XV. Cas choisis tics deux formulaires
sa porte un repas plus que médiocre. Le morne Ts'eu-tLse persuada, queTap'ouo le Malta avail secrètement fait avertir le notable-. Ceux que l’intendant aime, sont bien reçus et bien nourris, se dit-il; tant pis pour ceux qu’il n’aime pas. Comment a-t-on pu contrer cet office, à un homme aussi partial? — Survint la nonne Ts’eu, propre sœur du moine Ts'eu-ti. EJ le- alla faire visite à son frère, lui demanda s’il allait bien, s’il n’avait rien à souffrir, et le reste... Le moine Ts’eu-ti gardait un morne silence... Qu’ai-je fait, que tu ne me parles pas?1 demanda la nonne à son frère... Que te dirai-je? lit celui-ci. Ta-p’ouo le Mal la me persécute. Ne pourrais-tu, pas m'aider à me débarrasser de lui?.. Comment cela? demanda la nonne... Voici, dit le moine. A.ccuse-le, en plein chapitre, de t’avoir fait outrage. Tu diras ainsi :« Que le vénérable chapitre daigne m’entendre. Cela n'est pas bien! Cela n’est pas juste ! Je ne m’attendais pas à pareille chose! Il est sorti du feu de l’eau! Tâ-p’ouo le- Mallu m’a outragée*.» Sur cette accusation, le chapitre devra le dégrader, et je serai débarrassé de Lui. — Pas difficile* dit la nonne ; je ferai ainsi. — Elle- se rendit donc au chapitre, et porta, plainte contre Ta-p’ouo le Malla, dans les termes que son frère IuL avait enseignés. — Or Ta-p’ouo était assis non loin du Bouddha. Entends-tu ce quelle dit? lui demanda celui-ci. — Je l’ai entendu, dit Ta-p’ouo ; mais vous savez ce qui en est. — Dans ces conjonctures, dit le Bouddha, cette réponse ne peut pas suffire. Parle catégoriquement. — Alors Ta-p’ouole Malla s’étant levé, découvrit son épaule droite, fléchit le genou, joignit les mains, et dit devant le Bouddha, avec solennité : Depuis ma naissance, même en rêve, je n’ai eu affaire à aucune femme. Je n’ai pas fart, ce que cette nonne dit. — Bien, bien! dit le Bouddha*. Tu as parlé comme il fallait parler, Ta-p’ouo.... Puis, s’adressant au chapitre, le Bouddha dit: Examinez sévèrement le moine Ts’euti1. Voyez s’il n’a pas fait calomnier délibérément un homme irréprochable. S’il l’a fait, il est coupable d’une grande faute. — Les moines interrogèrent Ts’eu-tf, comme le Bouddha leur avait dit. N’aurais-tu pas fait calomnier délibérément cet homme irréprochable? Si tu l’as fait, tu es coupable d’une grande faute. — Ils le pressèrent tant et si bien, que le moine Ts’eu-ti dut entrer dans la. voie des aveux. Quand je vins à Mjagriha, dit-il, je fus mal logé. Là où j’allai quêter, je fus mal traité. J’imputai au vénérable Ta-p’ouo ces mécomptes. Si j’étais de ses amis, me dis-je, les choses se passeraient autrement. Je sais bien qu’il n’a pas fait, ce dont il a été accusé. — Les moines réglés furent très scandalisés de cette révélation. Tu l’as donc vraiment fait calomnier, par esprit de vengeance, lui dirent-ils; et ils portèrent le résultat de leur enquête à la connaissance du Bouddha. — Celui-ci convoqua le- chapitre, et couvrit Ts’eu-ti d’imprécations. Ce que tu as fait là, lui dit-il, c’est mal, c’est contre la règle,, c’est contraire à l’esprit monastique, c’est une chose qu’un homme pur et réglé ne fait pas. Homme sans vertu, lu as vilement calomnié uu homme de vertu !. — Puis, s'adressant aux moines, le Bouddha dil: Deux sortes d’hommes descendant aux enfers la tête en bas; à savoir, les hypocrites qui simule ni la vertu qu’ils n’ont pas, et les calomniateurs qui dénigrent la vertu qu’ont les autres. — Revenant ensuite au moine Ts’eu-ti, le Bouddha le couvrit à nouveau des pires invectives, puis dit à l’assemblée: De peur que plus tard il ne s’en trouve qui osent imiter cet imbécile, j’ordonne qu’on insère dans le formulaire le texte suivant: Si un moine, par ressentiment et
1. Le texte chinois ne dit mot du sort de la nonne Le texte pâli dit qu’elle fut immédiatement dégradée, puis qu’on procéda contre son frère.
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