‹ BouddhismeChapitre 151 sur 192 · Bodhicaryâvatâra, x, 11 et suivants · texte numérisé non relu

Bodhicaryâvatâra, x, 11 et suivants

3. Voir Çiksâsamuccaya, p. 280. Nous ne savons rien sur la date du Vajradhvajasûtra d'où est extrait ce fragment. — Bodhicarjâvatâra, X, 56 : « Puisse toute la douleur du monde mûrir en moi ! »

322 CARRIÈRE DU RODHISATTVA

« Je prends sur moi, sur mon propre corps, les actes des créatures, dans les enfers, dans les autres terres et séjours de châtiment : puissent les créatures en transmigrer [vers les bonnes destinées d'homme ou de dieu] ! Je prends cette prise de souffrance, je m'y résous, je la supporte, je ne m'y dérobe pas, j e ne recule pas, je n'en tremble pas,jen'enfrissonne pas, jen'enai pas peur, je ne reviens pas en arrière, je ne me décourage pas. Et pourquoi? Il est nécessaire que je porte le fardeau de tous les êtres. Ce n'est pas chez moi acte de bon plaisir, car le vœu que j'ai assumé est de sauver, de délivrer tous les êtres, de sauver l'ensemble des vivants : je dois faire traverser à tous la forêt de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort et de la renaissance, de toutes les calamités, des lieux de tourment, de la transmigration, de l'hérésie, de la destruction des œuvres pies, de l'ignorance... Je ne pense pas seulement à me délivrer de l'existence; le but de mon activité, c'est d'installer tous les êtres dans la royauté du savoir sublime [desBouddhas]... Aussi je prends toutes les douleurs de tous lesêtres; je suis résolu à supporter dans tous les lieux de tourment de tous les univers toutes les souffrances. Je veux bien demeurer, dans chacun de ces innombrables enfers, des siècles sans fin. Et pourquoi? Il vaut bien mieux que moi seul je souffre, et

SATISFACTION POUR AUTRUI SaS

non pas cette multitude de créatures. Je me donne en échange; je rachète l'univers de cette forêtdel'enfer, de la matrice animale, du royaume de Yama.Puissé-je, avec ce corps que voici, supporter la masse de toutes les sensations douloureuses au bénéfice de toute créature! J'accepte de servir de rançon à tous les êtres, dans l'intérêt de tous les êtres. Je dis la vérité; je mérite confiance ; je ne trompe pas ; je n'abandonne pas les créatures. Et pourquoi? C'est pour les créatures que j'ai conçu la pensée de conquérir l'omniscience [des Bouddhas], c'est pour délivrer le monde. »

Nous lisons ailleurs : « Cette pauvre humanité, esclave despassions, est incapable de quoi que ce soit pour son bien : je dois faire tout à sa place et pour elle; je ne suis pas impuissant comme les autres^. »

Admirons ce désintéressement et cette intuition si précise de la nécessité de la « substitution ». — Onpeut expliquer, croyons-nous, comment les bouddhistes y sont arrivés. D'une part la conscience répugne à admettre l'éternité de la damnation ; d'autre part le mécanisme de la rétribution de l'acte rend mal compte de la délivrance des damnés. Mauvaise graine porte nécessairement de mauvais fruits; le péché, en règle générale, produit non seulement la

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