‹ Bouddhisme chinoisChapitre 182 sur 185 · XV. Institution des nonnes · texte numérisé non relu

XV. Institution des nonnes

habitent leur nid. Le vagabondage incessant de ces gens-là, n’est pas édifiant. — Ces critiques ayant été portées à la connaissance du Bouddha, celuici institua l’obligation de se réunir, par petits groupes, dans l’asile prété par un bienfaiteur, pour y passer chaque année les ‘JO jours de la saison des pluies. (Comparez page 155.)

Institution des nonnes.

72) Premier acte. — Eu ce temps-là, le Bouddha étant retourné vers Kapilavastu le pays où il était né, s'arrêta non loin de la ville, sous un grand arbre (ficus indica). Son vieux père (Suddhodana) ayant appris son arrivée, sortit à sa rencontre et se prosterna devant lui. Le Bouddha le réconforta et l’illumina par ses excellentes instructions. Alors son père lui demanda à être reçu comme adepte. Séance tenante, le Bouddha lui permit d'embrasser les cinq préceptes (page t47). Puis il l’encouragea et le consola encore, par ses pieux discours. — Quand Suddhodana fut rentré dans son palais, il fit crier par trois fois, que tout membre de sa maison qui voudrait embrasser la loi du Bouddha, était libre de le faire. — Alors Prajüpati Gautamî, femme du roi Suddhodana, sœur de la mère du Bouddha (Maya ) et mère nourricière de celui-ci, résolut d’embrasser la Loi avec toutes ses femmes. Prenant deux habits neufs, elle alla trouver le Bouddha, se prosterna, et lui dit: Vénérable, voici deux habits que j’ai tissés moi-même; veuillez les accepter. — Donnezles à mon Ordre, dit le Bouddha; le mérite de votre don sera ainsi plus grand. — Prajâpati ayant insisté pour que le Bouddha les acceptât, celui-ci dit: Donnez-les à la Communauté, dont je fais partie. — Prajâpati ayant insisté une troisième fois, le Bouddha accepta pour lui-même l’un des deux vêtements, et fit donner l’autre à sa Communauté. — Après le présent, vint la requête (c’est la mode orientale). Je vous prie, dit Prajâpati au Bouddha, d'admettre les femmes dans votre Ordre. — Le Bouddha sursauta. Plus un mot! plus un mot! dit-il. Jamais aucun Bouddha passé, n’a admis des femmes dans son Ordre. Que les femmes soient adeptes dans leur particulier, cela se peut; mais qu elles soient nonnes vivant en communauté, cela ne s’est jamais vu. Je t’admets au rang d’adepte. N’en demande pas davantage! — Prajâpati réitéra sa prière trois fois de suite. Le Bouddha refusa trois fois de suite. Enfin Prajâpati se retira, en pleurant à chaudes larmes.

Deuxième acte. — Le Bouddha étant reparti de Kapilavastu avec 1250 moiues (après la mort de sou vieux père), Prajüpati (maintenant veuve) se

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mit à sa suite, avec 500 femmes et filles (concubines de feu Saddhodana, suivantes, etc... y compris Yasodhara, la femme abandonnée, du Bouddha, mère de Bàhula). Toutes s’étaient rasé la tête, et avaient revèlu l’habit. Kites suivirent la troupe des moines, à pied et en p'euraut, étape par étape. — Le Bouddha s’arrêta dans un couvent près de Sravastl. Prajâpali et les femmes qui l’accompagnaient, se couchèrent à la porte du couvent, et pleurèrent toute la nuit. — Le lendemain, au jour, quand Âuanda sortit et vit cette bande de femmes éplorées, il leur demanda ce qu’elles voulaient .. Être munies, direntelles. Hélas! le Bouddha ne veut pas de nous. Voilà pourquoi nous pleurons. Ayez la bonté d’intercéder pour nous. — Ànanda alla trouver le Bouddha, b*, salua, et lui présenta la requête de Prajâpali et de ses femmes. — Tais-toi, Ananda! lui dit le Bouddha. — Mais Âuanda ne se tut pas... Quand vous n’aviez encore que quelques jours, dit il au Bouddha, votre mère* çMâyu i mourut. Prajâpali sa sœur, vous nourrit de son lait. Avez-vous le droit de rebuter une bienfaitrice aussi insigne? — Je l’ai reçue comme adepte, dit le Bouddha. Je l’ai mise ainsi dans la voie de la délivrance. N’est-ce pas là avoir assez payé ses bienfaits?.. C’est tout ce que je puis faire pour elle. Jo ne veux, pas de nonnes. — Les femmes peuvent-elles, par les exercices des moines » obtenir comme ceux-ci le fruit de la Loi? demanda Âuanda. — EJ les le peuvent, dit le Bouddha. — Si elles peuvent obtenir le fruit de la Loi comme les. moines, repartit Àaanda, je ne vois pas pourquoi vous ne voulez, pas de nonnes. — Le Bouddha était vaincu. Avant de consentir, il édicta les huit points, qui seraient une barrière, pensa-t-il, contre les empiétements qu’il, prévoyait; à savoir, l’exhortation bi-mensuelle par un moine (page ill,, contradiction)... la défense de passer la saison des pluies dans un district dépourvu de moines, et le redressement des nonnes par les moines à la lin de celte saison... le stage de deux ans avant la réception comme nonne, et l’admission par les deux chapitres des nonnes et des moines... la défense à toute nonne d’insulter ou de dénigrer aucun moine; la défense à toute norme de censurer aucun moine, avec l’obligafion d’accepfer les censures de tout moine... l’infliction de la pénitence canonique, et le relèvement de cette pénitence, par les deux chapitres des nonnes et des moines. . l’obligation, pour toute nonne, eut-elle cent ans, de saluer comme son supérieur le plus jeune des moines. (Comparez la forme définitive de ces huit points, dans le Rituel, page 415.) — Ànanda porta ces conditions à Prajâpali, qui les accepta avec enthousiasme. Elle revêtit aussitôt l’habit de nonne qu’elle avait préparé d’avance, entra dans le couvent, salua le Bouddha, et le remercia en cos termes: Je me sens heureuse, comme si j’étais plongée dans un bain délicieux, ou couronnée de Heurs suaves... Puis, posant ses deux mains sur sa tète, elle ajouta: Avec joie, A Vénérable, je m’impose votre Loi.

Troisième acte. — Après cette démonstration- officielle, Prajîpali dit en particulier à Ànanda: Dites donc au Vénérable, que c’est tout de même un peu fort, qu’une nonne centenaire doive révérence à un tout jeune, moinillon. Demandez-lui, de ma pai t, que le degré d’ancienneté règle les hommages entre membres des deux communautés, comme il les règle dans chacune des deux communautés. — Le bon garçon qu'était Ànanda, accepta et fit la commission de la tante. — Non! dit le Bouddha, il n’en sera pas ainsi. Il y a une distinction essentielle, une barrière infranchissable, entre la femme

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