‹ Bouddhisme chinoisChapitre 118 sur 185 · XV. Cas choisis des deux formulaires · texte numérisé non relu

XV. Cas choisis des deux formulaires

-Su-t’i-na; j’aime l’état de moine; mais la crainte d’avoir mal agi, me tourmente... et il leur raconta son histoire. — Comment as-tu pu faire cela? lui dirent ses compagnons, alors que la voie monacale est une voie de pureté, de renoncement au plaisir même licite, d’oubli de toute soif d'amour, de toute attache à un nid 1 , de tout lien d’affection ; extinction dans laquelle consiste le nirvana. — Et les moines allèrent trouver le Bouddha, le saluèrent à l'ordinaire, se rangèrent de côté, et lui exposèrent le cas de.Su-t’i-na. — Le Bouddha qui agissait toujours d’après les circonstances, comprit que, cette fois, il fallait donner de la solennité à sa décision. Il lit réunir tous les moines, et devant eux tous, demanda à Su-t’i-na: est-il vrai que, étant moine, tu as eu des rapports avec ton ancienne femme? — C’est vrai, dit Su-t’i-na. — Alors le Bouddha chapitra Su-t i-ua du haut en bas, avec chaleur et véhémence. Ce que tu as fait, lui dit-il, c’est mal, c’est contre la règle, c’est contraire à la lui monacale, c’est une chose qu’un homme pur et réglé ne doit pas faire. Comment, ô Su-t’i-na, as-tu pu oublier la pureté et le nirvana, au point de retourner à la femme? — Puis, s’adressant aux moines, le Bouddha dit : Pour un moine, mieux vaut avoir affaire à un cobra, qu’à une femme ; car le serpent ne peut que tuer, tandis que la femme plonge dans les voies d’expiation. Que de lois je vous ai dit, avec toute l’énergie dont j’étais capable, qu'il vous faut retrancher ce genre de convoitises, éteindre cette sorte de pensées, car l’amour peut enlacer de ses liens tous ceux dont les passions sont encore chaudes. Que de fois je vous ai dit, avec nombre de comparaisons, que l'amour est dangereux pour l’homme, autant que le feu est dangereux pour la paille; comme un fruit vénéneux, comme un serpent venimeux, comme un sabre brandi, comme le pal aigu duquel on ne peut se dégager. Il souillerait de plus mon Ordre, vous ai-je dit. Et voilà que ce Su-t’i-na, étant moine, a oublié la pureté et le nirvana, jusqu’à retourner à sa femme! — Quand le Bouddha eut terminé ses invectives, il dit aux moines: Les imbéciles de l’espèce de ce Su-t’i-na ne sont pas rares. Il a été le premier à commettre ce méfait mais d’autres pourraient l’imiter dans la suite. Je prescris donc, que désormais soit inséré dans le formulaire bi-mensuel, le texte suivant: Le moine qui aura fait œuvre de chair, sera dégradé et retranché de la Communauté.

2) Alors arriva l’histoire suivante... Lemoine Pa-tchee ayant conçu du I dégoût pour sa profession, retourna chez lui, et vécut avec son ancienne épousé (sans avoir notifié sa renonciation par aucune formalité). Son ancien attrait pour la profession monacale s'étant ensuite réveillé en lui, il se dit: Le Bouddha a déclaré, en pleine assemblée, que le moine qui ferait œuvre de chair, aurait encouru la dégradation et serait retranché de la Communauté. Mais moi, quand j’ai fait œuvre de chair, je n’étais plus moine, ayant renoncé a l’être, par ennui. Donc je n’ai pas encouru la dégradation... Et il chargea quelques anciens, d’exposer son cas au Bouddha, promettant de remplir les conditions qu’on lui poserait pour le recevoir de nouveau. - Les anciens ayant abordé le Bouddha, le saluèrent à l’ordinaire, se rangèrent de côté, et lui exposèrent le cas de Pa-tchee. - Le Bouddha fit réunir tous les moines, chapitra Pa-tchee (absent) du haut en bas, et conclut: Il a mal agi, contre

1. Il \ a dans le texte, mot-à-mot. oubli de tout nid ou terrier • «etuchés, pour désigner un foyer de famille.

termes de mépris usités, parmi ces

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