XV. Saison des pluies
son crime, et déclara son but et son espoir. — Les moines crurent devoir prendre l’avis du Bouddha. Celui-ci leur dit: quiconque a tué sa mère, n'est pas apte pour mon Ordre. Je défends de recevoir pareilles gens. — Un autre jeune laïque, qui avait délibérément tué son père, et qui s’élait présenté comme postulant dans le même espoir que le précédent, fut évincé de même.
Comme une bande de moines revenait de Kosala, ils passèrent prés d’un ermitage délaissé. L’un des moines, le montrant du doigt, dit aux autres: ici demeura jadis l’ermite un tel, un arhan, qui fut assassiné par des brigands; je le sais bien, car j’en fus. — Les moines, ayant porté le cas de cet assassin à la connaissance du Bouddha, celui-ci le fit expulser* et défendit de recevoir quiconque aurait versé le sang d’un arhan.
Après que Devadatta eut fait schisme avec la Communauté, (sans doute pour empêcher qu’il ne fut reçu de nouveau par les intrigues de ses secrets partisans), le Vénérable U pâli se leva en plein chapitre, salua le Bouddha d’après le rituel le plus solennel, et lui posa la question suivante: Un homme qui a méchamment versé le sang d’un Bouddha (Devadatta, page 375), peut-il être reçu dans l’Ordre? — Non, dit le Bouddha; un pareil postulant ne doit absolument pas être reçu ; le moine qui aurait commis ce crime, devrait être expulsé.
Il arriva qu’un moine se trouva changé en femme. — Faut-il l’expulser? demandèrent les Anciens. — Non, dit le Bouddha. Faites-le passer dans la communauté des nonnes, où les années qu’il a passées comme moine, lui compteront pour l’ancienneté. — Même solution pour une nonne qui se trouva changée en homme. Le Bouddha la fit passer chez les moines.
Il arriva qu’un moine se trouva transformé en un être hermaphrodite, ni homme ni femme, homme et femme tout ensemble. — Qu’en faire? demandèrent les Anciens. — Benvoyez-le, dit le Bouddha. — II donna la même solution, pour une nonne qui avait subi une transformation semblable. — Car cês êtres anormaux, ne pouvaient être casés dans aucune des deux communautés.
Institution de la vie sédentaire et commune obligatoire, durant les- 90 jours de la saison des pluies
Varshü-vasana, en pâli Vassa.
?i) Le Bouddha n'avait d’abord déterminé aucune régie pour les pérégrinations de ses moines mendiants. Les moines erraient par le pays, en toute saison, usant leurs effets, écrasant les insectes et les herbes. — Les notables s’indignèrent de ce mépris pour la vie des petits. Les Brahmanes, et membres des autres sectes, ne font pas ainsi, dirent-ils; ils ne sortent pas. durant toute la saison des pluies. Même les oiseaux ont un temps durant lequel ils