DE LA PERFECTION DE L*ÉCRITUBB ET DES TRADITIONS
Nous croyons que la parole contenue en ces livres est procédée de Dieu, duquel seul elle prend son autorité, et aon des hommes. Et d'autant qu'elle est règle detoute vériié, contenant tout ce qui est nécessaire pour le service de Dieu et de notre salut, il rt'est loisible aux hommes, ne môme aux anges, d'y ajouter, diminuer ou changer. Dont il s'ensuit que ni Kantiquité, ni lés coutumes, ni la multitude, ni la sagesse humaine, ni les jugements, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles ne doivent être opposés à celte Ecriture-Sainte, ains au contraire toutes choses doivent être examinées, réglées et réformées selon elle; et suivant cela, nous avouons les trois Syml)oles, à savoir, des Apôtres, de Nicée et d'Aihanase, parce qu'ils sont conformes à la Parole de Dieu.
DE LA FOr. 71
Sect. XIII. — C'est pour exclure tout à fait la Parole de Dieu on écrite, que nous appelons tradition, et nous réduire à de croire en de tout ce qui n'est couché distinctement- dans l'Ecriture, et DUS faire renoncer à l'antiquité, aux conciles, décisions, interprétions des docteurs, observations et usages de l'Eglise, et nous indre préparés et docile à toute la glose qu'un ministre donnera l'Ecriture selon son sens particulier. Bref, ce n'est pas pour se inir (étroitement à l'Ecriture, Uiais pour se couvrir d'elle par leur ropre sentiment, contre celui de l'Eglise, qui seule nous peut lettre entre les mains, etla lettre et le sens de l'Ecriture-Sainte, ont elle est héritière.
DU moulin;
Cet homme ne représentera-t-il jamais au vrai notre royanceîCar en tout ce propos, tout ce qu'il nous fait dire st tout le contraire de ce que nous croyons, et de ce qui est ontenu dans ce cinquième article. Est faux que nous ue royoDS rien que ce qui est couché distinctement en TEcriure : car nous croyons plusieurs choses qui ne se trouvent iistinctement ni en autant de mots en TËcriture, mais s'y rouvent en mots équivalents et par conséquence nécessaire: omme que l'Eglise de Dieu demeurera à toujours; que Heu gouverne tout par sa providence; qu'il y a en la divine ssence une trinité de personnes ; et plusieurs telles pro- MMitioos qui se prouvent aisément par l'Ecriture, encore lu'elles ne s'y trouvent en autant de mots ; en même façon iu'Apollos prouvait par les Ecritures que Jésus était le ihrist, encore que cela ne s'y trouvât point distinctement, !t en autant de syllabes. Que s'il ne fallait rien recevoir que » qui est distinctement, en autant de mots, contenu en 'Ecriture, personne ne serait obligé de croire en Jésus- Cbrist ; car en l'Ecriture il n'est point dit que Charles ou Benri doivent croire en Jésus-Christ, seulement il y est commandé à tous hommes de croire en Jésus-Christ : dont robligation des particuliers à croire en Jésus-Christ se tire ptr conséquence.
Est aussi faux que par ce cinquième article nous renoncions à l'antiquité ou aux conciles, car seulement nous disons que l'antiquité ni les conciles ne doivent .être opposés à l'Ecriture, pour lui contrarier.
Faux aussi que nous voulions établir les gloses d'aucuQ ministre particulier, comme nous avons montré en lasectbn 7 et 9.
Dref, est faux que nous rejetions la tradition, puMqoe 1 Ecriture même est une tradition, et qu'il y a plusieurs choses qui concernent la police ecclésiastique et l'ordre extérieur, qui ne sont point spécifiées en l'Ecriture. Nous rejetons seulement les traditions, lesquelles étant reçues, il s'ensuivrait que l'Ecriture ne contient pas toute la doctrine nécessaire à salut.
Telle est la parole non écrite dans laquelle nos adversaires se jettent sitôt que l'Ecriture leur défaut, et cet amas de iradiitions humaines qu'on égale en autorité à i'Ëcriture- Saiflte, laquelle nous disons être règle de toute vérité et contenir tout ce qui est nécessaire a salut, et le prouvons par ces passages.
Saint Paul, au chap. III de la deuxième E[^tre à Timoihée, vers. 15, parle ainsi à son disciple : a Dès ton enfance, tu as » connaissance des saintes lettres, lesquelles te peuvent D rendre sage à salut par la foi en Jésu&-Ghrisl. )i Les saintes lettres donc contiennent tout ce qui est nécessaire à salut, puisqu'elles nous peuvent rendre sages à salut, en croyant à Jésus-Christ. Car que cherchons-nous davantage que d'étrç sages en sorte que nous soyons sauvés, en croyant à cette Parole qui enseigne la foi en Jésus-Christ?
Saint Jacques dit de cette même Parole a qu'elle peut » sauver nos âmes d (Jacq. 1, 21 ) .
Saint Paul, en la première Epttre aux Corinthiens, chap. VI, vers. 6, bornant la puissance des pasteurs et leur autorité eu TEglise, dit : « Qiie nul ûe présume outre ce qui est » écrit. »
Le m<^me apôtre, au chap. XX des Actes, vers. 27, dit : t Je ne me suis point retenu que je ne vous aie annoncé tout » le conseil de Dieu. » D'où il s'ensuit clairement que les traditions des papes et de l'Eglise romaine ajoutées de siècle
m siècle depuis le temps de saint Paul ne sont point du coneil de Dieu.
Au chap. IV du Deutéronome, vers. 2, et au chap. XIl, ers. 5i, Dieu dit : « Vous n'ajouterez rien à la Parole que
je vous commande, et n'en diminuerez rien. » Si donc il tait défendu d'ajouter à la loi de Moïse^ outre laquelle il n'y lyait alors nulle doctrine de salut, il n'y a point d'apparence [u'aujourd'hui la loi de Moïse, les Prophètes, les Evangélises et les écrits des Apôtres ne soient point sufOsants, et [u^il soit permis d'y ajouter des traditions et une parole non Icrite.
Nul de nos adversaires n'a encore osé nier que la doctrine le l'Ëvangile ne soit suffîsaute à salut, ni nier que l'Ëvan- ;ile DO se trouve tout entier au Nouveau-Testament; autrcnent le titre en sera faux, il faudra changer Tinscription et nettre partie de l'Evanqile, et puis chercher l'autre par- ,ie dans la parole non écrite. Il faudra aussi corriger ce mot le «Testament» qui est mis en front, si ce livre n'est qu'une Mrtie du Testament da Fils de Dieu. Et même il ne faudra >lus appeler ces livres canoniques, s'ils ne sont plus la ré- {le entière de notre foi.
L'apôtre saint Paul, Ephés. Il, vers. 20, fonde notre foi lur les Prophètes et Apôtres : « Etant, dit-il, édifiés sur le » fondement des Apôtres et des Prophètes. » Si notre foi est fondée sur la parole non écrite, il faudra qu'elle ait un autre bodemènt que les Prophètes et Apôtres; car comment sailroos-nous que cette parole non écrite vient des Apôtres? ^insi il nous est aisé de remarquer l'origine, les auteurs, le temps delà plupart des traditions de l'Eglise romaine.
Au chap. XVI de saint Luc, vers. 29, le mauvais riche demande à Abraham que quelqu'un des morts soit envoyé à ses frères pour les avertir de leur devoir, de peur qu'ils ne tombassent dans le même tourment. Auquel Abraham répond : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu'ils les écoutent; d ce qui est dire assez clairement qu'ils devaient se contenter de Moïse et des Prophètes que l'Eglise avait entre mains sans attendre d'autre révélation.
Au chap. VIII d'Esaïe, vers. 20, Dieu tançant son peuple de ce qu'il s'adressait aux morts, le renvoie à sa Parole con
tenue dans ga loi :!« A la loi et au témoignage ; que sMls ne )) parlent selon cette Parole, pour vrai il n'^y aura point de » matin pour lui. t
Âu chap. 1*' des Galates, vers. 8, il dit : « Quand bien nous- » même, ou un ange du ciel vous évangéliserait outre ceqoe )» nous avons évangélisé, qu il soit anatbème. » Notez qu'il dit « outre, » et non pas a contre ce que nous vous Avons T» évangélisé; quoique au fond toute doctrine en matière du 6&lut qui est « hors D-est aussi a contre » l'Ecriture, puisqu'elle est contre la défense d'ajouter à la Parole de Dieu, et que Dieu défend « d'enseigner pour doctrines les comman- » déments des hommes » (Matt. XV, 9). Peu auparavant le Seigneur avait condamné les pharisiens de ce qu'ils outrepassaient le commandement de Dieu par leur tradition.
Desquels si on considère les traditions, on trouvera qoe c'étaient des doctrines qui ne Commandaient point choses défendues expressément dans la loi de Dieu, mais de simples additions et dévotions volontaires hors la Parole de Dieu ; comme nettoyer le dehors des pots, se laver les maios avAnt le repas avec une dévotion scrupuleuse, dfmer la menthe et le cumin, allonger leurs phylactères, jeûner Jtrois fois la semaine, faire de longues oraisons, faire conscience de guérir un malade au jour du sabbat. Telles aussi étaient les traditions touchant la distinction des jours de fêtes et abstinences de certaines viandes, qui disaient : o Ne mange, ne D goûte, ne touche point» (Coloss. Il, vers, i6 et 21). Et oe, non par opinion que les viandes fussent pollues, maïs « par » dévotion volontaire et humilité d'esprit^ pour inatter son » corpset n'avoirpoint d'égard au ra:»sasiementde la chair,» comme dit le même apôtre au même lieu. De toutes ces traditions l'Apôtre, au même chapitre, vers. 8, dit que c'est « une vaine déception selon la tradition des hommes. »
Go seul mot de parole non écrite, que Grégoire de Naiiaoze appelle une « innovation non écrite, » et l'oppose « à la n piété écrite, »^ découvre clairement l'abus; car quoiqu'un du peuple dira là-dessus : Où trouverai-je cette {tarole non
^ Greg. Naz. in Epicedio Athanasii. iyypxfov t^y luvàéccoey xotrà
DE LA roi.v 75
écritet la trouverai-je en la bouche de mon cnré ? mais que sais-j^ 8*'' erre?qiie sais-je s'il parle selon rËcritnrr-Sain^e dont la bscture nem*estpas permise? que sais-je s'il est d'aceord avec les autres, vu qu'il y a plusieurs Eglises contraires qui se servent de traditions contraires? ou si cette parole non écrite se trouve en la bouche de l'Eglise universelle, comment assemblerai-je l'Eglise universelle pour la faire parler? Que s'il faut remonter jusqu'à l'ancienne Eglise, comment lirai-je tant de Pères et de conciles latins et grecs, DÛ mon curé n'entend rien et où les plus savants se trouvent fort empêchés? et encore j'entends force personnes qui disent que les Pères et Gouciles anciens sont contrairesàl'Eglise romaine, et qu'on ne saurait trouver personne dans les premiers siècles qui parle de la vénération des images, ni de défendre au peuple le calice et la lecture de l'Ecriture- Sainte, ni d'adorer l'hostie de l'adoration de latrie, ni îles indulgences romaines, nf des messes privées, ni de prier ■ans s'entendre soi-même, ni de lire l'Ecriture au peuple en langue qu'il ne comprend pas, ni de la puissance du pape à donner et ôter les royaumes et à tirer les âmes du purgatoire.
Bref, à entendre parler ces gens, vous diriez que l'Ecrltare-^inte n'est autre chose que des lettres de créance ou une procuration donnée au pape, qui lui donne pouvoir d'ajotiter ce qu'il voudra. Mais le mal pour lui est que le nom du pape n'est point dans la procuration, et que cette même Ecriture contient défense expresse d'y rien ajouter.
Dans tout cela la vérité est si forte, que le sieur Arnoux dans sa réponse passe condamnation et accorde que l'Ecriture-Saînte est une règle suffisante à salut, a parce, dit- » il, qu'elle nous renvoie à TEglise et à ce que diront les » pasteurs, i En quoi il se contredit à lui-même, car renvoyer ailleurs chercher des règled n'est pas être règle suffisante. Si l'Ecriture renvoie à l'Eglise pour apprendre ce que l'Ecriture ne contient pas, par ce renvoi elle confesse son imperfection. Par- la même raison je pourrais dire qu'un homme qui ne sait lire donne des règles suffisantes pour ap prendre la philosophie, quand il adresse quelqu'un à un bon •philosophe pour être enseigné.
J'ajoute que quand le sieur Ârnoui dit que TEcriture nous renvoie aux pasteurs, il présuppose qu'elle nous renvoie aux bons et bien sentants en la foi. Il faut donc savoir las discerner auparavant; or comment les discerner aotremcDt que par la règle proposée dans la Parole de Dieu? Ce docteur donc se moque manifestement de ceux qui Técoutent, quand il les envoie écouter TEglise et les pasteurs sans leur dire par quels moyens ils discerneront les bons pasteurs et orthodoxes d'avec le? mauvais et hérétiques, et l'Eglise pure d'avec Timpure et hérétique.
La vérité paraîtra encore plus clairement quand nous anrons vu sur quels passages de l'Ecriture nos adversaires fondent leurs traditions. Jésus-Christ, disent-ils, dit au ohap. XVI de saint Jean : « J'ai à vous dire encore plusieurs cho- » ses, mais vous ne les pouvez porter maintenant. » Et lidessus on nous veut faire accroire san» preuves que ces choses que le Seigneur avait encore à dire, ce sont les traditions de l'Eglise romaine, comme l'invocation des saints, la distinction des viandes, l'observation des fêtes, le célibit des prêtres, la succession du pape à la place de saint Pierre en la qualité de chef de l'Eglise, les messes privées, Tcxtrac. tion des âmes du purgatoire, etc. Gela est deviner bien hardiment, et à son profit ; mais il n*est besoin de deviner quand Jésus-Christ s'expose lui-même ; car il déclare au verset 'suivant quelles sont ces choses qu'il avait encore à leur dire et que le Saint-Esprit leur déclarerait; puis après c'est que cet Esprit leur dirait a les choses à venir, » qui sont ces prophéties que les Apôtres ont apprises depuis, à savoir qu'il y viendrait un fils de perdition qui s'appellerait Dieuet ferait signes et miracles; qu'il y viendrait des faux docteurs qui enseigneraient de s'abst( nir du mariage et des viandes ; qu'il y viendrait une personne velue d'écarlate qui séduirait les rois et aurait son siège dans la ville qui a sept roontagneis*
On objecte aussi que saint Paul ayant proposé aux Corinthiens, dans le onzième chapitre de la première Epttre. la forme et institution de la Sainte -Cène, telle qu'il l'avait reçue du Seigneur, ajoute au verset 34 : a Touchant les autres » points, j'en ordonnerai quand je serai venu. » Je réponds gu'on ne peut nier sans impiété que Jésus ait institué ta
Sainte-Cène comme il faut, et'sans y rien omettre de ce qui est nécessaire. Il s'ensuit nécessairement que saint Paul se réservait seulement de régler à sa venue Tordre extérieur, et ce qui concerne la bienséance de Faction. Il n'est aussi aucunement croyable que saint Paul, après avoir proposé l'institution de ce saint sacrement, ait eu Fintention de la corrif^er et de contrevenir à ce que lui-même avait ordonné. Les choses donc qu'il se réserve d'ordonner ne sont point les choses que l'Eglise romaine a ajoutées à ce sacremeni, par lesquelles est renversée l'institution du Seigneur; car Jésus-Christ n'a point levé d'hostie, il n'a point commandé aux assistants d'adorer le sacrement ; il n'offt-e- rien à Dieu en sacrifice et ne parle point de sacrifier ; il donne les deux espèces à tous ; il parle en langage entendu de tous ; il ne demande point à Dieu le salut par les mérites des saints dont les os sont cachés sous l'autel ; il tourne la face au peuple et non le dos ; bref, il fait tout le contraire de ce que le prêtre fait aujourd'hui. Et de telles contraventions à Tinstitulion de Jésus-Christ s'appellent traditions apostoliques, nos adversaires, usant en cela de Tartiflce des Gabaonites, qui étant venus de près feignaient d'être venus de fort loin; car ils couvrent les nouvelles inveptions du manteau spécieux de l'antiquité, et sous ombre d'ajouter changent et corrigent l'institution du Seigneur.
Le sieur Arnoux nous apportera tantôt pour les traditions un passage de la deuxième aux Thessaloniciens, chap. II, lequel nous examinerons en son lieu. Maintenant il continue À égratigner les marges de notre confession.
ARNOUX
Sbct. XIY. — Textes cotés en marge de la confession, Jean XV, 1 : c Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit accomplie, »
Dit-il ni peu ni prou qu'on ne doit rien croire que ce qui est mis par écrit? mais parle-t-il d'aucune écriture? Et à quel propos donc est allégué ce texte, sinon pour tenir quelque contenance ec prendre heu de preuve? Actes- XX, 17: «Car je ne me suis point retenu que je ne vous aie annoncé tout le conseil de Christ; » c'est
saint Paul qui parle. Y a-t-il un seul mot qui bande pour ce qui eift controversé en l'article? Et si un ministre disait à ses auditeurs: Je vous ai prêché la volonté de Dieu, croirait-on qu'il voulût dire: Ne croyez rien que ce que je vous ai écrit? Ainsi ne doit-on rien croire que les Ëpitres de saint Paul qui parle en ce lieu coté.
DU MOULIN
Quand même ces deux passages seraient cotés mal à propos, est-ce que Tarticle de notre confession ne laisserait pas que de demeurer ferme, puisqu'il est prouvé par tant d'autres passages au:iquels le sieur Ârnoux n'a pas osé toucher- Un seul passage de TEcriture est suffisant pour établir une doctrine, laquelle ne ptMit être renversée qu'en r^'fùtant toutes les preuves sur lesquelles elle est fondée. Aiusi tout ce que fail le sieur Arnoux ne sert qu'à établir cet article de notre confession, puisqu'en ne disant rien contre les autre! passages cotés, il les approuve par son silence.
Et néanmoins ces doux passages pris au sens et pourb fin que nous les alléguons, se trouveront allégués fort i propos. Mous combattons par là les traditions qui ajoutent quelque doctrine non contenue dans les Saintes-Écritures, dont nos adversaires mêmes nous marquent les auteurs, et nous disent que tel ou tel pape a ajouté cette pièce à la messe; que tel et tel pape, qui a vécu tant de siècles depuis les Apôtres, a fait cette ordonnance et ce décret, qui auparavant n'était point pratiqué. Contre rela nous alléguons les mots de Jésus-Christ : a Je vous ai dit ces choses, afin que » ma joie demeure en vous, et que votre joie soit accom- » plie. » Item, ce que saint Paul dit aux Éphésiens, au cha- i pitre XXVI des Actes : « Je vous al annoncé tout le conseil » de Christ. x> Car si ces additions et nouvelles traditions des papes, ajoutées longtemps d puis, sont nécessaires i snlut, il est impossible que la joie des Apôtres et de leurs disciples ait été accomplie, ni que les Apôtres aient annoncé tout le conseil de Christ. Joint que saint Paul par le conseiil / de Christ entend manifestement TEvangile. Or, ce serait * une impiété de dire que le Nouveau-Testament ne contient qu'une paytic de l'Evangile : car si cela était, le titre serait '"
, et faudrait mettre en l'iuscrîptioD : Pièce ou moitié /Evangile. Et de fait là même, le même ÂpêtFç montre [iioi consiste ce conseil de Christ, à savoir en la repene envers Dieu et la foi en Jésus-Christ, qui sont deux its 'amplement enseignés en F Ecriture-Sainte. Kn pas- , notez réloquence du sieur Arnoux, qui parle de bandes passages, comme s'il tirait de Far halète.
ARNOUX
xr, XV. — Textes contraires. ^Thess, 11, 15:Parqaoi, frères, iz fermes et retenez les enseignements (traditions) que vous ; appris, soit par nutre parole, soit par notre Epitre. Sur lesles paroles dit très-bien saint Jean Chrysostôme sur ce lieu : là il appert que TApôtre n'a pas tout enseigné par ses lettres et rhé par écrit, mais il a laissé plusieurs choses par tradition, et qu'on les reçoive et estime toutes dignes d'une même foi, et ant nous nous tenons h la'tradition de l'Eglise, et la croyons lement; et quand on nous dit: c'est une tradition, nous ne nous lérods pas plus outre. Je me cpntenterai de ce seul texte pour iasein que j'ai, et parce qu'il fait voir au net que nous avons à re quelque chose qui n'est pas écrit.
DU MOULIN
'ordinaire des hérétiques, tant anciens que nouveaux, lorsque TEcriture^ainte leur défaut, avoir recours à la ition. Josèphe, au treizième livre des Antiquités, chae XiX, dit que : «les Pharisiens avaient plusieurs obseritions par la tradition successive de leurs pères, qui ne •nt écrites dans les lois de Moïse.»^ Tertullien, devenu héque, au livre de la Monogamie, chap. Il, défend Thérésie lloutanus, par ces paroles de Jésus-Christ : « J'ai encore ïaucoiip de choses à vous dire, mais maintenant vous né s pouvez porter,» qui est le passage que Bellarmin pro- (pour les traditions, au chap. V du livre de la Parole
non écrite, tronquant ce passage selon sa coutume; car, aa verset suivant, Jésus-Christ déclare quelles sont ces choses qu'ils ne pouvaient encore porter, à savoir : « les choses i » venir, » c'est-à-dire les prophéties touchant les événements futurs, qui se trouvent dans les Epltres des Apôtres et en l'Apocalypse, et non quelques autres doctrines de la foL 1 renée , au chap. Il du troisième livre, dit que « quand ob )> convainquait les hérétiques par l'Ecriture, ils se mettaient » cà accuser les Ecritures, disant que la vérité ne se pouvait )) trouver dans les Ecritures par ceui qui ne savaient la )) tradition, parce qu'elle n'avait point été donnée par écrit, » mais de vive voix.»^ Quelque vingt ans après la mort de saint Jean, l'un de ses disciples, nommé Papias, évèque de Hierapolis, s'adonnait aui traditions non écrites, qui étaient a paraholes* et doctrines étranges, et autres choses ft- T» buleuses » , comme dit Eusèbe au dernier chapitre du tiroisième livre do son histoire.
Ces hérétiques n'ont pas eu faute de successeurs. L'Eglise la plus fertile en traditions a été la romaine; car, pour faire d'un évèque, n'ayant pas cinq sous vaillant, un monarque terrien, qui surpasse les empereurs et rois en richesses, il a fallu de grandes additions et coudre de longues pièces à la doctrine ancienne. Et de fait, dans les histoires, on voit qu'à mesure que Févèque de Rome croît en grandeur, les traditions se sont multipliées, lesquelles sont beaucoup plus recommandées que l'Ecriture-Sainte, et plus religieusement observées. Ainsi la paillardise est permise à Rome, mais les viandes en Carême y sont étroitement défendues; la lecture de l'Ecriture défendue, et les images mises en vue. Les évéques se dispensent du commandement de l'Apôtre, qui veut que Tévéque ne soit point nouvel apprenti, et qu'il soit propre à enseigner : car la plupart ne prêchent point; même l'épiscopat se donne à desenfaoti Mais quant aux annates et redevances au siège papal , celi
1 Quia non posset ex liis ioTeDÎn veritas ab bis qui nesciant tndi- . tioDem. Non enim per litteras traditam illam, sed per viTam voceft
Tivà CÛi)M JULvOuièiTtpCt,
s'observe inviolablemeot. Bellarmin va jasques-là de dire a que quelques traditions sont plus grandes, quant à l'ob- 9 servatifMi, que quelques Ecritures, S) auchap. VII du livre dé la Parole non écrite.
Or, avons-nous souvent désiré de voir une liste de ces traditions, et cette parole non écrite rédigée en un corps; mais jamais nos adversaires ne nous ont voulu bailler ce catalogue. Deux choses les empêchent : Tune est qu'ils savent que quelque chose qu'on fasse, si est-ce qu'une doctrine chancelle et a de la peine à trouver ferme créance en l'esprit des hommes, si elle n'est appuyée de l'autorité de Dieu, parlant par ses prophètes et Apôtres; l'autre est, que s'ils avaient fait voir au peuple une liste de ces traditions , il serait effrayé du grand nombre , et lui prendrait envie de les comparer.avec l^criture, en laquelle il trouverait de la contrariété avec plusieurs traditions; en sorte que ces additions se trouveraient être plutôt des corrections , sous ombre de tradition; et même il y trouverait les traditions être défendues, Matth., chap. XV, vers. 3 : «Pourquoi ou- » trépassez -vous le commandement de Dieu par votre tra- » ditiou?» et Coloss., chap. II, vers. 8 : « Prenez garde que » nul ne vous butine par la philosophie et vaine déception , » selon la tradition des hommes. »
L'abus y étant si palpable , néanmoins le sieur Ârnoux tâche à fonder les traditions sur l'Ëcriture-Sainte; contredisant en cela à l'Eglise romaine, laquelle, au contraire, veut que l'autorité de TEcriturc soit fondée sur la tradition. Dont s*ensuit que l'autorité de la tradition ne peut être fondée sur l'Ecriture.
Il allègue donc le verset 15 du chap. Il de la 2« aux Théssaloniciens : «Par quoi, frères, soyez fermes, et retenez les » enseignements ( ou traditions ) qu'avez appris, soit par » notre parole, soit par notre Épître.)» De ce passage nos adversaires infèrent, qu'outre l'Epitre que saint Paul avait écrite aux Thesaaloniciens, il leur avait dit plusieurs choses de bouche; ce que nous accordons voïonliers, car nous ne voudrions pas soutenir que la première aux Thessaloniciens contienne toute la doctrine de salut. Notre différend n'est pas si une petite épltre de çaint Paul, mais si le Viepx et le
Noiivoau-Testamrnt contiennent tout ce qui est nécesMiro à &i\\u[. Qui \) us est, quand même saint Taul aurait dit : tt Ueteu< z les enseignements qu'avez appris, ou par notre » parole, ou par les Saintes-Ecritures», encore ne s'ensiiivrait-ii pas que les choses qu'il leur avait dites, et lea cboses qui sont «écrites fussent ctioses diverses : ou peut bien en* seigner une doctrine par divers moyens.
Le sieur Jésuite a bien vu que ce passage était faible, et pourtant il Tappuie d'un passage de Cbrysostôme, * lequel il allègue tout autrement qu'il n'est en Cbrysostôroe, oà nese trouveront ces mots de « coucher par écrit, » ni le mot de «tradition, » ni le mot a d'Apôtre. » Et tout ce qu'il met ici au singulier est en Chrysostome au pluriel. Toutefoia, je veux recevoir ce passage comme fidèlement allégué.
Je dis donc que quand les Pères parlent avec honneur des traditions, par le mot de tradition , ou ils entendent l'Ecriture-Sainte, laquelle aussi est une tradition, c'est-à-dire une doctrine qui nous est laissée; ou bien, par les traditiona ils entendent les observations touchant la police ecclésiastique, et des choses non nécessaires de leur nature, et que l'Eglise romaine n'observe plus pour la plupart. Voyez les cbap. Il et m du livre de Tertutlien de la Couronne du soldat, el. saint Augustin en l'épttre 118, et le cbap ^XXVII du livre du Saint-Esprit, attribué à Basile; là est parlé de plusieurs traditions non écrites, entre autres : d'être plongé trois fbia au baptême; goûter au l>aptéme du lait et du miel en sigae de concorde; ne se laver point ce jour-là, ni toute la semaine d'après; faire en toute action le signe de la croix sur le front, faire conscience de jeûner un dimanche; item, prier debout depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; célébrer en certains jours annuel» la passion , la résurrection , l'ascension du Seigneur r prier vers l'Orient ; l'onction d'buile, et plusieurs telles traditions, dont la plupart M>nt abolies • qui à tort étaient appelées apostoliques, vu que les ApAtres ne les pratiquaient point; notamment la coutume de ne
^ Cyprian, epitt. ad Pompeium. Unde ista traditio? Utranme de dominica evangelica auctoiitate? Voyez ÂuguiUn au 5« Uvn du Jfqpiême, eontrû lei DanatUieSt eh, 26.
16 debout depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; car, . XX des Actes, ^ers. 36, et au chap. XXI, vers. 5, lul fait la prière à geuoui, et cela peu de jours de- Pentecôte (Act. XX, 16).
ur Aruoux n'eût point ignoré cela, et n'eût point al- [irysostôme contre son intention , s'il eût lu le lieu ans Ghrysostôme, au lieu de le copier d'ailleurs; ût vu que sur le même chap. 11 de la seconde aux >niciens, ce Père a ces paroles excellentes : «Toutes oses qui sont dans les divines Ecritures sont claires ites; tout ce qui est nécessaire y est clair. »^ Dont q\}e les traditions hors i'Ëcriture, dont il parle là- M)nt choses non |nécessaire. Et sur le psaume XGV : I on dit quelque chose sans Ecriture , la pensée de eur cloche.»*
Iversaires nous objectent que nous recevons pluraditions non écrites, comme l'observi^tion du di- , le baptême des petits enfants , la virginité perpé- 9 la bienheureuse Vierge. Je réponds que l'observadimanche se trouve au chap. XX des Actes, vers. 7, première Epttre aux Corinthiens, chap. XVI, v. 2 ; e le mot de dimanche se trouve en l'Apocalypse , vers. iO. Sur lequel passage voici les mots de Ri- «tiite , en ses.Commentaires sur l'Apocalypse : a Ici 'oyons que la solennité du Sabbat a été changée au che du temps des Apôtres. » Et quand même cela it point, si est-ce que Tobservation des jours n'est loint qui de sa nature soit une doctrine ou un point re à salut ; non plus que la créance de la perpétuelle ï de la bienheureuse Vierge, laquelle nous croyons ' bienséance qije par nécessité , comme enseigne a sermon de la sainte Naissance de Christ, où, par- 'opinion de ceux qui tiennent le contraire, il dit que ose qui ne préjudicie en rien à la parole de piété.
X ffOf {] xocl sudia roc itccpv. tocî$ Otioui yp»fatXi , itKvroL Ta rt &yp6cfov AéyviTai, ii ^tàyoc» rûv otxpocLT^v 9x«Ç<t.
Quant au baptême des petits enfants, T indice de la Bible, ftût par les docteurs de Louvain, et Bellarmin, au premier livre du Baptême, chap. YIII, et plusieurs autres le prouvent par plusieurs passages de TEcriture.
Jugement des aneîeiis touchant la perfeetum
de l'Xenture»
ARNOUX
Sect. XVT. — Saint Augustin, au 2« livre du Baptême contrt les Donatistes, cbap. XII : « Plusieurs choses ne se trouvent point dans les écrits des Apôtres, de ceux qui les oqt suivis, ni dedans les conciles, et toutefois parce que telles choses ont été observées et tenues par l'Eglise, nous croyons qu'elles ne peuvent qa'étre tenues, enseignées et commandées. »
Et notez qu'en ce lieu il prouve, par cette règle de tradition, qu'on ne doit point rebaptiser ceux qui ont été baptisés par lei hérétiques, qui est un article de foi , non quelque pratique ecclésiastique.
DU MOULIN
Ce passage est fort mal traduit ; ces mots de saint Augustin <K nequt in Conciliis poster iorum » sont traduits par le sieur Jésuite a de ceux qui les ont suivis, ni dedans les con- » ciles)), où il n'y a ni sens ni raison. Item, il tourne ^icwÊh n tnendata » par «commandées. » Tout cela ne vient pas de n'entendre point le latin , mais de s'être fié sur la foi d'autrui >.
Pour entendre ce passage d'Augustin, il faut savoir qu'il dispute contre les donatistes, et soutient qu'il ne faut rebaptiser ceux qui ont été baptisés par les hérétiques , laquelle coutume il dit n'être point écrite dans les lettres des Apôtres t et néanmoins en ce mémo œuvre il la défend par
^ Quam consuetudinem credo ex apostolica traditione venienteoL Sicut multa non inveniuntur in litteris eorum neque in conciHis, posteriorum, et tamen quia per universam custodiuntur Ecclesiam,, non aJsJ ab ipsis tradita et commendata crcduntur.
isieurs passages de rEcriturc , qu'il dit être certains. * nt appert qu'en ce passage, par «les choses non écrites», entend les choses qui ne sont point en termes exprès en écriture, mais s'en déduisent par honne conséquence, int que saint Augustin ne met pas cette matière entre les ûnts nécessaires à salut. Car il dit là même ' que «cette question n'était encore hien traitée ou éclairtie soigneusement du temps de Cyprien.» Or, n'est-il pas croyahle que yprien ait manqué en quelque chose nécessaire à salut?
Dire que saint Augustin ait cru que l'Ecriture-Salnte ne >ntient pas tout ce qui est nécessaire à salut, c*est conresser u vertement n'avoir jamais mis le nez en ce docteur.
En son épttre 142, chap. IX' : a Par les seules Ecritures,
tu peux connaître pleinement la volonté de Dieu. »
Au deuxième livre des Mérites, des Péchés et du Pardon,
bap. XXXVI ^ : « Quand on dispute d'une chose fort obscure, sans ôtre aidés d'enseignements clairs et certains des divines Ecritures, il faut que la présomption humaine s'arrête. »
Lui-même, contre les Lettres de Petilien, livre3,cha-
litreYI*: a Lisez-nous ceci de la Loi, des Prophètes, des Psaumes, de l'Evangile même , des écrits des Apôtres , et
. nous le croirons. » ,
Au deuxième livre de la Doctrine chrétienne, chap. YP .'
i Les choses qui sont apertement mises dans les Ecritures
> se trouvent toutes les choses qui concernent la foi et les mcBurs pour bien vivre. 9
« Ub. /. eap, 7. Ne videar humanis argumentis agere, ex EvaDge' io profero certa documenta. . ^
* Nondum erat diligenter ilia baptismi questio*pertractata.
* Fer solas Scriptucas potes plenam Dei intelligere voluntatem.
* Ubi de re obscurissima disputatur, non adjuvantibus divinarum knipturarum certis clarisque documentis , cohibere se débet hunana pnesomptio.
> Legite haéc nobîs de lege, de prophétis, etc., et credemus.
* Id bis qoae apertè posita sunt in Scriptura inveniuntur illa omnia (ox continent fidem moresque vivendii
Les autres Pères n'en parlent pas autrement. Saint Atk**^ nase, au commenccmeut de l'Oraison contre les Geutila : « Les Saintes-Ecritures et divinement inspirées «sont sulfl- » santés pour faire entendre la vérité.»^
Saint Jérôme, sur le chap. I"du prophète Aggéo : t Les )» eboses qu'on invente de soi-même, comme par traditk» » apostolique, sans l'autorité et témoignage des Saintea-Ecrî- )» tures, sont frappées par le glaive de Dieu. » *
Saint Basile est excellent là-dessus, sur la fin de aei Ethiques qui sont entre ses Ascétiques, a Si (dit-il) tout ce x> qui n'est point de la foi est péché , comme dit TÂpôtre , et » la foi est de l'ouïe, et l'ouie de la Parole de Dieu , tout ea » qui est hors l'Ecriture divinement inspirée n'étant point » deja foi est péché.»'
Que si dans les choses nécessaires à salut ces docteurs rejetaient toutes traditions non contenues dans les Saintes- Ecritures, à plus forte raison, après tant de siècles, yit-il encore moins d'apparence de faire de nouvelles add^" tions. Car quand cessera-t-on d'ajouter? Bellarnun« a chap. m contre Barklay . voyant que la puissance du pspè'^ à déposer les rois est destituée de tout témoignage de Fn-^. tiquité, dit que « l'Eglise des derniers temps a encore kl » puissance de constitcer et oanoififER les choses qà( » concernent la foi et les mœurs.» ^ Dont s'ensuit que la re» ligion de l'Eglise romaine n'est point encore achevée,. puis* qu'on y peut ajouter des préceptes touchant la foi et la règlS de bien vivre. Et la bulle Exurge, qui est au bout du deN nier concile de Latran, met ceci entre les hérésies de La*
^ Avroc^xel; Itcrl à» àylou xal dtànviv^roi ypctfotX itpbç t^y t4c KA)}9cia$ «TrayyfJilay*
' Sed et alla quae absque autoritate et testimoniis Scriptonraiib quasi traditione apo^tolica sponte reperiunt atque configont, perottis gladius Dei.
* nôiv rà ixrbi rf,i 6co7rvcÛ9rov ypapvis, oux ix Trivrswç ^y à/imfrfKi Icrrlv. "^
* Non rectè de Ecclesia Cbristi sentit qui nihil admittit nisi quod expresse in veteri Ecclesia scriptum aut factum esse legit. Quasi Eo- • clesia posterioris temporis tut desierit esse Ecclesia. aut focuhateia ; non habeat expUcandi et declarandi, constituendi etiam et juboidl .s. guse ad fidem et mores christianos pertinent. t'
tber, d'avoir dit « qu'il n*est pas eo k puissance du papo et 1» de l'Eglise romaine d'établir des articles de foi. »
ARNOUX
Sect. XVII. — Le même article plus bas. Toutes choses doivent êlre examinées, réglées et réformées selon la Parole de Dieu.
Oui, selon la Parole de Dieu, mais comment entendue? Notez qu'ils prétendent que le sens, par eux donné k la Parole de Dieu, soit la pierre de touche de toutes les vérités de notre créance ; carautrementon ne peut douter que la Parole de Dieu, animée du sens que TEglise lui donne, ne soit la loi qui ne peut et ne doit être contestée.
DU MOULIN
II est faux que nous prétendions que le sens par nous donné à la Parole de Dieu soit la pierre de touche. Nul de nous ne se dit interprète infaillible. Nous ne recevons au* cune interprétation de la Parole de Dieu que celle qui est tiréeiie la Parole de Dieu. Ainsi, ce ne sommes pas nous, mais la Parole de bien qui est infaillible. Au reste , dans les diosesi clairement couchées en TËcriture, et qui n*ont besoin irinterprétation , sont contenues toutes les doctrines nécessaires à salut. Par ce moyen , il n*est besoin d'interprète, au sens que se prend aujourd'hui le mot d'interprète, à saroir , pour eehii qui donne ses inlerprétati(»l8 pour lois, tels que le pape et ses prélMs se disent étre> De laquelle impiété, et comment par là les criminels se rendent juges de la loi, et les valets interprètes des commandements de leur maître, et comment ils interprètent toujours l'Ecriture i leur profit et pour servir au gain, et quelles interprétations horribles et extravagantes ils apportent à FËcriture, il a été cî-deasus.amplement traité en la section neuvième.
ARNOUX
Sbct. XVIII. — Textes eoUs en marge de la Confusion. 1 Cor. U, 1 et S: « Soyez mes iniitaiettrft comme aussi je le suis de Christ,