XV. Cas choisis des deux: form niai res. 4i
'mot, ce que le Brahmc lui avait dit... Il attend votre réponse, conclut-il. — Dis- lui, dit le Bouddha, qu'il fa>se cette nuit une bouillie de toutes les provisions qui restent. Demain matin je permettrai aux moines de la manger. — Ânanda rapporta au Brahme les paroles du Bouddha. Celui-ci se mil aussitôt à l’œuvre II prépara d’abord des pains, avec le reste de la farine. Ensuite il fit de tout le reste, beurre, lait, huile, sésame, gingembre, etc., une bouillie substantielle, qui fut prête de grand matin — Quand ils virent de quels ingrédients elle était faite, les moines n’osèrent pas l’accepter... Je vous permets d’accepter désormais n’importe quelle bouillie, dit le Bouddha, sans vous occuper de quoi elle est faite. — Les moines n’ayant pas osé accepter les pains, le Bouddha leur permit aussi d’accepter n’importe quel pain. — Quand les bonnes âmes du pays de Anipb.da eurent appris que le Bouddha n’avait pas condamné ses moines au seul riz. arrosé de carry, mais qu'il leur avait permis de manger du pain et n’importe quelle bouillie, elles furent très contentes. Nous pourrons ainsi, se dirent ces bonnes gens, acquérir de plus grands mérites. Et il se mirent à préparer, à l’envi, des bouillies plus substantielles les unes que les autres. — Or un fonctionnaire dont la foi n’avait pas jusque là été très ferme, se prit aussi du désir de travailler à son bonheur par l’aumône. Pour faire mieux que les autres, au lieu de bouillie, il prépara un ragoût de viandes, une écuellée pour chaque moine, puis les fit tous inviter à venir manger chez lui. Les moines qui avaient déjà accepté pour ce jour-là les bouillies des autres bienfaiteurs, acceptèrent encore le ragoût de ce fonctionnaire. — De grand matin, ils se bourrèrent de pain, et de divers amalgames, épais et substantiels. Puis ils allèrent chez le fonctionnaire. Celui-ci leur servit son ragoût. — Mais toute puissance a ses limites. Impossible d’y faire honneur. — N’y comprenant rb-n, le fonctionnaire vanta sa cuisine. Ce que je vous offre, dit-il, c’est un ragoût de première qualité Il y en a une pleine écuellée pour chacun. N’allez pas me refuser, parce que j’ai eu jusqu'ici la réputation de n’être pas très dévot. Si vous mangez bien, je le serai davantage. — Ne vous méprenez pas, gémirent les moines. C’est que nous n’en pouvons plus, tant nous avons déjà absorbé de bouillie. Ce n’est pas dédain, c’est impuissance. Excusez-nous! — Le fonctionnaire trouva la chose peu édifiante, et ne se gêna pas pour le dire. II alla même trouver le Bouddha, qui était resté au couvent, et lui demanda, de très mauvaise humeur: Somme toute, nourrir vos moines, est-ce une bonne œuvre ou non? — Nourrir les moines, dit le Bouddha, c’est toujours bien fûre. Cette aumône est très méritoire. Elle fait renaître dans les cieux. .Chaque bouchée offerte à un moine, te rapportera un bonheur sans mesure... Et, parlant de là, le Bouddha prêcha le fonctionnaire, lui exposa la vertu des bonnes œuvres, les félicités célestes, la rémission des fautes, l’extinction des désirs, la 'délivrance et le salut. — A ce discours, la colère du fonctionnaire se calma, son cœur fut purifié, son aveuglement fut dissipé. D’adepte tiède, il devint adepte fervent; donna sa foi au Bouddha, à sa Loi, à son Ordre; promit do ne plus, ni tuer, ni boire; et s’en retourna. — Cependant le Bouddha convoqua les moines en chapitre, et leur dit leur fait. En vous gorgeant ainsi, ditil, vous avez mal agi, contre la régie, et contre la décence monacale. Imbéciles! Comment avez-vous osé, après vous être bourrés de bouillie, accepter encore une invitation à dîner ? Désormais que personne n’accepte plus uu second repas, après en avoir ingéré un premier. J’ordonne qu’on insère au formulaire le texte suivant « Si un moine, après avoir mangé ici, mange