‹ Bouddhisme chinoisChapitre 49 sur 185 · VIII. Préceptes des novices féminines · texte numérisé non relu

VIII. Préceptes des novices féminines

Le second précepte interdit tout vol. S’approprier, fût-ce pour un dixiéme de laël, de foin, de laine, de grain, c’est interdit. Défense de faire sien quoi que ce soit, que le légitime propriétaire n'a pas donné de sa propre main. Il ne JViut pas parler d’acquisitions; il n’y faut pas penser. Qne les yeux ne s’attachent pas à ce qui est joli, ni les oreilles à ce qui plait. Que le nez ne flaire i pas. que la bouche ne goûte pas, à la dérobée. Que le corps n’ait pas envie I d’habits, que le cœur ne convoite rien. Quand les six appétits sont réprimés, alors seulement l’homme est maître de : oi et bien réglé. C’est là le second 1 précepte.

Le troisième interdit la volupté charnelle. Le cœur et le corps doivent i être tenus purs. Pas de paroles impudiques, pas de pensées lascives! Gardez ! votre esprit chaste, et il sera libre, comme le vent dans l’espace, que rien j n’entrave, parce qu’il n’adhère à lien. Surveillez votre corps, vos yeux, vos j oreilles, votre odorat, voire goût. Que votre cœur soit sans attache!.. Le corps i n’est-il pas un composé des quatre éléments, terre, eau. feu, vent? un être changeant, qui n’est ni moi ni lui. qui n’a ni âge ni destin (skandhas impermanenls, âme successive, page 99)? Est-ce la peine dt3 s'échauder, de so souiller, pour si peu? N’est-il pas mieux de garder sa volonté libre et sans | attache?.. Voilà le troisième précepte.

Le quatrième défend le mensonge. Il ne faut parler qu'après réflexion. Ne | dites pas que vous avez vu, ce que vous n'avez pas vu; ne dites pas que vous j avez entendu, ce que vous n’avez pas entendu. Ne rapportez pas le mal, que | vous avez vu ou entendu. Ne dites pas ce qui n’est pas. N’aidez pas non plus f <le pareils discours. Ne parlez pas des choses mondaines, surtout pas des | affaires des rois, des ministres, des officiers et des brigands. Soyez tout à i l’élude de la loi et des préceptes, tout occupée de la grande affaire de votre ! délivrance, et n’appliquez pas votre esprit à des connaissances d’ordre infé- I rieur. Voilà le quatrième précepte.

Le cinquième défend de boire, de désirer, aucune boisson fermentée. L’usage du vin cause vingt-six maux. Il ruine la vertu, la famille, la santé, la vie. L’homme ivre qui titube et ne distingue plus les points cardinaux, est incapable de prier et d’adorer; il méprise ses maîtres et ses amis; il ne respecte pas même ses parents; son cœur est fermé, son esprit est abruti. Pour échapper à l’ignorance, à la passion, an vice; pour acquérir les dons transcendants et se tirer de la roue, il faut absolument renoncer au vin. C’est le cinquième précepte.

Le sixième interdit l’usage des fleurs, des parfums, des bijoux; le luxe dans les habits et la literie; les couleurs voyantes, les étoffes Anes; en général, tout alliage. Les habits doivent être communs et de couleur sombre. La nonne doit être modeste, et marcher la tète baissée. Qu’au lieu de penser I aux parfums et aux guirlandes, elle désire se délivrer des six maux, arriver i par la loi à la vérité, obtenir les marques transcendantes, procurer le bien de tous les êtres. Voilà le sixième précepte.

Le septième défend de s’asseoir sur un siège élevé, orné d'or ou d’argent, tendu d’étoffes précieuses. Défense de désirer pareil luxe, d'en parler avec estime, de chercher à se le procurer. Les nattes élégantes, les éventails peints, les chasse-mouches en crins de diverses couleurs, les bracelets, les bagues, tout cela est interdit. Quiconque croit vraiment au salut par l'observance, doit avoir horreur de tous ces vains atom’s. Scruter la sagesse, s’appliquer à la mettre en pratique, chercher à progresser dans l’art de la

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