‹ BouddhismeChapitre 25 sur 192 · RÉTRIBUTION DES ACTES · texte numérisé non relu

RÉTRIBUTION DES ACTES

ni les mauvaises actions ne portent de fruit. Ni ce monde ni l'autre monde n'existent. Il n'y a ni père, ni mère », c'est-à-dire que nous n'avons aucune obligation à l'égard de qui que ce soit. — • « Il n'y a pas d'êtres qui apparaissent ici-bas par une naissance surnaturelle. Aucun religieux, aucun brahmane n'a découvert la vérité et ne peut affirmer de connaissance et perception personnelles les lois morales de ce monde et l'existence d'une autre vie. Quand l'homme, composé des quatre éléments, a fait son temps, la terre qui formait le corps retourne à la masse de la terre, l'eau qui l'humectait retourne à l'eau, le feu qui l'échaufFait retourne au feu, le vent qui l'animait retourne au vent, les sens passent dans l'éther. Quatre hommes avec la bière, ce qui fait cinq, emportent le corps au lieu de crémation, en murmurant des prières. Mais les os blanchissent dans la flamme, et les offrandes des vivants périssent dans la cendre de leur bûcher. . . Fous et sages, quand le corps se dissout, sont anéantis, périssent à jamais, n'existent pas après la mort^. » — D'après les bouddhistes, la moralité est incompatible avec cette perversion de l'esprit qu'accompagnent nécessairement la convoitise et la haine. Les mécréants tranchent

1. Dîgha, I, p. 55; Burnouf, Lotus, p. 456; Warren, Buddhism in translations, p. 492. — Sur les mécréants, voir les travaux de Dahlmann et de L. Suali.

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les «racines du mérite », c'est-à-dire la « non-convoitise », la « non-haine » et la « non-confusion » que tous les crimes imaginables laissent subsister quoique amoindries. Mais, précipités dans l'enfer et mangeant le « fruit des œuvres » qu'ils niaient imprudemment, ils seront délivrés de la « fausse doctrine », et tout espoir de salut n'est pas perdu, après quelques milliards de siècles, à la fin de la période cosmique {halpa). Aussi bien, c'est la passion qui entraîne à nier la vie de l'au-delà. Les arguments dont se paient les incrédules, sont bons tout au plus, dit un texte du moyen âge, à convaincre une femme facile'. Les mécréants sont surtout des libertins, et, chose curieuse, le peu que nous connaissions de leur littérature confirme ce jugement des gens de bien : leur texte ofiiciel semble être un recueil de strophes adressées à une belle qu'inquiètent les sophismes théologiques et qui a peur de l'enfer.

Les indianistes admettent volontiers que l'Inde entière, à l'exception des « mécréants », croyait à la doctrine de l'acte {karman) depuis le crépuscule des temps védiques et aux jours où le Bouddha parut. Je n'en suis pas tout à fait convaincu pour ma part. 11 faut, quoi qu'il en soit, distinguer la croyance à la métempsychose, théorie dite « animiste » et qui faisait le fond

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