La première question est vidée, parce que ce» deux
* Nec ex verbis nec ex eflFeclis verba baec loquuntur de sacramentali uDctione extremae unetionis ; sed magis de unctione quam instituit Dominus Jésus in Evangelio à discipulis exercendam in aegrot06. Vide Sixti Senmsis Biblioth9c,, l%b. 6» Ànnot 839.
450 BOrCTJER
passages, Tun de saint Marc, cliap.YI, l'antre de saint JtfeqiHS. chap. V, disent que cette onction se Taisait pour la giiérison des maladies. « Ils oignirent d'huile plusieurs malades rt » los guérirent » ( Marc VI ). « Qu'ils oignent d'huile le ma- » lade au nom du Seigneur, et la prière de foi sauvera le » malade, et le Seigneur le relèvera. » Par là appert que tandis que le don de guérison et cette vertu de restituer miraculeusement la santé ont été en TEglise, il a été expédient d'observer celte onction comme un signe extérieur de la vertu de Dieu, auquel Dieu donnait efficace. Mais depuis cette vertu cessée, il n'y a non plus de raison d'observfr la cérémonie, que si un homme devenu aveugle continuait à se servir de lunettes, ou si quelqu'un continuait à se peigner ayant perdu tout le poil. La vertu intérieure cessant, doit aussi cesser l'observation extérieure; Dieu m^menous sert d'exemple, en ce qu'il a ôlé à Adam l'arbre de vie, lors- - que par son péché il est tombé en la mort. Non pas que la vie fût attachée à cet arbre, mais parce que Dieu ne veut point de signés inutiles.
2. De là même appert que saint Jacques ne parle point de Textréme-onction, puisqu'il parle d'une onction par laquelle un homme est remis en santé. L'onction est extrême qui se donne à l'extrémité ) mais cette onction se donnait à ceui qui devaient encore vivre, et qui remis en santé pouvaient en pareille nécessité se servir de rechef du même remède.
3. Joint que saint Jacques ne parle point d'huile consacra par lévéque, ni d'huile gardée en TEglise, car les Apôtres employaient à cette guérison l'huile telle qu'on leur préseï»' tait. Aussi ne parle-t-il point de tout cet amas de cérémonies pratiquées aujourd'hui. Item, comme les Apôtres oignaient indifféremment d'huile tous ceux qu'on leur présentait, aussi saint Jacques ne fait point de distinction de personnes; mais l'Eglise romaine ne donne l'extrême onction quaui personnes baptisées, et qui ont passé par les sacrenneats d'Eucharistie et de pénitence, et qui ne sont point condavnées par justice.
4. Le commandement donc de saint Jacques doit Mv pratiqué encore aujourd'hui quant à la prière de foi Wh
^ par les prêtres ou ministres, à laquelle est prom-ise la rémi^
sion des péchés, mais non quant à l'onction corporelle qui
se faisait pour la guérison. Ainsi le pratiquaient les chrétiens
des premiers siècles. Tertullien contre Scapula, chap. IV,
dit que l'empereur Severus ^ a eu jusqu'à la mort en sa
maison un certain Procnlus, chrétien, qui Tavait guéri d'une
maladie en l'oignant d'huile; et saint Jérôme, sur la fin de
la vie de Hilarion, parle d'une sainte femme nommée
Constantia dont ililarion avait guéri le gendre et la fille en
les oignant d'huile; et Sulpitius, ' en la vie de Martin, dit
que Martin guérit une fille paralytique en lui versant de
l'huile dans la bouche. Nous avons un pareil exemple en
l'histoire de Grégoire de Tours, ^ au chap. XLVI du premier