‹ Bouddhisme chinoisChapitre 180 sur 185 · XV. Admission . Empêchements · texte numérisé non relu

XV. Admission . Empêchements

Alors que le Bouddha séjournait au couvent du Jetavana près Srjvasti, lo meilleur général du roi Prasenajit se présenta comme poslulant, et fut reçu par les moines. Ensuite une révolte ayant éclaté dans les états du roi, celui-ci envoya contre les rebelles une armée qui fut défaite. Une seconde eut le mémo sort. — Qu’est devenu mon meilleur général? demanda alors le roi. — Il s’est lait moine du Bouddha, fut la réponse, — I.e roi. pourtant si favorable a l’Ordre, s’emporta cette fois contre ces moines, qui accaparaient tout, hommes et choses. — Le Bouddha l’ayant su, défendit d’admettre désormais les gens du roi.

I.e Bouddha ayant passé par la ville de Râjagriha, le roi du Magadha, Bimbisüra, üt savoir à tout son peuple, que ceux de ses sujets qui voudraient embrasser la loi du Bouddha, pour se tirer de la métempsycose, étaient libres, de le faire. — Un esclave ayant ouï la proclamation, se présenta comme postulant et fut reçu. Un jour qu'il quêtait , son maître le reconnut et l’appréheDda. — Lâchez-moi î cria le moine. — La foule s'attroupa. — C’est mou, esclave, criait le maître. — Je suis moine, criait l’esclave. — Làche-le, dirent les notables au maitre; car, si lu le réclames devant les juges, ceux-ci tu donneront tort, à cause de la proclamation du roi, laquelle est conçue eu termes généraux. — Le maitre lâcha donc l’esclave, mais en lançant des imprécations et en hurlant de rage. — L’affaire ayant été portée à la connaissance du Bouddha, celui-ci défendit de recevoir aucun esclave, pour éviter que pareil esclandre ne se renouvelât.

Un voleur ayant réussi à s’échapper de la geôle, alla droit à un couvent, et s’offrit comme poslulant. Il fut reçu. Les limiers royaux qui cherchaient partout le fugitif, finirent par découvrir qu'il était moine dans tel couvent. Les juges avertis ne l'inquiétèrent pas, mais ils parlèrent en termes méprisants, des moines du Bouddha, qui recevaient pareilles gens. Qui se ressemble s’assemble; ces moines doivent être tous d.es voleurs, dirent-ils. — Le Bouddha, informé, défeudit de recevoir aucun voleur.

Un débiteur poursuivi pour dettes, se réfugia dans un couvent, et s'y fit recevoir moine. Un jour qu’il quêtait, son créancier le reconnut et le saisit. Quand on sut ce dont il s’agissait, ou l’obligea à le lâcher, encore â cause delà généralité des termes de la proclamation dn roi Bi moisira, qui n’avait excepté aucune sorte de personnes. Mais le Bouddha averti, défendit de recevoir à l’avenir des sujets endettés.

Un eunuque s’étant présenté- comme postulant,, fut reçu par les moines. Bientôt ses ignobles passions se réveillèrent ‘ . Il tenta les moines. Ceux-ci l’ayant repoussé avec horreur, il s’adressa aux novices, aux gardiens d.u couvent, sans plus de succès. Enfin, portant l’habit de moine, il alla se satisfaire avec des bergers, qui gardaient un troupeau prés du couvent. On le vit, et on parla de l’événement, bien entendu. — L’affaire ayant été portée â la connaissance du Bouddha, celui-ci déclara qu’un eunuque ne pouvant pas faire honneur à son Ordre, ne devait pas être reçu, et qu’il fallait môme expulser ceux qui auraient déjà été reçus

4. Quoique, dans l’Inde et dans la Chine, la castration soit totale, le sens génésique n’es* pas éteint fbex to eunuques, qui ont le plus souvent été opérés après la puberté. Ils se livrent à la sodomie, jouant le role passif

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Comme le Bouddha passait par le pays de Bénarés, le roi des serpents ( nâga) Chan-kien, ennuyé de cette forme inférieure, pensa à ce qu’il pourrait bien faire pour s’élever dans l’échelle des êtres. 11 ne vit rien de mieux, que de se faire moine du Bouddha. S'étant donc donné 丨 ’apparence d’un jeune homme, il alla au couvent et se présenta comine postulant. Les moines le reçurent, et il fut logé dans une cellule, avec» un autre moine. — Or tous les êtres transformés ( serpents, renards, et autres), reprennent leur forme naturelle, quand ils dorment profondément. Le compagnon du nâga étant sorli, celui-ci en profita pour faire ud somme. Dès qu’il fut endormi, il redevint serpent énorme. Les replis de son corps emplirent la cellule, refoulèrent la porte et la fenêtre. 一 Quand le compagnon revenu voulut rentrer, il se trouva en présence de celte masse. Epouvanté, il cria: au serpent! au serpent! — Ces cris firent accourir les autres moines, mais réveillèrent aussi le nâga, qui reprit aussitôt l’apparence d’un jeune moine assis et méditant. Entrevoyant le mystère, les Anciens lui demandèrent: qui es-tu? 一 11 déclina franchement sou identité, et exposa son but et son espoir. 一 Les moines interrogèrent le Bouddha. Celui-ci répondit: ceux qui expient dans des corps de bétes, sont provisoirement impropres à mon Ordre. Qu’on n’eu reçoive jamais, et qu’on renvoie ceux qui auraient déjà été reçus.

Un jeune laïque ayant délibérément tué sa mère, était dévoré de remords. Comme il se demandait avec anxiété comment il pourrait se délivrer de l'anathème qui pesait sur lui par suite de ce crime, la pensée lui vint de se faire moine du Bouddha.

Il se présenta donc. Les Anciens l'avaut examiné, il avoua franchement

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