XV. Cas choisis des d'eux formulaires
tout. Ainsi, se dit-il, on ne saura pas qui a fait le coup ' . — Or le Bouddha
Ise tenait à l’entrée d’une caverne, au pied du Mont des vautours. Il sentit qu’il allait expier* une faute commise dans quelqu’une de ses existences, et ne chercha pas à éluder son destin. — Comme les deux premiers sicaires envoyés par Devadatta approchaient, ces hommes se dirent entre eux: nous allons le tuer. Aussitôt ils furent comme cloués au sol. S’il est si puissant que cela, se dirent-ils, nous ne le tuerons pas. Aussitôt ils retrouvèrent la liberté de leurs mouvements. — Quand ils virent le Bouddha calme et majestueux comme un dragon ou un éléphant au repos, l’esprit limpide comme une eau filtrée, ils furent émerveillés, déposèrent leurs sabres, se prosternèrent à ses pieds, puis se rangèrent de côté pour écouter ses instructions. Le Bouddha leur fit un excellent discours, les réjouit, les encouragea à la bienfaisance et à l’observance, leur promit qu'ils renaîtraient dans les cieux des devas s'ils se préservaient des convoitises et de l’impureté. Les deux sicaires furent convertis sur place, purifiés de leurs souillures, illuminés j d'esprit et échauffés de cœur. Ils embrassèrent la foi; mirent leur confiance dans le Bouddha, sa Loi, son Ordre; se déclarèrent adeptes, renonçant pour toujours à tuer et à s’enivrer. Quand il les congédia, le Bouddha leur dit: retournez, non par le chemin qu’on vous a dit, mais par celui par lequel vous êtes venus. — Ils firent ainsi, évitèrent les meurtriers apostés pour les tuer, revinrent trouver Devadatta, et lui dirent: Le Bouddha est doué d’une telle puissance, que nous n’avons pas pu le mettre à mort. — J’ai eu tort de me fier à vous, fit Devadatta; comment, à deux, vous n’avez pas pu tuer
un homme?!. Après beaucoup d’injures, il les chassa de sa présence.
Emporté par sa haine, Devadatta se rendit lui-même au Mont des vautours, escalada la cime, et détachant une roche, la fit rouler sur le Bouddha. Elle allait l’écraser, quand un deva la saisit et la replaça sur la cime3. Mais un I éclat détaché de la roche, atteignit un orteil du Bouddha*, qui fut blessé et
(saigna 4 . Levant la tête, le Bouddha cria à Devadatta: Personne n’a jamais fait pareil outrage à Gautama. Puis il rentra dans la caverne, étendit par
«terre sa robe pliée en quatre, se coucha dessus sur le flanc droit et joignit les pieds, comme un lion blessé, étouffant sa douleur. — Craignant que I Devadatta ne renouvelât sa tentative, les moines s’armèrent de bâtons et de pierres, et firent des patrouilles devant la caverne, en poussant de grands cris. Le Bouddha se leva, sortit et les fit taire, en leur disant: ne hurlez pas ainsi, comme des pécheurs qui rabattent le poisson. — Devadatta en veut â votre vie, dirent les moines; c’est pour vous défendre, que nous montons la garde. — Rentrez chez vous, leur dit le Bouddha. Jamais un Bouddha ne 1 s'est fait garder. Car le destin d’un Bouddha, est au-dessus de tous les
I îdtenlats. Cependant, au chapitre, le Bouddha dit aux moines: Députez
I Saiiputra pour dire aux laïques (de Rijagriha), que Devadatta n’a plus rien j ne commun avec le Bouddha, et que ceux qui adhéreront à lui, sont ses disciples et non ceux du Bouddha. — Comment pourrai-je leur dire cela, fit Su’iputra; moi qui leur ai tant de fois fait, de Devadatta, les plus pompeux éloges; qui ai loué la sortie du monde de ce noble personnage, son intelligence de la Loi. ses dons transcendants, sa modestie, sa vertu? — Tu diras, lui dit le Bouddha, que Devadatta fut vraiment ce que lu as dit de lui,
f. Le texte pâli 'diffère notablement. — '2. Par la blessure de Son orleil.
3. Le pâli est tout différent. — t Expiation pour une faute commise flans une précédente existence.