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I.A TENTATION 23 I

vient abriter le Bouddha de ses multiples replis.

On peut expliquer, et on a expliqué en effet l'épisode dit « de la tentation » comme le travestissement légendaire de la crise morale traversée par le Maître au moment où il comprit l'inutilité du jeune et avant qu'il recouvrât le calme par une subite illumination. Mâra-Mrtyu- Namuci, démon ténébreux, porte aussi le nom de Kàma, le Désir frère de la mort, ennemi de la sainteté et du renoncement. Les données ne manquent pas pour donner à la lutte sous l'Arbre un aspect tout moral et psychologique. L'Arbre même, dont la conquête est si importante d'après certaines sources puisqu'il représente la science, l'immortalité, le souverain pouvoir, n'est-ce pas tout uniment un des nombreux figuiers au pied desquels, de tout temps, méditèrentles ascètes^? D'après le premier canon, le facteur unique de l'illumination fut la quadruple extase au cours de laquelle Çâkyamuni se sentit devenir un Bouddha^.

Les divers témoignages que nous allons passer en revue, parmi beaucoup d'autres, permettront d'apprécier la valeur de cette exégèse.

1. Voir notamment 01denberg-(Foucher-, p. 86 et suivantes). — Sur le culte de l'arbre, Rhys Davids, Buddhist India, p. 226 et suivantes.

2. Gldenberg-Foucher-, p. 89 et note. Le malheur est que les « quatre extases » sont du Yoga (Senart, Origines, p. 16).

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Caractères surnaturels de Çakyainuui

A en juger d'après des aveux formels de la plus vieille littérature, ni le Bouddha, — c'està-dire Çàkyamuni depuis la conquête de l'illumination [bodhi), — ni le c futur Bouddha w même ne sont à proprement parler des hommes.

Examinons d'abord l'humanité du Bouddha.

Le Bienheureux se compare au lotus, car, né dans le monde, il est sorti du monde en devenant Bouddha : « Comme le lotus naît de l'eau et de la boue, grandit dans l'eau, s'élève au-dessus de l'eau et demeure sans que l'eau le souille ; de même j'ai grandi dans le monde, j'ai dépassé le monde, je ne suis plus souillé par le monde ^ . » Mais, « dépasser le monde », n'est-ce pas simplement entrer dans le chemin du nirvana ou délivrance? Les textes ne sont pas tous également explicites; plusieurs pourraient nous égarer^, mais quelques-uns sont assez clairs : le

1. SamjTitta, III, p. 140 et ailleurs. — Le Milinda, p. 375, applique aux moines ordinaires la comparaison du lotus, qui se peut, en effet, entendre de diverses façons (voir aussi p. 75).

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