‹ Bouddhisme chinoisChapitre 183 sur 185 · XV. Institution des nonnes · texte numérisé non relu

XV. Institution des nonnes

el l'homme. Je le prouve. Une femme ne peut pas renaître dans les cieux, comme Indra, Mâra, ou Brahma; ni sur la terre, comme Roi universel, ou comme Bouddha 1 . Ah! Ànanda, ceci n’est que le commencement de leurs prétentions. Si je n’avais pas admis de nonnes, ma Loi aurait duré intacte durant mille ans. Puisque je lésai admises, dans cinq siècles ma Loi tombera en décadence. Jamais une famille ayant beaucoup de lilies n’a prospéré. 11 en sera de même de mon Ordre. Les nonnes seront le principe de sa décadence et de son extinction Oui, reprit le pauvre homme, quand il eut

repris haleine, si je n’avais pas admis de nonnes, après mon nirvana (décès), les bienfaiteurs et bienfaitrices auraient été nombreux et généreux. Ils auraient couru après les moines, en criant: Vénérables, ayez pitié de nous, permeltez-nous de nous faire du bien, en vous en faisant, en vous nourrissant, en vous habillant... Ils les auraient tirés par le bras, comme de force, dans leurs maisons, en leur disant: Vénérables, faites-moi la charité de vous asseoir chez moi, de loger chez moi; que ma maison jouisse du bonheur de votre présence!.. A la vue d’un moine, ils auraient défait leur chevelure, se seraient prosternés, l’auraient étendue, et auraient contraint le moine à marcher dessus (suprême témoignage indien de vénération)... Avec l’admission des femmes dans l’Ordre, c’en est fait de tout cela Elles jetteront sur nous le discrédit et le déshonneur. — Atterré de ces révélations, Ànanda dit en sanglotant: Quand j'ai intercédé pour elles, je ne me doutais pas de cela. Si j’avais su, je m’en serais bien gardé. — Ne pleure plus, lui dit le Bouddha. Le mal est fait. 11 est irréparable. C’est Mâra qui t’a aveuglé et fait tomber dans ce piège. Désormais les nonnes sont instituées, il n’y a pas à y revenir. Mais qu’on ne leur fasse jamais aucun rabais sur les régies que j’ai posées pour elles! — Force fut à Prajâpali rebutée, d’être contente quand même. Elle demanda à Ànanda: qui recevra les femmes qui sont venues avec moi? — Ànanda ayant interrogé le Bouddha, celui-ci chargea Prajapati reçue par luimême, de leur servir de marraine et d’instructrice, successivement, par groupes de trois à la fois, au plus. Les premières seraient présentées par elle seule au chapitre des moines. Ensuite, la Communauté des femmes étant constituée, tout fonctionnerait d’après les huit points. — Comment feronsnous pour nous vêtir? demandèrent les non: es au Bouddha... Vous quêterez comme les moines, dit celui-ci. — Et pour nous nourrir? demandèrent-elles encore... Vous mendierez comme les moines, dit le Bouddha.

D’après la tradition, Suddhodana mourut à l’âgc de 97 ans. Quand elle devint nonne, sa veuve Prajapati ne devait plus être très loin de la centaine. — l.es dieux bouddhiques sont soumis A la métempsycose. Leur divinité est une charge, une fonction, dans le cosmos bouddhique. Il y a toujours un Indra, un Mara, un Brahma. Mais ce nVst pas toujours le même être. C’est un titulaire qui change. — L’elat féminin est inférieur à l’état masculin; c’est un état de punition relative, pour cause de démérites passés. Jamais une femme n’est élevée direitement à une haute charge, soit terrestre, soit céleste. Elle doit d’abord mériter de renaître homme, avaut de pouvoir s’élever davantage.

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