Manuul uf Iiidian Buddhism , p
36 l'enseignement de gAKYAMUNI
(gàthàs) ne sont pas desmantras védiques, et je ne crois pas plus que M. Barth à des « volumes oraux reliés^ ». En fait, les nombreuses variantes des diverses recensions attestent le caractère oral et la fidélité relative de la tradition.
3° La question linguistique n'est pas non plus dépourvue d'intérêt. Aucune instruction religieuse [dharmapari/âi/a), aucune stance ne nous a été conservée dans le dialecte (màgadhï) dont Çâkyamuni a dû se servir. Bien plus, le pâli n'est certainement pas la langue d'Açoka qui, suivant la légende, aurait fait promulguer au concile de Patna les « métaphysiques » et les anathèmes doctrinaux dont se réclame l'Eglise de Ceylan, soi-disant fondée par son fils Mahinda. — Ajoutons que les Ecritures pâlies sont d'âge divers : les morceaux rythmés sont plus archaïques que la prose.
4° Quand on applique au contenu du canon les procédés critiques dans leur rigueur, l'impression est plutôt défavorable.
Les quelques miracles de la plus archaïque recension, ceux notamment qui accompagnent
1. Quoiqu'un peu plus optimiste que M. Barth {Bulletin, 1900, p. 28), je pense qu'on peut dire des Ecritures bouddhiques, a fortiori, ce qu'il ditduVéda : « ...tout cela n'a été réuni et tant bien que mal mis en ordre que le jour où l'on a pu s'aider de l'écriture. A partir de ce moment-là, le Rigveda fut codifié. Je ne puis me le figurer à l'état où M. Oldenberg semble nous le présenter, quelque chose comme un volume oral tout relié. » {Bulletin, 1889, p. 19.) Pour le Bouddhisme il faudrait dire (( toute une bibliothèque orale ».
la mort et les funérailles du Bouddha, ne font pas grande difficulté. Le siècle qui sépare la mort de Çàkyamuni, le nirvana, du deuxième concile [terminus ad quem supposé de la compilation scripturaire), explique suffisamment, dit M. Oldenberg, l'introduction d'éléments merveilleux dans la biographie du Bouddha.
Mais le rôle de la critique ne se borne pas, sans doute, à éliminer les miracles et les traits légendaires : elle doit juger la doctrine. Or, E. Hardy en convient, aucune des conceptions doctrinalesne possède, prise isolément, la moindre originalité'. Si particulières qu'elles puissent sembler aux profanes, elles constituaient, aux temps anciens de la Communauté, des lieux communs de la spéculation brahmanique : ceci dérive des Upanisads, ceci du Yoga, ceci du Sâmkhya. Tout le monde s'est beaucoup exercé-depuis quelques années à cette analyse, et les résultats acquis, surtout en ce qui regarde les deux premières sources, sont d'une grande importance. Plusieurs savants croient, en outre, que la doctrine du canon pâli est un « tissu de contradictions » ; mais peut-être se trompent-ils. — En tout cas, on ne peut ignorer les traces de stratifications successives et notamment les remaniements de certaine formule capitale, « la production des phénomènes en raison des