XV. Cas choisis des deux formulaires
invention. — . Alors le Bouddha l’invectiva avec son ardeur (et sa faiblesse) ordinaire. Ce que tu as fait là, dit-il, c’est mal, c’est contre la régie, c’est contraire à la loi monacale, c’est indigne d’un homme pur et réglé. — Ensuite, s’adressant au chapitre, le Bouddh a dit: Pour empêcher que cet imbé* cile ne trouve des imitateurs, je prescris qu’on insère dans le formulaire, le texte suivant: Si un moine, mû par une intention lascive, met sa personne en contact avec celle d’une femme, touche sa main ou ses cheveux, ou une partie quelconque de son corps; ce moine doit confesser sa faute devant le chapitre* et être soumis à la pénitence canonique.
Nous n’en avons pas fini, avec ce vaurien de Kia-liou-t’ouo-i. Ne pouvant plus toucher les femmes, il leur parla, et s’attira une nouvelle censure, qui devint le troisième cas de pénitence. Puis il noua des amourettes, qui lui valurent une nouvelle censure, laquelle devint le quatrième cas de pénitence. Nous le retrouverons encore, dans d’autres cas. Si ce personnage n’est pas un type fictif, il faut convenir qu’il donna au Bouddha du fil à retordre, moins pourtant que les «Six gamins» avec lesquels nous ferons connaissance bientôt.
Cinquième cas de pénitence des moines.
9) Alors que le Bouddha séjournait au Mont des vautours dans le pays de Râjagriha, il y avait, dans la ville de RJjagriha, un moine nommé Kia- ; louo 1 , ancien ministre du roi. Très versé dans les intrigues mondaines, il : excellait à combiner les mariages, tel garçon avec telle fille, telle fille avec | tel garçon Dans la ville de Rijagiiha, il ne se faisait pas de mariage riche, dont il n’eût été [’entremetteur. A la prière des intéressés, il allait dans tes familles pour examiner les personnes, puis renseignait et conseillait les uns et les autres. La cérémonie faite, ceux qui avaient trouvé leur compte, lui étaient très reconnaissants, et 1^ louaient en disant, c’est Kia-louo qui a fait notre bonheur; ils faisaient aussi des largesses aux moines. Mais ceux qui n’avaient pas trouvé leur compte, lui en voulaient, et récriminaient contre lui en disant, c’est Kia-louo qui a fait notre malheur; ils fermaient aussi leur porte aux moines. — Les membres des autres sectes jasaient aussi sur les bonnes œuvres de Kia-louo. Ils disaient malicieusement, à qui voulait l’entendre: Si vous désirez faire un mariage riche et bien assorti, adressez- | vous aux moines disciples du Bouddha, ils sont vraiment doués d’un flair l particulier, pour apparier les gens, tel garçon avec telle fille, telle fille avec tel garçon. — Ces propos étant venus aux oreilles des moines morigénés, ils i en furent ennuyés, grondèrent Kia-louo, puis portèrent son cas à la connaissance du Bouddha. — Celui-ci convoqua le chapitre, et demanda à Kia-louo,
: si ce qu’il avait appris de lui, était vrai. — C’est vrai, dit Kia-louo. — Alors le Bouddha le chapitra, avec chaleur et véhémence. Ce que tu as fait là, lui dit-il, c’est mal, c’est contre la règle, c’est contraire à l’esprit monastique, c’est une chose qu’un homme pur et réglé ne doit pas faire. Que de fois n’ai-je pas dit, qu’un moine doit éteindre ses convoitises? et voilà que toi tu attises celles des autres ! — Ensuite le Bouddha dit au chapitre: Four que j personne n’imite j)ar la suite cet imbécile de Kia-louo, j’ordonne qu’ou
i 1. C’est le Kia-Ieou du numéro quatre de cette- série. Vivante de translaté ration.
X T. Cas choisis des deux formulaires.