‹ BoucherChapitre 5 sur 10 · L.V l'ElMlUE · texte numérisé non relu

L.V l'ElMlUE

(Musée (lu Louvre.)

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torales, des bergers et des bergères; il peint avec acharnement. 11 peint des Amours mythologiques, ÏAmoiû' 7)iois^o)2?îei(r et VAmow oiseleur 1 173G), où déjà \e fouillis de ses bergeries devient le fond de ses tableaux, oîi des Amours se courbent, mêlent leurs membres ronds, en mille jeux. Pour un concours acad6mi<|ue, il exposa en même temps que Van Loo, Colin de Vermont, Carie Van Loo, Parrocel, Natoire, Jeaurat, Tocqué, Chardin; il envoie les Quatre saisons (1737) représentées par des petits Faunes et par des Enfants: il obtient le plus grand succès et est élu avec Carie Van Loo etMatoire, adjoint à professeur. Déjà il a travaillé pour Versailles ; il a peint dans la chambre de la reine, qu'on a voulu rajeunir et rendre pimpante, ces quatre grisailles : la Charité^ V Abondance^ la Fidélité^ la Prudence (I73i), ces quatre fines figures de femmes si jolies dans leur bel encadrement doré de cartouches et de Heurs de lis.

Et voici qu'il survient dans la vie de Boucber un de ces petits faits déterminants, dont les conséquences deviennent très grosses, une de ces commandes bien accueillies qui sont suivies d'autres commandes pareilles et entraînent l'artiste qui y a brillamment suffi, comme dans une nouvelle voie et sont l'annonce d'une courbe dans sa route. . . .

Oudry, son aîné et son ami, fut appelé, par lettres patentes du 23 mars 1734, à diriger en association avec un sieur Nicolas Dernier, ancien échevin de F^aris, la manufacture de Beauvais. Que Boucher fût doué pour la

décoration, c'était établi ; que ses cartons pussent convenir à la tapisserie, c'était indiqué depuis l'adoption spontanée, par les manufaclures royales, de son Sancho poursuivi. Oudry appela donc Boucher à lui; et Boucher lui livra d'abondantes mythologies, des Bacchus et Ariane, Mars et Vénus, Psyché et r Amour, XOffrande à r Amour, Vertwnne et Pomone, Amphitrite , les Comédies de Molière, la Noble pastorale, la Cueillette des cerises, la Plantation du Mai, la Balançoire.

Dans cet art de la tapisserie, Boucher laissera sa marque. Il rompra avec les grandes allégories, avec les chasses (encore qu'il ait sacrifié à ces dernières, pour commandes d'Etat, avec une Chasse au Tigre (1737) et une Chasse au Crocodile que la manufacture de Beauvais tissa pour Versailles, oii on les plaça dans les petits appartements dos combles). Mais aussitôt qu'ilestun peu plus libre, il prépare déjà cette Bonne Aventure, qui est de la féerie d'été 011 les jeunes femmes bien parées rencontrent la devineresse comme en quelque coin de la vallée de Tempe, c'est la Fontaine d'Amour que les Gobelins prcuih'ont comme la Bonne Aventure, comme Aminthe et Sylvie, les Confidences, la Petite Oiselière, le Petit Pêcheur.

La formule de Boucher pour ses tapisseries est infiniment souple. Pour les grands appartements, son imaginalion mylhobjgi(|ue retrace avec pompe les Amours des dieux, mais il sait aussi nourrir la tapisserie de (bHails purement ornemenlaux qui mettent en relief un médaillon, qui jettent en un coin de page le sujet et raccom})agnent

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