Voir par exemple Çiksâsamuccaya, p
BOUIllSATTVAS LAÏCS 3^ I
Cependant, du même coup, le cloître s'ouvre à la vie laïque ; rien n'empêchera le moine, fatigué de la vie religieuse, de se défroquer, et la mode s'établit de prendre successivement et à quelques jours d'intervalle les deux ordinations'. Ordonné suivant les préceptes du Petit Véhicule, tondu et muni du froc et de l'écuelle, le néophyte revient trouver son maître et lui dit : « Les temps sont mauvais ^ : je veux travailler au salut du monde; reçois-moi comme futur Bouddha. » Et dès lors il rentre dans la vie commune^. — Un jour vient où, dans certaines provinces, la notion même de la vie monastique disparaît; les couvents cachemiriens abritèrent et les couvents népalais abritent
1. Voir Minayeff, /îec/if/cAes, p. 271 et suivantes; De Groot, Coc/e Mahâyâna, p. 211.
2. Nous arrivons en effet au derniers temps du Kaliyuga ; la durée normale de la vie humaine décline de 100 ans vers 10 ans qui est la limite extrême avant le relèvement attendu. Diverses calamités morales et matérielles accablent les vivants.
3. Dans l'école pâlie, il est permis de sortir de l'ordre, voir 01donberg-Foucher-, p. 345, Milinda, p. 246; il est difficile de concilier les textes cités par Oldenberg avec la formule du vœu, pris 4 pour la vie ». — Au Siam, « tous les jeunes gens, parvenus à l'âge de vingt ans, doivent se faire ordonner bonzes. Les fils du roi eux-mêmes n'en sont pas exempts » (Pallegoix, II, 27 et 317, cité par Kôppen, [, 338, que cite Oldenberg). Sur l'habitude des laïcs de s'obliger pour une période plus ou moins longue aux huit premiers vœux des moines, Çiksâsarauccaya, p. 175 (ils obtiennent de renaître chez Âmitûbha) et Spence Hardy, Mantial, p. 488 et suivantes. — Leclère, Crémation et rites funéraires, p. 81, et les remarques de L. Finot, B.E.F.E.O., vii, p. 385.
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bonzes, bonzesses et moinillons ; les religieux bouddhistes constituent une caste ^.
D'autre part, substituer le futur Bouddha à l'Arhat, c'était élargir la mystique, échauffer la tendresse un peu froide de l'ancienne Bonne Loi, multiplier les dieux, créer la dévotion, — mais aussi favoriser la gnose et la théurgie. Ce mysticisme contient « un principe d'erreur et de corruption prochaine ». Nous le verrons trop bien en étudiant le Tantrisme.
1..Uodgson, Essays, pp. 52, 139; Râjataranginî (1148 A. D.) iii, 12 (éd. Stein, I, p. 9). « Dans une partie du monastère, la reine installa les religieux d'observance: dans l'autre, ceux qui, possédant femme, enfants, bétail et biens, méritaient le blâme en qualité de gens mariés. » — Pour le Népal moderne, voir S. Lévi, Xépal, II, p. 30.