Essai sur la Légende du Buddha
aSo MYTHOLOGIE ET DEVOTION
cependant le canon lui-même, le culte et la légende. Le nom mythologique et divin, « grand mâle », peut s'entendre « grand homme », et cette interprétation est attribuée, comme nous avons vu, au Bouddha lui-même'. — Çakyamuni a déclaré qu'il pourrait demeurer ici-bas jusqu'à la fin de la période cosmique ou kalpa : on rencontre des théologiens « minimistes » qui traduisent effrontément «jusqu'à la fin d'une pleine existence humaine », c'est-à-dire jusqu'à cent ans2. — Nous avons aussi remarqué que les miracles de la conception et de vie utérine déplaisent aux rationalistes : pour eux, le Bouddha est tout simplement un homme, tel que MM. Oldenberg, Rhys Davids ou E. Hardy l'ont évoqué.
L'expression lokottara, « supérieur au monde », « supranaturel », a droit de cité dans le canon. Mais, dans d'innombrables passages, elle ne comporte aucune notion de supériorité meta physique. — Çakyamuni demeure impollué audessus du monde, comme le lotus au-dessus de l'eau ; il est supérieur au monde ; il n'est ni dieu, ni esprit céleste, ni homme : uniquement parce qu'il va sortir de l'existence; parce que, délivré des passions, il possède virtuellement le nirvana. Le canon, en effet, désigne comme « supé-