Iconographie, deuxième étude, p
évoquant dans l'espace ouvert devant lui la légion des Buddhas et des Bodhisattvas, il leur offre un culte accompagné d'offrandes, effectives ou imaginaires, de fleurs et de parfums. Il commence par la confession de ses péchés {pâpadeçanà), puis prononce tour à tour un acte de sympathie joyeuse pour le mérite à' AU\.v\n{pu}iy ànumodana)^ un acte de foi dans les trois joyaux du Bouddha, de la Loi et de la Communauté [ralnatray açaranagamana) ^ un acte de persévérance dans la bonne voie [marâgcrayana)^ une invitation à tous les Bienheureux pour qu'ils consentent à prêcher la doctrine {adhyesanâ) et une requête aux mêmes pour qu'ils se refusent à l'extinction finale (3/<7C«7i«) ; enfin, il voue au salut universel des êtres le mérite qu'il vient d'ac- ({uérir (jja ri nà niajià) .C estlà. le « septuple office» (5«/;^^fiV//i<7/??7/V?) auquel vients'ajouter la réalisation par la pensée {bhâi>anâ)àes quatre qualités incommensurables [catur-apramâna) ou états T^diYïaiis iOrahmai>ihâra) qu.i sont la tendresse pour tous {maitn),\îx compassion pour les malheureux {ka/unà), la joie du bonheur d'aulrui [muditâ) et enfin l'équanimité [iipek.sd). Suivent encore deux autres méditations, l'une sur la pureté originelle de tous les principes des choses [sarvadharmaprakrtipariçuddliatfi) et l'autre sur leur vide ou néant absolu {çiinyatct)^ ce qui revient d'ailleurs au même. Mais toutes ces oraisons
RITES d'identification 4o I
verbales ou mentales ne sont qu'une préparation au grand œuvre qui va s'accomplir : « Par le feu de la notion du vide, est-il dit, sont détruits sans retour les cinq éléments » qui constituent l'individu. C'est nous avertir que, la personnalitédel'évocateur étant abolie, ilse trouve en meilleure posture pour susciter, du son delà syllabe magique qui est son germe {bïja), la divinité qu'il désire et s'identifier à elle complètement. »
Le magicien connaît avec précision les caractères physiques, les attributs, les acolytes des divinités : « toute erreur ou toute omission serait fatale à la réussite ». Par la vertu d'une intense hallucination, le dieu sort de la syllabegerme, « se détachant sur le fond du ciel comme un reflet dans un miroir ou comme en songe » : alors le magicien s'imagine qu'il est le dieu luimême.
Voici le rituel d'identification avec Avalokita adoré sous le nom de « Seigneur au rugissement de lion », c'est-à-dire Avalokita prédicateur, « Que le conjurateur voie, développé de la syllabe « Pam! » blanche — (c'est-à-dire écrite enblancsurle cercle magique) — unlotus; et par-dessus, développé de la syllabe « Am ! y> blanche, un disque de lune; et par-dessus, développé de la syllabe « Ah » blanche, un lion blanc; et par-dessus, développé de la syllabe
LE BOUDDHISME. OfJ
« Ain! », blanche, un lotus blanc; et sur le cœur dudit une syllabe « Hrïh », blanche et toute rayonnante. Ayant développé tout cela, qu'il se voie sous les espèces du « Rugissement de lion » [SiriiJiaîiâda) : le corps tout blanc, à deux bras, à une seule face, à trois yeux; le chignon en forme de tiare; la tête ornée d'Amitablia; accroupi (à l'indienne), le genou droit relevé, assis sur un lion, vêtu d'une peau de tigre, les cinq Bouddhas émanant de sa personne... ; dans sa main gauche se tient au-dessus d'un lotus blanc, un glaive blanc, et près de lui, sur un lotus blanc, un crâne blanc rempli de diverses fleurs parfumées; adroite, sur un lotus blanc, un trident dont l'extrémité est enveloppée d'un serpent cobra blanc... ' »
Les procédés d'identification de ce type, avec les exercices respiratoires [yogatantras) et les rituels (/»7zZ/?rt5) à proprement parler liturgiques, construction des stupas ou reliquaires, consécration des idoles, offrandes de fleurs et le reste, constituent le Tantrisme de la « main droite », le seul dont un bouddhiste tant soit peu honnête puisse faire profession. Le Tantrisme de la a main gauche » occupe malheureusement, dans la littérature, une très grande place. Bouddhique ou (.ivaïte, il s'assigne pratiquement comme but l'abolition de la pensée : « C'est la pensée qu'il