XV. Cas choisis des deux formulaires. dül
marchandage sur les mois) un mois, dit Bhadrika. — Un mois, dit Anuruddha, c’est un trop long delà*. La vie de l’homme est si incertaine. — Dans sept jours, dit Bhadrika. — Va pour sept jours, dit Anuruddha. — Les jeuues gens du clan Sikya décidés à entrer dans l’Ordre, employèrent ces sept jours à épuiser tous les plaisirs. Enfin, quand le moment fut venu, Anuruddha, Bhadrika, Nandi, Kimbila, Sunanda, Bhanan la, Ânanda, Devadatta, et leur barbier Up:ili,neuf en tout1 , s’étant baignés parfumés et vêtus magnifiquement, montèrent sur des éléphants et des chevaux, et sortirent de la ville de Kapilavastu. En les voyant passer, le peuple se dit: Ils vont s’amuser dans le parc. — Cependant les jeunes Sikya étant arrivés à la frontière, descendirent de leurs montures, ôtèrent leurs riches parures, et donnèrent le tout à Upâli, en lui disant: Nous allons nous séparer. Prends ceci. Tu as là de quoi vivre en paix le reste de tes jours... Cela dit. les jeunes Sikya passèrent la frontière. — Cependant Upàli pensa en lui-même: Avec ces dons, j’aurais de quoi vivre en paix le reste de mes jours. Mais j’ai toujours été attaché à ces jeunes gens. Ils vont se donner au Bouddha par esprit de foi. Pourquoi n’en feraisje pas autant? Ce qu’ils obtiendront, je l’obtiendrais aussi i. — Cela dit, Upàli enveloppa les riches parures dans une toile, qu’il suspendit à une branche d’arbre, en disant: Que ces objets soient à qui les trouvera!.. Il alla ensuite rejoindre les Sâkva, et leur dit: J’ai toujours vécu avec vous. Vous quittez le monde par esprit de foi; je veux faire comme vous. Ce que vous désirez obtenir, moi aussi je le désire. — Ils allèrent donc tous les neuf se présenter au Bouddha, se prosternèrent à ses pieds, puis s’étant rangés de côté, ils lui dirent : Vénérable, nos parents nous ont permis de quitter le monde. Nous vous demandons de nous retirer du monde. Veuillez recevoir Upâli le premier, pour humilier notre orgueil. — Le Bouddha accéda à leurs désirs. Il reçut d’abord Upâli, puis les autres, et passa avec eux la saison des pluies, durant laquelle tous atteignirent des degrés supérieurs de contemplation, Devadatta obtenant aussi des pouvoirs transcendants. — Or Bhadrika qui s’était retiré dans un lieu désert, où il vivait dans un creux sous un arbre, cria un jour, dans sa méditation matinale «ô mon bonheur! ô mon bonheur!» — Les moines qui l’entendirent, se dirent: Cet homme était très heureux dans le monde. Maintenant, dans sa solitude, il regrette son bonheur passé. — Ils allèrent trouver le Bouddha, le saluèrent d’après les règles, puis lui firent leur rapport sur Bhadrika. Le Bouddha députa un moine, pour l’appeler en son nom. Le moine s’étant rendu à l’ermitage de Bhadrika, lui dit: le Vénérable t’appelle. Bhadrika se rendit aussitôt à l’appel du Bouddha. Après l’avoir salué, il se rangea de côté. — Le Bouddha qui connaissait le fond de son cœur, lui demanda: Est-il vrai. Bhadrika, que, dans ta solitude, àvant le jour, tu as crié «ô mon bonheur! ô mon bonheur! » — C’est vrai, répondit Bhadrika. — Pourquoi cela? demanda le Bouddha. — Voici pourquoi, dit Bhadrika. Jadis, quand j’étais riche et puissant, il me fallait vivre entouré d’une garde armée, malgré laquelle je n’étais pas tranquille, craignant toujours qu’un ennemi n’attentât à ma vie. Maintenant, dans ma solitude, dans un creux, sous un arbre, je vis dans la paix la plus profonde, sans que la moindre inquiétude fasse hérisser un seul poil de mon corps. C’est le souvenir de tous les soucis dont je suis délivré, qui m’a fait crier « ô mon bonheur! ô mon bonheur!» — C’est bien Bhadrika, dit le Bouddha. Dans notre
1 II y a dans le pâli, scpl en Kjut. — 2.. Le pâli esl t •> u l différent.