‹ BouddhismeChapitre 23 sur 192 · Burnouf, Introduction, p. 458. A comparer le Sullanipâta · texte numérisé non relu

Burnouf, Introduction, p. 458. A comparer le Sullanipâta

6o l'enseignement de çakyamuni

présente comme une pure théorie spéculative : tous ont pour but la délivrance de la douleur, c'est-à-dire de la transmigration. D'autre part, à notre point de vue, les théorèmes bouddhiques de la douleur, de sa cause et de sa fin, sont gros de métaphysique. Mais la différence entre Çakyamuni et ses devanciers ou ses successeurs, n'en est pas moins essentielle : il écarte, en efîet, toute « gnose », toute théorie sur l'être. Tandis que les brahmanes et les bouddhistes de l'école croient nécessaire la connaissance de la chose en soi, il se contente de l'explication prochaine, à son avis expérimentale, de la réalité sensible : la douleur, c'est rexistence,toute existence, quelle qu'elle soit, au cours des transmigrations ; elle provient du désir : en d'autres termes, le désir la continue et la renouvelle ; elle est abolie, c'est-à-dire arrêtée dans son renouvellement, par l'élimination du désir, par la conduite sainte ou le renoncement, hrahmacarya.

Le Bouddha n'en veut pas davantage pour établir sa thérapeutique morale : l'acte imputable et la métempsychose conditionnée par l'acte, la suppression du désir ou renoncement aboutissant au nirvana. — Or ce ne sont pas là des dogmes proprement dits, mais des vérités que le « monde », étranger à toute philosophie, considère, ou doit considérer, comme prouvées ou

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évidentes. Aussi le Bouddha se vante-t-il avec insistance de faire exclusivement appel au bon sens et d'admettre tout ce qui est admis par le « monde », nous dirions par les honnêtes gens : « Ce que le monde admet, je l'admets; ce que le monde n'admet pas, je ne l'admets pas. Je ne suis pas en contradiction avec le monde; mais, ajoute-t-il, le monde est en contradiction avec moi^ », et cela sans doute, pouvons-nous dire, parce que le monde n'est pas d'accord avec soi-même.

Le monde, en effet, croit au bien et au mal : « Pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal, les livres ne sont pas nécessaires : les Ganc(!âlas même, les Paryas sont bien renseignés^. » Le monde croit à la survie, à des existences à venir béatifiques pour les bons, douloureuses pour les méchants; mais tantôt il s'arrête à la « fausse doctrine », c'est-à-dire à l'opinion que la vie finit à la mort, tantôt il se repaît de vaines imaginations sur l'efficacité des lustrations, des rits sacrificiels, des pénitences [çilavrataparàmarça). Le monde sait que la vieillesse et la mort sont le lot de tout ce qui naît, mais il s'attache follement auxbiens d'ici-bas, méprisantla vertu, le seul ami qui nous accompagne outre-tombe, et « mortels, nous vivons comme si nous ne

1. Samyutta, III, p. 138 et sources citées J. As., 1902, ii, p. 256,

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