‹ BouddhismeChapitre 127 sur 192 · Bodhicaryâvatâra, \ii.l · texte numérisé non relu

Bodhicaryâvatâra, \ii.l

4. Awguttara, I, p. '11 'Oldenbergâ, p. 385) nie l'existence de deux Bouddhas en même temps dans le même cosmos. — Kathavatthu xxi.6 semble nier la coexistence de Bouddhas même dans des univers distincts, contre l'opinion des Mahâsâiiighikas. Les Lokottarav;ldins, d'après Vinîtadeva, disent : « Beaucoup de Bouddhas apparaissent en même temps. »

UOUDDHAS ET BODHISATTVAS SiG5

encore que de six prédécesseurs de Çâkyamuni, les seuls aussi qui figurent sur les bas-reliefs de Bharhût [200 av. J.-C.]; mais, avant la clôture du canon pâli, ce nombre avait été porté à vingtquatre... La série y commence avec Dïpamkara aux pieds duquel le futur Çâkyamuni prononce et fait agréer son premier pranidhâna ou vœu solennel de devenir un jour, lui aussi. Bouddha et commence en attendant sa carrière de Bodhisattva [ou de futur Bouddha]. » Mais interviennent les spéculations sur les périodes cosmiques ' et sur la pluralité des mondes ; les « supranaturalistes » et les écrivains du Grand Véhicule reculent vers l'infini l'origine de la carrière du futur Bouddha ; ils peuplent l'éternité et l'étendue de Bouddhas souverains; la tradition des vingt-quatre prédécesseurs est « comme étouffée par une végétation parasite... On pouvait en énumérer des milliers, on savait positivement qu'ils avaient été en nombre infini... Comme le Lalitavistara et d'autres livres sanscrits, le Mahâvastu fait grand usage de ces interminables énumérations. C'est par douzaines qu'il nous les sert d'un bout à l'autre et que, sans se lasser, avec une joie enfantine, il se plait à enfler ces creuses vessies. Quand l'addition ne suffit plus, il y ajoute la multipli-

1. Déjà développées dans Dïglia, H, p. 2 et suivantes. Voir 01denberg', p. 38'i.

cation : Çakyamuni se souvient d'avoir honoré et servi huit mille Buddhas du nom de Dïpamkara, cinq cents du nom de Padmottara [Sublime Lotus], dix -huit mille Maradhvajas [Étendards de Mâra], quatre-vingt mille Kàçyapas... trois cents millions de Çâkyamunis, et ainsi de suite à travers des pages. Au besoin on multiplie simplement par l'infini, car les Bouddhas sont en nombre infini, non seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace; leurs kshetras ou champs d'action, dont chacun comprend des milliards de mondes, sont en quantité illimitée, et, de ce chef, bien que chacun de ces domaines ne soit occupé qu'à d'immenses intervalles, le nombre des Bouddhas coexistants à un moment donné est incalculable ' ».

Cette cosmologie présente de multiples avantages : elle permet, notamment, de mettre en tète à tète ces êtres merveilleux; elle ouvre le panthéon à des personnalités plus sublimes encore que Çakyamuni. Parmi les innombrables Bouddhas, la plupart ne sont que des noms, de vaines images accumulées par la rêverie mythologique ; mais plusieurs sont de vrais dieux, chers à la piété.

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