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LA FEMME AU MANCHON

(Musée du Louvre.)

FRANÇOIS BOUCHKR. 51:

de lignes caressantes; il none des palmiers et les engnirlande des iloches d'nne draperie an-dessus de cette Balançoire qui demenre un de ses cartons les plus célèbres.

Il inscrit le corps de Vénus et les bondissements des Amours familiers dans un ovale qu'il place comme sur la plaque bleiied'unfond orné, torsadé de guirlandes de lleurs qu'on confiera à Tessier. A côté de l'anecdote galante extraite de la mythologie, il aimera transporter dans la matière épaisse de la tenture et du tapis ses petits bergers et ses fonds compliqués de nature. Il suit, dirait-on, une triple ligue parallèle, comme eu son art de décorateur; il alterne sur les murailles des palais et aux parois des salons, les baisers des dieux, les séductions des bergers et les scènes familières. Si quatre dossiers de fauteuils sont ornés par lui d'allégories, ou plutôt de figures à attributs : la Musique, V Astronomie, le Dessin, la Sculpture, et exécutés par la manufacture de Beauvais, les Gobelins conservent de Boucber une maquette de tapisserie représentant deux figures de femmes au milieu de vases de [leurs, une maquette composée de trois sujets en médaillon sur fond bleu avec des bergeries, et d'autres oii Arion chevauche son daupbin, où Vénus rayonne, où les nymphes au bain, en redisant un de ses sujets préférés, indiquent bien le genre de charme que rêvait Boucher pour ses décorations murales; plus tard le peintre sacrifiera au goût chinois, il dessinera pour un salon de ]yjme j^g Pompadour toute une série de décors en ce style d'Orient falot et coquet, de grâce parisienne en atours

exotiques, miroir de ses plus lointaines rêveries et qui offrent un peu comme les banlieues de sa chimère. Et toujours, en quelque nuance de son style qu'il la formule, la tapisserie de Boucher est claire, élégante, pleine et abondante en détails capricieux.

Avant de le conquérir au point qu'on lui reprochera, sur le tard et sur son déclin, de sacrifier tout aux harmonies nécessitées par la tapisserie et de gâter ainsi la couleur de ses tableaux, la tapisserie lui rend un service, et, avant de l'éloigner de la vérité, elle le met en contact avec la nature et, par ses voyages obligés vers Beauvais, elle l'arrache parfois à Paris, à ses modèles, à ses songeries d'Olympe et de fêtes pastorales, à ses portraits de jolies femmes, à ses études de piquants modèles, et l'oblige à passer des heures en face des arbres, des verdures, auprès de l'eau. Boucher devient paysagiste.

Le paysage de Boucher n'est point aussi conventionnel qu'on a bien voulu le dire. Dans ses Pastoraie.<;AQ paysage est certainement arrangé, et les aventures qu'il y raconte exigent un décor aussi éloigné de la réalité pure que le costume de ses bergers et de leurs amoureuses. Les pastorales aspirent à évoquer la joliesse gracieuse des beaux parcs situés au pays du Tendre. Aussi dans quelques études, comme le Galant Ermitage^ metlra-l-il un peu de coquetterie dans la pi'ésentalion d'une agréahic nalur(\ et l'un de ses plus fameux |)aysages, le Pont rustique, paraît bien avoir été vu dans les dépendances soignées d'un château ; mais bien des pages sont sincères, franches,

Clieh.' Neurdcin.

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