‹ BouddhismeChapitre 118 sur 192 · LES MARQUES DU FUTUR BOUDDHA 24 I · texte numérisé non relu

LES MARQUES DU FUTUR BOUDDHA 24 I

nauté ' », — c'estla nature merveilleuse du corps du nouveau-né. Ce corps est orné des trentedeux marques principales et des quatre-vingts marques accessoires du mahâpurusa, « grand mâle- ».

Qu'est-ce que le « grand mâle » ? Nous possédons des textes, de tendance évéhmériste, où ce nom, — compris dans le sens de « grand homme », — est accordé à tel ou à tel moine remarquable par ses talents^; mais que cette interprétation ne soit artificielle, il ne faut pas en douter, car toute l'antiquité bouddhique atteste qu'un « grand mâle » est celui qui porte les « marques ». — Les astrologues et les liseurs de signes déclarent que le nouveau-né sera un « roi à la roue » [cakravartin)^ un monarque universel; mais le sage Asita, qu'on a surnommé le Siméon bouddhique, ne s'y trompe pas : « Si le prince reste dans la vie laïque, il sera roi à la roue; s'il quitte le monde, et il quittera le monde, il sera un Bouddha^. »

1. Le Lalita, p. 100.18 (=87.10) déclare qu'il y aura des infâmes (çramanamala) pour nier « la pureté de la descente dans la matrice » fgarbliAvakrdintipariçuddhi): mais la pureté doit s'entendre du

non contact avec l'impureté de la matrice (uccàraprasrava...) .

Comparer Dîgba, II, p. 14.

2. Le ierjne ma/iâpurusa ou /)H/-wsa est intraduisible. On lit généralement « grand homme » ; j'écarte cette version pour éviter, comme on va voir, une fausse interprétation.

3. Anguttara, II, p. 35 et autres sources citées par E. Hardy Buddha, p. 95 et suiv.

4. J'accepte la version traditionnelle ; cependant, je ne pense pas

2^2 MYTHOLOGIK KT DEVOTION

On a parfois considéré les marques comme des « attributs scolastiques* », et qu'il y ait de la scolastique dans l'arrangement des trentedeux principales et des quatre-vingts secondaires, sans parler des variantes, c'est bien certain : tout, dans l'Inde, est scolastique. Mais elles ne sont pas une invention d'école; elles ne sont inspirées ni « par l'idéal indien de la perfection physique », ni « par des souvenirs directs de quelques particularités propres à la personne historique de Çakyamuni^ ». Pour rencontrer des traits rebelles à toute interprétation réaliste, il suffît de citer, au hasard, les roues aux mille rayons et à la belle jante qui décorent les pieds; la membrane qui unit les doigts et qui a pro-

comme M. E. Senart (Légende, p. 88) que le passage Lalita 121.8 (=106.6 = Rgya-clier-rol-pa 98.19 qui traduit fa par «/ et non par dan) soit altéré : Asita y dit, avec beaucoup de perspicacité, que les marques du nouveau-né ne sont pas des marques de roi à la roue, mais des marques de futur Bouddha (plus exactement de futur Bouddha à sa dernière existence). D'après la bouddhologie du Bodhisattvabhfimi, le poste de Cakravartin est réservé aux futurs Bouddhas vers le commencement de leur carrière, à un moment où leurs « marques » ne sont pas encore parfaites (Nous reviendrons sur ce point ci-dessous, pp. 279 et 307). La question est de savoir si la théorie des « marques » et des « stades » des futurs Bouddhas était déjà portée à ce point de précision lorsque le Lalita fut rédigé : dans de nombreux endroits (118.12), comme l'observe M. Senart, les signes du roi à la roue et du futur Bouddha sont donnés comme identiques. [Il sembl<% 121.10, que ce soient les signes secondaires qui éclairent Asita sur la destinée du prince]. Telle était, sans aucun doute, la conception primitive.

I . Gidenberg-Foucher^, p. 324. Ne faisons pas, cependant, dire à l'auteur ce qu'il n'a pas voulu dire!

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