‹ Bouclier de la foiChapitre 56 sur 68 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l«eg cinq voies d'évanons remarquées par le sîcur Amom pour confondra les imnistres.

La lecture soigneuse de la Sainte-Ecriture et des anciens docteurs, le savoir dans les langues latine, grecque et bébraîque, la connaissance des histoires et de la philosophie, sont pièces requises à un théologien. La seule intelligence doj^ Ecritures devrait suffire si nous étions tous sages et bien d'accord ; niais la maladie du siècle et les cachettes que Terreur s'est cavées sont la cause que plusieurs autres choses sont nécessaires à un théologien. Le pèreGontier défunt, reconnaissant cela et se sentant destitué de beaucoup d'aides nécessaires, notamment de la connaissance des langues grec- 4tt6 et hébraïque, et néanmoins désireux d'acquérir de la réputation » a inveuVÂ ^e^ moi^\i% ^t lâ^fl^^els un homme

DU SietJR ARNOtX. 625

rairt et destitué de toute science peut soutenir une

ute , et en a publié divers petits écrits, qui servent à

ler la posture de ceux qui voudront nous attaquer en

'érence , auxquels il donne ces deux conseils.

e premier est de ne se rendre jannais répondant et de

l'obliger jamais à défendre la religion romaine , mais de

ours attaquer et nous obliger à la défense de notre con-

ion. Et si on les presse de prouver leur créance par la

oie de Dieu, au lieu de répondre, dire : «Ce n'est pas à

ous de m'interroger de ma créance ; car je suis en posses-

lon, et vous n'avez point de commission de m*interro-

er; puisque vous êtes des réformateurs, c'est à vous de

ie réformer et produire vos preuves. » Item : « Qui vous

dit que ce soit là PEcriture-Sainte? »

/autre conseil qu'il donne est de, quand nous viendrions

lire des objections et produire nos preuves, de recevoir

3 de tout ce que nous dirons si nous ne le montrons^en

triture eu autant de mots et de syllables ; et si nous fai-

is un argument dont les deux propositions soient en TE-

ture, nier être obligé à recevoir la cdnclusion, parce que

règles d'Aristote n'obligent point la foi. Que si en notre

cours il nous advient d'user de ces mots, g'est-a-dire ou

ft CONSÉQUENT, nous Obliger à trouver ces mêmes mots,

i'à'dire et par conséquent en TEcriture. Que si nous ap-#

'tons un passage de l'Ecriture pour l'éclaircissement et

erprétation d'un autre passage, dire là-dessus : montcgz-

n un troisième passage qui dise que ce passage se doit

poser par celui-là. Que si on ne leur répond point à leur

3, rompre la conférence, et là-dessus force clameurs et 11-

lies diffamatoires, qui contiennent des triomphes d^avoir

luit les ministres à des g'est-a-dire et à des conséquent

i : et dire qu'un caresse est aussi bien une conséquence,

isqii'il suit les chevaux.

[1 n'y a savetier qui ne puisse en un quart d'heure dever théologien , s'il suffit d'interroger toujours sans jamais pondre. Certainement tout cela n'est qu'une menue rouie de chicanerie pédantesque, qui apprend seulement à se uvrir de ses griffes comme les chats, et accrocher la disite sans jamais eotrer en matière. Ma\& cc^ ta^Vk^\v\ \^^-

nessesne s'est jamais bien trouvé de ces procédures; car à la première rencontre du moindre des ministres il saignait du nez, et toute cette impétuosité s'évanouissait comme une foudre détournée par le vent d'un chapeau, et^ se retirant comme un argoulet démonté, s'en allait en une autre ville pour y être pareillement traité.

Que si nous voulions rendre la pareille à ceux qui usent de ces souplesses, nous pourrions, dés le premier root qu'ils diraient, leur demander qui ils sont et qui les a envoyés, et eux disant qu'ils ont vocation de l'Eglise, leur dire : Que gais-je s'il faut qu'il y ait une Eglise au monde, et comment savez-vous qu'il faut qu'il y ait une religion ? et lâ-dessus s'ils reparlent un mot, leur dire : Montrez-moi celaen autant de mots en la Parole écrite ou non écrite : et s'il leur écbappe nn pabgb qdb ou un d'autant, leur dire : Montrezmoi ce mot en la parole non écrite , et qui sera juge? etc.; bref, employer cette chétive brouillerie qui n'est bonne que pour de petits acariâtres et malicieux brouillons qui craignent la toucbe, et n'osent paraître ea pleine campagne.

Le sieur Ârnoux suit cette insiruction eorome propre pour un bomme légèrement pourvu, et se parant des plumes d'autrui, a rédigé en art ces finesses, et les a digérées en ^cinq cbefs, et a intitulé son discours Voies d'évasion; où, sous ombre de découvrir nos finesses, il étale les siennes, et bâtit une discipline de menues ruses, tendant non à instruire , mais à arrêter la dispute; A chacune de ces voies d'évasion nous devons un trait de plume, afin de ne luirieo laisser passer.

Page 1