Les sacrements de l'Eglise chrétienne ne se trouvent
^ Pro mortuo excomlnunicato pro quo parentes supplicant, littera absolutum venit ducat, t car. 9.
point entre les païens : le mariage donc n'est point sacrement de TEgiise chrétienne , puisqu'il se trouve entre les païens, desquels les mariages ne laissent d*étre légitimes, comme nous enseigne TApôtre, au chap. VII de la première aux Corinthiens. Car, conseillant à une femme fidèle de ne laisser point son mari infidèle , il présuppose que leur mariage esl légitime, quoiqu'il ait précédé la converssou de la femme à la foi. Sur quoi Ambroise^ remarque que Jeaii- Baptiste n'edt point dit à Hérode : « Il ne t'est point permis d'avoir la femme de ton frère, » s'il n'y avait des mariages entre les infidèles. Que si un mari et une femme païens se fout chrétiens,' leur mariage, qui n'était point sacrement, deviendra-t-ll sacrement? ou si cela est absurde, et si leur mariage n'est point sacrement après leur conversion, y aura-t-il des chrétiens, dont le mariage soit légitime, et toute* fois ne soit point sacrement?
4. L Eglise romaine même reconnaît assez que le mariage n'est point sacrement , en ce qu'elle fait des mariages par procureur, car lès sacrements ne s'adminiétrent point par procureur. Baptiser un homme pour un autre, et a|Nr^ avoir participé pour soi au sacrement de la cène, y participer pour un autre , c'est faire une farce de la religion chrétienne.
5. Item, en tout sacrement faut que là parole soit ajoutée à l'élément, aOn que ce soit sacrement. Mais ici il d'ji point d'élément ; car ni les paroles ni les actions ne sont point éléments.
6. Et lorsque le prêtre, sans le savoir, a marié deux personnes, dont Tune est impuissante et incapable de mariage, il f&ut, ou qu'il ait conféré vraiment un sacrement, ou qu'il n'ait point conféré de sacrement. S'il n'a point conféré de sacrement, vojlà un sacrement qui dépend de l'intégrité du corps de ceui qui le reçoivent; et une action qui, envers un homme entier, est sacrement, niais envers un homme maléficié n'est point sacrement. Et ainsi adviendra que le
^ Dist, 26. Can, Vna tantùm ex Ambrosio, Joannes Baptista dm Herodum ab inœstu prohil)eret, dicens : Non licct tibi habere ax(H rem fratrem tui, cvidenter ostendit inter infidèles conju^^ia esse.
DE LA FOI. kAl
prêtre aura fait autre chose qu1l n*a pensé, et que pensant administrer un sacrement il n'aura rien administré. Mais si ces personnes ont reçu un sacrement, quedevienl-il quand le mariage se dissout peu après par la plainte d'une des parties? Cela serait défaire et effacer un sacrement, comme qui effacerait le baptême ou annulerait la sainte cèiie, reçue par un homme mal disposé.
7. Ajoutez que TEglisè romaine fient que les sacrements confèrent grâce justifiante ex opère operalo, c'est-à-dire par l'action nue, sans que la vertu ou sainteté de celui qui les confère y soit nécessairement requise, ni l'attention de celui qui les reçoit. Qu'on me dise donc quelle est cette action nue au mariage, qui confère la grâce justifiante? Parla solennisation du mariage en l'Eglise un homme est-il régénéré? Si cela est, comment se fait-il que c'est alors que les hommes se licencient davantage en superfluités d'habits, festins, danses, etc.? Est-ce là cette grâce justifiante qui est conférée ?
8. Que si on veut que le mariage, depuis Tinstitution de JésuspCbrist, confère une grâce justifiante, il (aut donc produire la promesse du Fils de Dieu, qui promette cette grâce justifiante à ceux qu'on marie. Là ces messieurs se taisent, et nous renvoient à la parole non écrite.
9. Par le conseil de l'Apôtre, en la première aux Corint., chap. Vil, un du peuple qui est continent et n'est point tenté de mauvais désirs, fait prudemment de ne se point marier. Ce qui serait faux, si le mariage était un sacrement conte« naut grâce justifiante ; car serait-ce chose louable de s'abstenir d'un sacrement qui confère grâce et qui justifie?
10. Mais pourquoi le mariage des patriarches et prophètes ne sera-t-il point sacrement , et celui d'un chrétien vicieux, qui se marie par débauche, et contre la volonté de ses père et mère, sera sacreo»ent? Qu'y a-t-il aujourd'hui de plus saint ou plus mystérieux au mariage des. chrétiens, qu'il n'y avait au mariage des prophètes et Apôtres? Car 6i le mariage est aujourd'hui appelé sacrement, parce qu'il fic^ure Tunioa de TEglise avec Jésus-Christ, il figurait cela même sous TAncien-Testament , où cette union spirituelle est souvent représentée sous la figure d'un mariage. A cela est employé
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lo Psaume XLV, le Cantique de Salomon, le cbap. XVI d'Ezéchiel le premier et second chapitres d'Osée. Que si aucun mariage a été sacré et plein de mystère , c'a été celui d'Adam et d'Eve; car, comme Dieu s'est servi du sommeil profond d'Adam pour lui former une épouse, aussi Dieu s'est servi du sommeil de la mort du second Adam pour lui acquérir une épouse, à savoir, son Eglise. Ou si le mariage des chrétiens est rstimé devoir être sacrement, parce qu'il est insoluble , Jésus-Christ le déclare vSoluble à cause d'adultère (Matth. XIX), et l'Eglise romaine sépare les mariages seulement pour avoir présenté ensemble un enfant au baptême ou à la confirmation. Joint que rinsolubilité ne fait pas une chose être un sacrement. Si cela était, la foi et ^ la repentance seraient sacrements, parce qu'elles sontjnséparables. Et même ne se trouvera point que les mariages des chrétiens soient plus insolubles que celui d'Adam avec Eve, on que celui d'Abrabam et de Sara. Et de fait, quand Jésus-Christ, au rhap. XIX de saint Matthieu, veut abolir la licence des divorces, usitée entre les Juifs, et veut rendre les mariages indissolubles, hors le cas d'adultéré , il les ramène à la première institution, et dit : «Au commencement » il n'était pas ainsi* »
il. L'Apôtre saint Paul aux Rom., chap. IV, vers. 11 , appelle la circoncision «un sceau de la justice de foi; d montrant par là que les sacrements ne servent pas seulement à figurer quelques fs^âces de Dieu, mais aussi à nous les ratifier, et à confirmer en nous les promesses de Dieu. Afin donc que le mariage soit im sacrement, il faut que non-seulement il nous figure l'union de Jésus- Christ avec son Eglise, mais aussi qu'il nous scelle et confirme quelque promesse particulière de notre Dieu, qui se trouve en sa Parole. Or, elle se tait ici, et ne dit rien qui en approche. .
12. Les sacrements sont liés ensemble d'un lien naturel : Tun n'empêche point l'usage de l'autre ; mais PEglise romaine a forgé deux sacrements discordants, et dont l'an empêche l'usage de l'autre, à savoir, le sacrement des ordres, par lequel un bomme, étant fait clerc, devient incapable de recevoir le sacrement du mariage ; et même alors ce sacrement de mariage lui devient un sacrilège et une abomina-
DK LA FOI. 443
tion. Se trouveront voirement des charges ecclésiastiques , dont Tune divertit de l'autre, comme le service des tables et la prédication de la Parole (Act. VI, 2), à cause de rinfif^niité humaine, qui ne peut pas vaquer à plusieurs choses à la fois. Mais il ne se trouvera jamais qu'une chose qui est sainte et sacrée pour les uns soit profane et abominable pour les autres, et que ce qui est sacrement à l'un doive être à'^'autre un sacrilége'et une abomination.
13. Et au bout Terreur s'enveloppe et s'embarrasse soimême en tant de façons, que ce prétendu sacrement est un sacrement qu'il faut deviner et présumer; en sorte qu'en TEglise romaine nul, quand même il aurait une^ douzaine d'enfants de sa femme, ne peut être assuré qu'il spit marié. Car le concile de Trente dénonce anathème à tous ceux qui diront que l'intention du ministre conférant un sacrepfient n'est poidt nécessaire. C'est une doctrine généralement reçue en l'Eglise romaine, que si celui qui baptisé, ou m^rJe, ou chante messe, n'a point intention de faire ce que l'Eglise ordonne, ou n'a pas intention de célébrer un sacrement , le baptômë et le mariage est nul, et ne se fait ni consécration ni transsubstantiation. Or cette intention se devine et présume, ou toutefois il y a bien du sujet de doutée, car l'Eglise romaine est pleine de prêtres qui reconnaissent les abus de l'Egliâe romaine et les détestent, et quicondamnent leurs propres actions , sans parler des athéïstes , dont le monde est plein, qui en leur cœur se rient de tout ce qui se fait en l'Eglise.
14. Pour ces causes ou autres semblables, Durand de S. Pourçain estime qu'à proprement parler le mariage n'est point sacrement.* Qui plus est, le pape Léon !•% en l'Epitre XC, à Rusticus, "évêque de Narbonne, dit que : «Socte- )) ias nuptiarum ab initiô constUula est , ut pi^œlet sexuum » conjunclionem daberet in se Chrisliet Eccksiœ saçramenlûm. » La société du mariage a été établie dés le commencement ï> pour être, outre la conjonction des sexes, un sacrement de )) Christ -et de l'Eglise. )) Cet évêque veut que le mariage ait été sacrement de Christ et de l'Eglise ab initio^ « ^èé le
* Dur. in sent., lib, 4, dist» 26, gu. 3.
9 coromencemcnt , » et non-seulement depuis la venue de Jésus-Christ.
Bref, quand nous nous tairions, la chose parle; carie mariage a été rendu infâme et ahomlnable aux clercs pour la conservation des biens ecclésiastiques, de peur qu'ils ne vinssent à en soustraire quelque chose pour en accommoder leurs enfants, comme enseigne le pape Grégoire I«', en la dirtt. 28, au canon Syracusanœ, ^ Ms^is où il a été profitable pour le clergé d'exalter le mariage , les prélats ont trouvé moyen de l'exalter jusques à le faire un sacrement conférant grâce justifiante , afin d'attirer à eiix la connaissance des causes matrimoniales.
, Ce qui paraît par les dispenses et autres pratiques par lesquelles le pape, en cette matière, s'élève par-dessus Dieu. Car le concile de Trente, en la session 24, dénonce anathème à tous ceux qui diront que l'Eglise ne peut dispenser des degrés de consanguinité défendus en la Parole de Dieu , au livre du Lévitique.^ Et afin qu'on sache qu'en pes dispenses le pape se gouverne par respects humains et considérations artificielles, au même concile, en la môme session, ch. V,' défense est faite « de dispenser au second degré, sinon entre )) grands princes, et pour causes publiques. » Si ce mariage au second degré est permis par la Parole de Dieu, pourquoi le pape le défend-il ? S'il est défendu par la Parole de Dieu« pourquoi le pape en dispense-t-il les princes? Les princes ont-ils le privilège d'ofl*enser Dieu?
Ce même artifice parait en ce que le pape a inventé des degrés de parenté imaginaires entre compères et commères, qui ne se peuvent marier que par dispenses et par un grand
^ Uxor superstes et filii par quos ecclesiastica solet perire snbstantia.
< Can, 3. Si quis dixerit eos tantum consanguinitatis et aflBnitatis gradus qui Levitico exprimuntur, posse impedire matrimoniom cor trahendum et dirimere contractum, nec posse Ecclesiam in nonnnllis illorum dispensare aut constituere ut plures impediant et dirioitot, anathema sit.
> In secundo gradu nunquaiu dispensetur, nisi inter magnos principes et ob publicam causam.
privilège; item, parce qu'il ne permet point de se marier en Carême, encore que le mariage lui soit un sacrement, il a étendu lesdéfenÀCS de se marier jusquos au quatriî^me degré d'affînité; mais il dispense de tout cela, jusques au premier degré d'affmité, et toujours en payant. La taie de la chancellerie romaine, imprimée à Paris,^ avec privilège et approbation, à ces mots, au feuillet 40 : «La pénitentiaire peut » dispenser au premier degré d'affinité au barreau de con- )) science, et la lettre se vend neuf ducats et six gros. d* C'est-à-dire que le pape peut donner permission à un homme d'épouser la propre sœur de sa femme défunte » contre la défense expresse faite au chap. XVHI du Lévitique, vers. 16, et au chap. XX> vers. 21. Innocent 111 a fait cela , comme reconnaît Bellarmin , au chap. XXVlll du livre da Mariage. ,Le docteur Almain , au chap. XII du livre de la Puissance ecclésiastique et laïque, a ces mots : «Martin Y, » avec mûre délibération, a donné dispense entre quelques- » uns au deuxième degré de consanguinité, qui est défendu » en la loi divine. Semblablement, de notre temps, le pape » a donné dispense à un quidam d'avoir les deux sœurs Tune » après l'autre, contre la loi de Dieu, etc. » Sur quoi ce docteur amène l'autorité de Panormitanus et d'Ângelus, qui soutiennent que le pape peut dispenser contre la loi de Dieu. Pour faire du mariage un sacrement, nos adversaires emploient le verset 32 du chap. V aux Ephésiens, qui est ainsi traduit en la version vulgaire : «Ce sacrement est y> grand, or je dis en Christ et en l'Eglise; » mais il y a«elop le grec : « Ce secret ou ce mystère est grand ; or, je parie )) touchant Jésus-Christ et l'Eglise. » En ce passage, TApôtre parle de Tunion sacrée entre Jésus-Christ et son Eglise» laquelle union il compare au mariage corporel entre le
'i L'an 1520, chez Toussains Denis, rue St-Jacques, près St-Ives.
* Item etiam dispensare potest pœnitentiaria in primo gradn affl- Ditatis in fore conscientiae : et littera venit duc. 9, gr. 6.
s MarUnus Y. consilio maturo habite dispensavit inter aliquos in secundo gradu consanguinitaUs qui est lege divina prohibitus. Similiter témporibus nostris Papa dispensavit cum aliquo quod hateret duas sorores unam post alteram contra legem Dei.
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mari et la femme. Son but n'est pas d*eià!ter le mystère du mariage, mais de l'union de l'Eglise avec Jésus-Cbrist ; ce mystère donc dont il parle est l'union mystique entre Jésus-Christ et l'Eglise, et non Funion entre le mari et la femme. De fait, ayant dit : « Ceci est un grand mystère, » afin qu'on ne pense point qu'il parle d'un mystère qiii soit au mariage, il ajoute : « Or je dis touchant Jésus-Christel » son Eglise. » *■
Toutefois posons le cas que saint Paul appelle le mariage mystère ou secret , posons le cas nième que la version vulgairerait bien traduit « mystère » par le mot de « sacrement,* que fait cela pour prouver que le mariage soit un sacrement de l'Eglise? Nos adversaires veulent-ils que toutes les choses qui en la version vulgaire sont appelées sacrements, soient sacrements de l'Eglise romaine? A ce compte donc la grande paillarde sera un sacrement de l'Eglise romaine, car il y a au chap. XVII de TApocalypse, vers. 7, selon la version vulgaire : « Je te dirai le sacrement de la femme et de la bèfe » qui la porte. » Item les sept étoiles, au chap. I de TApocalypse, vers. 20, seront un sacrement, car elles sont ainsi appelées en la version vulgaire ; et en Daniel, au chap. Il, par trois fois les songes et visions sont appelés sacrements en la même version ; et en la première Epttre à timothée, chap. III, vers. 16, la piété est appelée un grand sacrement, pour dire secret ou mystère. Surtout parait ta mauvaise foi de cette version en ce qu'au chapitre suivant, verset 19, saint Paul prie les Ephésiens <( de prier pour lui, afin de » donner à connaltrele fxvvHpiov mystère ou le secret de » l'Evangile, n Ici la version vulgaire traduit : Mytierium Evangelii, et non Sacrdfnenlum Evangelii. Voilà' deux passagc^t tout proches l'un de l'auD^e en une même épltre, où art même mot grec est traduit en un lieu « mystère,» et eu Tautre est traduit « sacrement. » Qu'on traduise ces deux passages de môme façon, et nous voilà hors de dtfflcuité. Le cardinal Cajétan a reconnu cela en son Commentaire sur ce passage, où il dit : « Lecteur prudent, tu n'apiprends
^ Eyw iï Xiya ei$ Xpirrbv xkI tiç rviv 2xx^iQ9(ay, sup, ^AcTrftiyy ayant
égard à Jésus-Christ et à son Eglise.
D point ici de Paul que le mariage soit lïn sacrement : car il » ne dit pas ce sacrement, mais ce mystère est grand ; et » de vrai le mystère de ces paroles est grand. » * Je confesse que le mariage est une figure de l'union do Jésus-Christ et de TEglise. Mais par même raison l'union du chef avec leis membres, et du cep avec les sarments, seraient sacrements. Joint que le mariage figurait cela même sous l'Ancien- Testament, lorsque le mariage n'était point sacrement, éï on croit nos adversaires. Voici ce qu'en dit le jésuite Ribera sur le premier de TApocalyse : a Ce sacrement est grandi, » or je dis en Christ et en l'Eglise ; dont voici le sens : Ce D qu'Adam a dit à Eve, et leur mariage, qui en eux est une y> chose évidente, est un grand mystère et a une intelligence 0 cachée, s'il se rapporte à Christ et à l'Eglise ; car il a été' » une figure de la conjonction spirituelle de Christ et de » l'Eglise. » Cela doit servir de réponse aux paroles que lé sieur Arnoui ajoute.
ARIfOUX.
Sect. cl. — Ephésiens Y, 3^ parlant du mariage: « Ce Bacrement est grand, je le dis en Christ et l'Eglise. Pourquoi ne reçoivent-iit seulement que deux sacrements, vu que TApôtre appelle le mariage sacrement et grand sacrement? Or, eux, voyant que ce passage battait en ruine leur doctrine, ils en ont corrompu le texte, mettant le mot de secret au lieu de sacrement, en se départant de l'original grec, et de la^version latine.
DU MOULIN
Gela a déjà été réfoté. Cet homme montre qu'il n'entend pas le grec et a mal lu sa Bible. Il y a au grec mystère, et la Bible latine le traduit ainsi au chap. suivant, verset' i9.
Ile l'extrême oncUoii. ,
Sect. CLI. L'extréme-onction est un sacrement de l'Eglise
1 Non habes ex hoc loco, pnidens lector, à Paulo conjugium esse sàcramentum. Non enim dicit sacramentnm, sed mysterium hoc maopum est. Et vere mysterinm verbomm honim magnum est.
romaine auquel le prêtre oint d'buile d'olive consacrée les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, les mains ot les pieds du malade, faisant un signe de croix avec le pouce trempé on huile, et demandant à Dieu qu'il pardonne au malade les péchés commis par ces endroits de son corps ; puis retourne le malade et lui oint les reins, parce que là est le siège du péché de luxure. Cela fait, il lave ses mains avec de Teau et du sel, et puis jette la lavure contre la cheroiaée.
Tout cela se fait après le récit de la Litanie, en laquelle quelque cinquantaine de saints est nommée et invoquée, et avec plusieurs oraisons qui demandent à Dieu la guérison du malade et la rémission de ses péchés.
Ce sacrement ne se confère qu'aux malades dont on a peu d'espérance. N'est permis de l'administrer à ceux qu'on Ta pendre, ou qui vont planter un pétard, ou qui vont entrer en un périlleux combat, ou en une longue navigation.
Le Catéchisme du concile de Trente, Cateehesis iridmUina, cap, de exlrema Unclione^ dit que ce sacrement sert à effacer les péchés menus et véniels; car, quant aux mortels, l'absolution pénitentielle les a effacés auparavant. Le cpncile de Trente, en la session ii, dit que par ce sacrement sont essuyés les restes du péché.
Pour appuyer ce prétendu sacrement, on emploie deux passages de l'Ecriture. Le premier est au chap. Yl de saint Marc, vers. 13, où il est dit que les Apôtres a jetèrent hors » plusieurs diables, et oignirent plusieurs malades et les » guérirent. » Le deuxième est au dernier chapitre de l'Epftre saint Jacques, vers. 14 et 15 : « Y a-t-il quelqu'un d'en- 0 tre vous malade? Qu'il appelle les anciens de l'Eglise, et » qu'ils prient pour lui, et qu'ils l'oignent d'huile au nom du » Seigneur, et la prière de foi sauvera lé malade, et le Soi-* » gneur le relèvera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront » pardonnes. »
En l'exposition desquels passages nos adversaires sont partis en opinions contraires, et la mêlée est rude. Quelquesuns, comme Thomas Yaldensis et Alphonse de Castro, ^ et
^ Âlphons. de Castro , libro de Hœresibus , in i>erbo.B^nma Unctio. lÂb, de extrema Vnctianâf cap, S.
Maldonat en son Commentaire sur saint Marc, tiennent qu'au ctiap. VI de saint Marc il est parlé de l'extrême-onction, et que tant saint Marc que saint Jacques parlent de Tonction sacramentelle.
Le cardinal Bellarniin au contraire nie queTonction dont est parlé en saint Marc soit la même dont est parlé en saint Jacques, et n'estime pas que celle dont saint Marc parle.soit le sacrement d'extréme-onction.
Le cardinal Cajétan est d'autre avis, car il nie formellement que saint Jacques parle de l'onction sacramentelle, et ne croit pas qu'on puisse sur ce passage fonder l'extrêmeonction. « Ces paroles » (dit-il) « de saint Jacques ne parlent » point de l'onction sacramentelle, de l'extréme-onction, }> soit qu'on regarde les mots, soit qu'on considère Teffet ; » mais plutôt de l'onction que le Seigneur Jésus a instituée v en l'Ëvangile, pour être pratiquée par ses disciples envers » les malades ; car le texte ne dit pas : Quelqu'un est-il » malade â mort? mais absolument : Quelqu'un est-il ma- 0 lade? et dit que l'effet de cette onction est Tallégement du » malade. » * ,
Parmi ce mélange d'opinions, le concile de Trente s'est tracé un nouveau chemin, disant en la session 14 qu'au chap. VI de saint Marc Jésus-Christ insinue le sacrement de Textrême-onction ; et le Catéchisme du concile de Trente dit que a le Seigneur en donne un échantillon et un coup d'es- » sai. » C'est la coutume de ce concile, où il se trouve em- |)écbé de donner quelques paroles ambiguës et entortillées que chacup peut prendre à son avantage.
Tout ce différend se rapporte à deux chefiT.
L Le premier est si cette cérémonie de Tonction des ma* lades doit être perpétuelle en l'Eglise.
11. Le deuxième, si cette onction pratiquée du temps dea Apôtres est un des sacrements de l'Eglise chrétienne.