XII. formulaire des moines
n'est pas à l’abri des lions, tigres, loups, serpents, termites, brigands, princes tyranniques. Un emplacement est « inconvenant», quand il empiète sur des terres cultivées ou sur des terrains bâtis, sur un chemin ou sur un cimetière; quand il est à proximité d’un couvent de nonnes, d'un débit de vin, d’un lieu où le roi et ses gens vont s’amuser, ou qui est fréquenté par les mécréants. — L’empan du Bouddha, équivaut à un pied six pouces chinois, dit Yuan-hien. L’expression chinoise tchee-cheou, n’est pas une translittération, i mais une traduction ; elle ne signitie pas l’empreinte du pied, mais l’empan de la main. Très discuté par les auteurs qui ont étudié le texte pâli (Dickson, J.d’AIwis, Rhys Davids, Oldenberg), ce terme est parfaitement clair en chinois. Que, pour un empan, la mesure donnée soit gigantesque, rien d’élonnant à cela, la dignité du Bouddha exigeant l’exagération énorme, dans tout ce qu’on rapporte de sa personne.
8) Si un moine, par ressentiment et pour se débarrasser de lui, porte calomnieusement contre un moine innocent une accusation pouvant causer sa dégradation; si ensuite, forcément ou spontanément, il rétracte son accusation et avoue l’avoir portée par esprit de vengeance; ce moine devra confesser sa faute devant le chapitre, et sera soumis à la pénitence canonique.
9) Si un moine, par ressentiment et pour se débarrasser de lui, insinue malicieusement contre un moine innocent un faux soupçon pouvant causer sa degradation; si ensuite, forcément ou spontanément, il rétracte #son insinuation perfide, et avoue l’avoir faite par esprit de vengeance; ce moine devra confesser sa faute devant le chapitre, et sera soumis à la pénitence canonique. — Les cas 8 et 9 sont historiquement connexes; voyez XV, \i>.
10) Si un moine, délibérément, eu vue de troubler l’union de la Communauté, emploie tel ou tel moyen, et cela avec pertinacilé... les autres
î moines devront l’exhorter, en cette manière: Vénérable, ne trouble pas la | paix de la Communauté, par tel moyen, et cela avec pertinacilé. Vénérable, leste avec nous en communion de joie, de paix, de doctrine. Unis entre nous comme l’eau et le lait1 , cherchons notre profit dans la loi du Bouddha, et vivons ensemble paisiblement... Si, après cette exhortation répétée une ou deux fois, le brouillon se désiste de son entreprise, il n’aura encouru aucune censure. Mai s si, après la troisième exhortation, il ne se désiste pas, il devra confesser sa faute au chapitre, et sera soumis à la pénitence canonique.
11) Si des moines, un ou deux, trois ou davantage, embrassant le parti d'un schismatique, répondent à leurs censeurs en ces termes: Vénérables', ne censurez pas ce moine; ce qu’il soutient, est conforme à la doctrine et à la discipline; ses discours nous plaisent ; nous voulons qu'il puisse parler librement...
[ en ce cas, les m bines morigénés devront leur dire: Vénérables, ne parlez pas | ainsi; car, ce que soutient ce moine, n’est conforme, ni à la doctrine, ni à la 1 discipline. Vénérables, ne troublez pas la paix; aimez plutôt la concorde de la ' Communauté. Vénérables, restez unis au chapitre, dans la joie, la paix, l’unité de doctrine. Unis entre nous comme l’eau et le lait, cherchons notre profit dans la loi du Bouddha, et vivons ensemble paisiblement... Si, après cette t exhortation répétée une ou deux fois, les partisans du schismatique se détachent de lui, ils n’auront encouru aucune censure. Mais si, apiés la troisième exhortation, ils ne l’abandonnent pas, ils devront confesser leur faute au ; chapitre, et seront soumis à la pénitence canonique.
4. Liquides qui sc mélangent intimement, parfaitement ; tandis que l'eau et l'buile, par exemple, se juxtaposent sans s’unir. Cliché indien qui revient dans toutes les exhortations a la toucurdc parfaite.