C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE
eu le mérite de faire remar(|uer que toutes ces formes différentes ne résultaient que de Iransformalions évolutives ou de modifications régressives ayant pour base originelle la prolifération de l’épithélium glandulaire ; il distingue les catégories suivantes :
Goilre parenchymateux ou hypertrophique^ goitre cotto'ide on yétatineux, goitre fibreux^ goitre vasciitaire, et goitre kystique.
Woltler qui a fait un grand nombre d’examens histologiques détaillés, parfois en s’aidant d’injections dans les vaisseaux, a établi un grand nombre de subdivisions histologiques; il distingue : 1° comme ^drcho^v V hypertrophie ; 2° le groupe des adénomes, qu’il partage ^'u sous-variétés nombreuses.
Nous ne saurions suivre complètement la division de Woltler qui est purement histologique, et manque des caractères généraux suffii?ants pour qu’on puisse la faire concorder avec la clinique; nous garderons donc la division de Virchove, en y intercalantradénome fœtal de Woltler qui mérite bien sa place à part et en complétant la description de Mrchow à l’aide des données histologi(iues de Wolfler.
Mais auparavant voyons la valeur de ce terme adénome appli({ué ■aux goitres :
Pour Virchow, la multiplication épithéliale dans les goitres se ferait de la façon suivante : par endroits, on verrait proliférer les cellules des follicules thyroïdiens de façon à former des bourgeons pleins ramifiés envahissant le tissu conjonctif interstitiel. Ces bourgeons s'étrangleraient, se transformant ainsi en nouvelles vésicules glandulaires, et secondairement interviendraient les modifications du tissu interstitiel qui donnent lieu aux dilïerentes variétés de goitre. Son opinion est encore partagée par Ilitzig (1).
D’après Wülller, la grande majorité des goitres résulterait d'un processus qu’il (jualifie d’adénomateux et que nous allons résumer : il est nécessaire d’abord d’envisager la glande thyroïde saine du nouveau-né ou de l’adolescent. Wolfler y distingue deux zones qu'il désigne sous le nom de corticale et de médullaire et dont l’importance résulterait de ce fait (pi’elles ne praticipent pas à un égal degré aux processus pathologiques. Or, dans la corticale, on trouve entre les vésicules glandulaires des amas de cellules rondes, (jui sont des cellules glandulaires restées à l’état embryonnaire et gardant une vascularisation embryonnaire, c’est-à-dire imparfaite. Ces amas cellulaires dans les cas normaux servent à l’accroissement de la glande adulte et disparaissent. Dans les goitres ce sont eux qui prolifèrent en adénomes. Si le fait est exact, le terme adénome est impropre, car il ne correspond pas à la définition de l’adénome que nous sommes habitués à regarder depuis Valdeyer comme une néoplasie épithéliale rappelant dans sa constitution le type de la glande normale. Bien au
Dj IIiTziG, Beitrage zur histologie und histogenèse des Strunia. Inaug. Dissert. Zurich, 1894 et Arch. f. kl. Chirurgie, p. 464.
GOITRES
contraire il s’agit d’une prolifération atypique et ditîuse perdant souvent l’ordination acineuse.
\V()ltler, selon l’évolution ultérieure de ces amas glandulaires embryonnaires, établit des subdivisions :
Cette évolution se fait-elle dans le sens du tissu thyroïdien fœtal, c’est-à-dire en reproduisant des tubes glandulaires, on a V adénome fœtal. Conduit-elle au tissu thyroïdien adulte, c’est-à-dire à la formation de vésicules glandulaires, c’est Vadénome gélatineux (goitre colloïde classique) avec des variétés déterminées par les modifications ultérieure, cgsto-adénome, adénome myxomateux, folliculaire ou tubulaire. Revenons à présent à l’étude de nos principaux types anatomiques.
R Goitre hypertrophique ou parenchymateux. — Il est
encore appelé goitre folliculaire, goitre glandulaire, dénominations qui tendent toutes à rappeler que le tissu de ces goitres affecte de grandes ressemblances avec celui de la glande normale. Il se présente ordinairement sous la forme ditîuse, mais son accroissement irrégulier donne parfois à la tumeur une apparence noueuse, bosselée. Au point de vue microscopique, il se compose de vésicules glandulaires serrées les unes contre les autres a peu près normales ou légèrement dilatées, sans matière colloïde dans leur intérieur. L’aspect diffère de celui d’une glande normale en ce que les septa conjonctifs qui séparent les lobules les uns des autres ne se retrouvent plus (Müller). Cette variété de goitre est constituée d’après Virchow par une continuation des phénomènes histologiques qui déterminent la croissance du corps thyroïde à l’état normal. Il la considère comme fréquente. Wolfler au contraire la regarde comme extrêmement rare. C’est que \’irchow confond dans sa description la variété suivante que Wôltler sépare avec raison sous le nom à' adénome fœtal.
*2° Adénome foetal (Wolfler). — Il affecte principalement la forme nucléaire, tantôt ce sont de gros noyaux durs, distincts, émergeant de la substance thyroïdienne, on en voit parfois qui atteignent le volume du poing. Tantôt ce sont des noyaux plus petits, gros comme une noisette ou un pois, inclus au sein du tissu glandulaire et se laissant découvrir seulement par une palpation attentive. Ces masses sont parfois nettement circonscrites par une coque formée en partie de tissu conjonctif, en partie de tissu sain refoulé et atrophié. Sur une coupe elles ont une teinte gris jaunâtre ou brunâtre, parfois rouge lorsqu’il s’est produit une infiltration hémorragique dans leur intérieur; selon l’abondance du tissu fibreux, leur parenchyme est résistant ou au contraire se laisse facilement évider. Nous avons dit que ^drchow décrivait ces nodosités dans le goitre hypertrophique et les considérait comme des foyers de prolifération circonscrits; elles semblent également correspondre au goitre glandulaire enkysté décrit par Stromeyer.