Proverbe cité par Kumarila, Tantravârttika
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devions pas mourir ». Le monde croit à un séjour définitif de paix et de rafraîchissement, au nirvâiia, mais il s'en forme des idées inexactes, soit qu'il le considère comme un paradis, soit qu'il imagine pour y parvenir des routes qui sont des impasses ou mènent à la perdition. Pour autant que nous connaissions l'Inde prébouddhique, il semble en effet que la préoccupation des fins dernières, ou de la délivrance de la métempsychose, primât, dans certain milieu d'intellectuels et d'ascètes, toutes les autres. Jadis les chantres védiques espéraient revivre, par la grâce de Varuna, dans le monde des « pères » béatifiés, en la compagnie de Varuna et de Mitra, dans le royaume de Yama, « le premier mortel qui ait gravi les grandes pentes» et soit devenu immortel. Mais les brahmanes se sont détournés de cette simple et sublime conviction et ils s'efforcent de construire, par la vertu des consécrations liturgiques, pour eux-mêmes et pour leurs clients, des corps divins, formés des syllabes du Rig Veda, pétris avec les oblations, et dans lesquels on jouira des mondes supérieurs. Ou bien, adorant le «Maître des générations», la formule sainte transformée en être primordial, le hrahman^ ils croient que l'âme humaine n'est autre chose que le grand Etre, et enseignent la réintégration du moi individuel et transitoire par la
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connaissance de notre identité avec Dieu, parla concentration des pensées et des souffles vitaux vers le sommet du cœur où Dieu réside. A côté des brahmanes védisants, de nombreux théoriciens absorbés dans la même recherche du nir~ vàiia, non-renaissance, « immortalité », comme disent les bouddhistes ainsi que tous les autres. Deux jeunes gens font un pacte : « Le premier qui aura trouvé l'immortalité le dira à son ami » ; ce furent deux des disciples les plus distingués de Çàkyamuni. Et, par tous les chemins, on rencontre des hommes qui disent : « Je suis un buddha : ie possède l'illumination, la vérité de salut! » aveugles qui se font les guides d'autres aveugles. Soit qu'ils suivent la tradition du Veda, soit qu'ils se reposent sur leurs propres imaginations, tous ils se perdent dans leur cosmologie, leur métaphysique, leur psychologie opératoire, ou s'abrutissent par leurs pénitences saugrenues, faisant la vache ou la poule quand ils ne s'accrochent pas par les pieds aux branches des arbres. — Çàkyamuni seul est vraiment buddha, illuminé; seul, il pose bien le problème. Méprisant les conjectures transcendantes, il distingue parmi tant de notions contradictoires celles qui sont utiles, favorables au détachement et à la paix : ce sont des idées vulgairement admises; il les purifie en signalant les erreurs qui les rendent ou nocives ou
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inefficaces. D'après lui, pour parvenir au salut, il faut croire à la transmigration déterminée parla moralité des actes, cultiver un profond dégoût du plaisir, écarter toute idée sur la nature du moi et du nirvana^ renoncer à tout désir d'existence ou de non-existence. Telle est, dans sa substance, la doctrine du Maître.
La première vérité qu'il faille bien entendre, c'est la rétribution de l'acte {karman) moralement qualifiable, c'est-à-dire conscient et volontaire, dans des vies à venir, heureuses ou malheureuses, divines, humaines, animales ou démoniaques. A cette vérité s'oppose l'erreur grossière que les bouddhistes appellent la « vue fausse », la « mauvaise doctrine », l'hérésie par excellence [mithyâdrsti). — Les plus vieilles sources, confirmées par les documents jaïnas et brahmaniques, signalent les « mécréants » ou « négateurs de l'autre vie » [nâstikas)^ qui eurent un chef illustre, contemporain et rival de Çâkyamuni, Ajitakesakambali, le « Victorieux vêtu de cheveux». Ils nient l'imputabilité de l'acte et la survie ; ils versent dans un matérialisme radical et conséquent : « Il n'y a pas d'aumône, de sacrifice, d'offrande », c'est-à-dire que l'aumône etles ritssontinefficaces. — « Ni les bonnes
Bouddha de type indien. — Lutte avec Mara. {Voir pur/c 22Ç.)