Madhyamakâvatâra, p
DON DE CHAIR 32y
quelques bribes des Ecritures et ne faisons que débuter dans la méditation de l'impermanence? Gomment pourrions-nous penser à un sacrifice aussi insignifiant que celui d'un corps misérable i? »
Depuis longtemps, néanmoins, le don de chair préoccupe l'imagination maladive des bouddhistes. Le Vinaya pâli en rapporte un mémorable exemple, celui de l'excellente Suppiya, « la très aimable », qui s'amputa la cuisse pour nourrirde viande un moine malade, — aucun boucher de Bénarès n'ayant tué ce jour-là. Son mari Suppiya fut dans l'admiration, mais Çàkyamuni prit la chose fort mal; il guérit la blessure, mais dit auxmoines: « 11 yades gens pieux et croyants qui donnent jusqu'à leur chair. Que personne, ô moines, ne mange de la viande d'homme. Je vous défends de manger de la viande sans savoir d'où elle vient'. » — L'idée de se faire manger, disons-nous, hante ces pauvres cerveaux; mais, comme il est trop absurde de se faire manger de son vivant, on se contente de donner aux créatures les cadavres. Je ne connais pas de texte bouddhique qui recommande formellement ce mode de funérailles, mais nous savons que certain Bodhisattva fit apparaître dans les cimetières des grandes villes son corps gigantesque :