Comparez le mythe aryen indo-européen de Prométhée
2. Les 七政 U’I-lcheng des Chinois. … 3. Le 灌 5E Tsao-wang cUs Chinois.
Introduction. II. Védisme. Brahmanisme.
Un peu plus bas dans l’échelle, voici venir Radra, dieu méchant, personnification redoutée des fléaux et des malheurs. Les Maruts, ses fils, dieux des tempêtes. Vûya et Vâta, les vents, probablement deux vents dominants opposés. Parjanya, la pluie. Les Apsaras, ondines, génies féminins des eaux. Les Gandharvas, elfes, génies masculins de l’air.
Puis des êtres, assez effacés dans les Vedas, mais dont plusieurs avancèrent au premier plan dans les âges post-védiques. —— Le père Ciel et la mère Terre (AV. XII ). — Savitii, le moteur du monde. — Tvashtri, le producteur. — Trâtri, le conservateur. — Prajâpati, qui donne postérité; deviendra l’être universel. — Btihaspati, ou Bi'ahma^aspati, le protecteur du culte, des hymnes et des prières; deviendra l’officiant des dieux, le patron des Brahmanes. — Püshan, le dieu des routes, le protecteur des voyageurs. Il conduit les morts au séjour des Pères. Le bouc, l'animal qui passe par les sentiers les plus ardus, lui est consacré. — Vishnu, l’espace. — Les trois Ribhus, trois saisons de l’Inde. — Les quatre points cardinaux, les Monts et les Fleuves, etc. (RV. VII ) 1 .
II faut faire une place spéciale à Yama le premier homme, et Yami sa sœur et son épouse, père et mère de la race humaine. Yama, premier homme, premier roi, fut aussi le premier mort. Yari i, première femme, première reine, fut aussi la première morte. En cette qualité, Yama et Yami régnent maintenant sur l’empire des morts 2 .
Ensuite une foule de déités anonymes, engendrées par l’intérêt et la crainte. — Dieu du sous-sol de la maison, seigneur de la demeure. — Dieu du sol, dieux des champs cultivés. —— Dieu de la forêt; dieux des arbres, surtout des grands arbres; auxquels on offre des excuses, avant de couper du bois. — La vache, symbole de toute abondance. — Les serpents, si dangereux ; et les fourmis noires ou blanches, si redoutées daos l’Inde. — La tortue, symbole de la longévité, de la pérennité, qu’on emmurait dans les fondations 3 .
Enfin les âmes innombrables des morts: âmes d'aniis, et surtout d'ennemis. Et des essaims de lutins, fourbes et méchants, les rakshas, les yâtus, les pisâcas, qui hantent les habita lions et les carrefours. Ce sont des êtres d'une catégorie à part, sexués, vivant par couples familles et clans. Ils peuvent changer de forme à volonté, pour tromper les hommes. Ils causent les maladies, la malaria, la phtisie, la lèpre. Ils errent la nuit, surtout durant les nuits noires, aux environs de la nouvelle lune. Ils s'insinuent dans les maisons, par les fenles. Ils pénétrent dans les coi*ps, par les orifices naturels. Ils en veulent à la génération humaine, à l’embryon conçu, à l’enfant nouveau-né, au bétail dans les étables, aux provisions dans les magasins, à l’offrande faite aux mânes ou aux dieux. Ils rôdent sans cesse, cherchant une proie à dévorer, un mauvais coup à faire. C’est eux qui font casser les poutres, effondrer
4. Comparez le rituel 周禮 Tcheou-U, de la dynastie Tcheou, contemporain des Vedas; ou le résumé de ce rituel, dans mes Textes Philosophiques, chap. 1, 3 et 4. — 2. Le 間王 Yenwang chinois. 一 3. Comparez Textes Philosophiques chap. 4... Les slèles commémoratives chinoise* sont assises sur une tortue ; c'est la même idée.
Introduction. II. Védisme. Brahmanisme.
les toits, verser les chars, etc. Pas un instant de la vie, pas une pièce de l’avoir de l’homme, que ne menacent ces ennemis invisibles, innombrables, toujours aux aguets. «Pour l’homme des temps védiques, l’univers qui l’environne, est plein d’âmes vivantes. Ciel et terre, montagne et forêt, animaux et arbres, eau céleste et terrestre, tout fourmille d’esprits propices ou malins. Incarnés ou invisibles, des essaims voltigeants cernent les demeures des hommes. Ames des morts, parents, amis ou ennemis. Lutins de toute apparence, géuies protecteurs, démons apportant la maladie, vampires épuisant sang et vie. Jusqu’à l’instrument fait par l’homme, a une âme bientaisante ou malfaisante. Outre les âmes, des fluides nocifs ou curatifs supposés. Le rite aide à commander à tout cela. » 1 * .
Ces fluides nocifs auxquels il vient d’être fait allusion, étaient conçus comme des entités réelles, impersonnelles, volant dans l’air, s’attachant aux hommes, les contaminant, les affectant. Les principaux étaient, la langueur, la stérilité, la malchance, la coulpe. Je dis, la coulpe, non le péché. Car ce que les Védistes redoutaient, c’était la souillure légale, provenant d’une infraction même involontaire au rite, à l’ordre rituel, plutôt que l’acte commis contre la conscience, le péché proprement dit. Dan> leur idée, l’illégalité rituelle remarquée par les dieux, attirait l’infortune, sur soi, sur ses parents et voisins.
Rites à peu près identiques, pour la propitiation et l’expiation. On servait à manger et à boire aux dieux, on les louait, on les flattait* on les priait d’accorder ou d’oublier. Le moyen par excellence, c'était l’offrande du soma, liqueur enivrante. Car l’alcool, met en joie, et dispose favorablement, ceux qui ont le vin bon. Les dieux védiques ne l’avaient, paraît-il, pas mauvais. — Le transport de l’ivresse semblait aux Védistes quelque chose de divin. Ils en conclurent que le soma, qui produisait ce transport, était dieu. Des hymnes le célèbrent, l’invoquent, comme tel. Soma est dieu, son action le prouve.
On a relevé, et avec raison, le caractère toujours intéressé des offrandes, et le style d’affaires des prières védiques, offertes aux dieux. Le cœiir n’y est pas. Les Vedas ne connaissent, ni l’action de grâces, ni même le mot remercier, a dit Mr Oldenberg-. Il s’agit de capter la bienveillance d’un être puissant, que l’on conçoit à la manière des puissants de la terre, enclin surtout à la gourmandise et à la vanité. Aussi les adresses sont-elles tissues des flatteries les plus outrancières. Puis, comme conclusion, des formules vulgaires comme celles-ci : «Je te donne; donne-moi ! ».. «Dieu un tel, reçois, mange, bois ce que je t’offre; profite et fais-moi profiter!».. Libéralement soûlé, Indra se dit: «J’ai bu le soma de cet homifle. Sa prière est venue à moi. Que feraije bien pour lui? Voici: Je vais lui donner une vache, un cheval.» RV.X. — Les demandes formulées, ne sortent jamais de la sphère du bien-être matériel. «Il n’est jamais question que de biens temporels, longue vie, richesse, situation éminente, temps favorable à la culture. De grâces spirituelles et morales, on n’a point souci.»3 Durant l’offrande principale du culte domestique, celle des lunaisons, le déclamateur déclame au nom de l’offrant: «Daignent,
1. II. Oldenberfl, op. cil. page 32. Comparez mon Folk-lore chinois. — i. Op. cit. page 259. —