XV. Cas' choisis des deux formulaires
Tous ceux qui, â Srâvaslï, étaient hostiles au Bouddhisme, en firent des gorges chaudes. On maudit l’avarice des moines, qui allait jusqu à faire subir une grosse perte à un pauvre artisan. On parla de leur défendre l’accès des maisons, de ne plus les saluer, etc. — Les lions moines s'affligèrent, grondèrent Pa-nan-t’ouo, déférèrent son cas au Bouddha, lequel se fâcha et légiféra. Ainsi fut ajouté au formulaire le dixiéme cas de transgression (page 2o.j).
Dix-huitième cas do transgression de la pauvreté monacale.
24) Alors que le Bouddha résidait près de Rajagriha, au couvent du Mont des vautours, il y avait dans la ville un ministre du roi, depuis longtemps ami intime de Pa-nau-l’ouo (le même que dans le numéro précédent, probablement). Quelqu’un lui ayant fait don d’un beau quartier de porc, le ministre dit à sa femme d’en réserver une part, pour son ami le moine Pa-nanl’ouo, quand il viendrait quêter le lendemain. — Or il y avait alors fête à Rajagriha. On chantait la comédie durant toute la nuit, le peuple se privant de dormir et de manger, pour assister au spectacle. Le fils du ministre rentra xers le matin, harassé et affamé. Reste-t-il de la viande? demanda-t-il. — Il ne reste, dit la mère, que la part mise de côté pour Pa-nan-t’ouo le Sâkya. — Voici de l’argent, dit le fils; quand il fera jour, fais acheter de la viande pour ce moine; donne-moi ce qui reste. — La mère prit l’argent, et lui donna ce qui restait de viande. — Or Pa-nan-t’ouo arriva de très grand matin. La femme du ministre lui dit; Vénérable, mon maii m’avait fait mettre de côté une part de viande pour vous; mon tils l’a mangée, au retour du théâtre; il m’a remis cette pièce d’argent (demi-taël), pour vous acheter d’autre viande ; attendez un instant, je vais envoyer au marché. — Ns prenez pas cette peine, «lit Pa-nan-t’ouo. Puisque l’argent rn’a été destiné, donnez-le-moi. Je ferai l’achat moi-même. — La femme du ministre déposa l’argent par terre1 . Panan-t’ouo le ramassa, alla le placer dans une boutique, puis s’en fut quêter ailleurs. — La chose fut ébruitée, et fit beaucoup parler (étant contraire aux usages des ascètes de toutes les sectes). — Or le roi tenait justement sou conseil. Il paraît, dit un ministre, que les nouveaux moines, les disciples du Bouddha, ac optent de l’or, de l’argent, du billon, des objets précieux; ils n’ont donc pas renoncé à ces choses. — Ne dites pas cela, dit un autre ministre; je sais pertinemment, pour l’avoir entendu de sa bouche, que le Bouddha a interdit à ses disciples d’accepter de l’or, de l’argent, du billon, des objets précieux, et les a obligés à renoncer à toutes ces choses. — Après la séance, le ministre qui avait défendu le Bouddha, alla le trouver, lui raconta l'histoire de Pa-nan-t’ouo, les propos tenus au conseil royal, et son apologie de l'Ordre. Grâce à moi, dit-il, ce fait n'aura pas de conséquences fâcheuses. — Merci, lui dit le Bouddha; j’espère qu’il aura même des conséquences heureuses, en faisaut mieux connaître ma règle. Sachez qu'il est absolument
1. C’est ainsi que l’on fait en Chine, le rituel défendant absolument à nn homme et à une femme, de se passer quoi que ce soit, de la main à la main. Ta coutume indienne est-elle identique, ou avons- nous ici un cas d ’adaptation par lés-traducteurs chinois? Je ne sais.