, pullule dans le tissu conjonctif et se propage de proche en proche.

Il est vraisemblable que la muqueuse ne se laisse entamer que par un traumatisme concomitant. Le plus souvent, en effet, ce sont des corps chargés iï Aclinomyces qui inoculent; c'est ainsi quTin enfant observé par Soltmann avala par mégarde un épi d’orge et ne put le rejeter. Ouelques joui*s après, le malade prend le lit, a une hémorragie en mangeant, puis successivement des douleurs dans le dos, et vers le sixième espace intercostal apparaît une tuméfaction douloureuse. Cette tuméfaction ayant été ouverte, on y trouva une partie de l’épi antérieurement avalé.

Dans une autre observation, un journalier avale un épi de blé qui s’arrête dans les parties profondes du pharynx et y reste fixé. Six semaines après l’accident, entlure et inllammation de toute la partie antérieure du cou.

Anatomie pathologique. — Bien que l’œsophage puisse être atteint sur toute son étendue, le plus souvent c’est dans sa moitié supérieure. Le tissu cellulaire périœsophagien, prévertébral, cervical ou médiastinicpie, est envahi : des collections purulentes, plus ou moins abondantes et diffuses, des tissus scléreux, épaissis, renferment çà et là <les lacunes remplies de masses de grains jaunes et accolent les organes dans une même gangue, voilà ce que l’on observe. Le larynx, le pharynx, làcsophage, les paquets vasculo-nerveux sont englobés dans une même masse. Un petit orifice tistuleux faisant communiquer l’œsophage avec le foyer atteste seul l’origine de la maladie : quant au conduit alimentaire, son calibre n’est pas diminué.

Tous les organes du médiastin peuvent être envahis. Poucet a noté l’existence d’une fistule trachéo-œsophagienne. Ponfick a noté l’extension au péricarde, au myocarde, Xetter à la plèvre et au poumon.

Le tissu osseux n’est pas épargné, et, ainsi qne je me suis attaché à le démontrer (1), qu'il s’agisse de la colonne vertébrale, de la base du crâne, des côtes, toujours ona signalé des lésions périœsophagiennes, rétrolaryngiennes, pulmonaires, pleurales, qui représentent les diverses étapes parcourues par le parasite avant sa propagation au tissu osseux. Dans l'observation de Xetter, par exemple, on trouva, à l’autopsie, en ouvrant l’œsophage, sur son bord gauche à la hauteur delà qualrième dorsale, une dépression que continuait un trajet hstuleux conduisant dans un foyer d’ostéite prévertébrale.

(1) Gangolphe, Maladies infectieuses et parasitaires des os, lS9i.

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