‹ BouddhismeChapitre 30 sur 192 · Jatapathabrâhmana, m · texte numérisé non relu

Jatapathabrâhmana, m

NFRtTÉ DU CHEMIN '^'J

ontologiques, il confond l'absence de désir et le désir de l'existence sublime du moi identifié au brahman, et il répond : « Celui qui est sans désir, débarrassé du désir, dont le seul désir est son moi identique au Brahman, qui a obtenu son désir en se possédant soi-même, étant le Brahman va au Brahman. Lorsque tous les désirs du cœur sont rejetés, alors le mortel devient immortel et dès ce monde il obtient le Brahmane »

Mais qui ne voit que désirer le brahman, ce n'est pas être exempt d'attachement? La pensée de Çâkyamuni est plus sobre, plus logique : elle prohibe tout désir, celui de la non-existence comme celui de l'existence. Ceci est la clef de voûte de l'édifice bouddhique, le principe auquel se ramène ou doit se ramener tout le reste.

C'est ainsi que Çâkyamuni épure et coordonne les notions dès longtemps familières à l'école^. Son enseignement se résume dans ces trois

1. Brhadfiranyakopani^ad, iv, 'i, 6-9. — Deussen, Pliil. der Upanishad's, 2* édit., p. 313, s'exprime là-dessus avec le puéril enthousiasme qu'on sait : ((... Worte, wie sie tiei'er, wahrer, herriichernie aus Menschenmunde ergangen sind. »

2. « La spéculation bouddhique est si voisine de celle des Upanishads ! On peut même se demander si ce n'est pas dans cette ressemblance que doit être cherchée surtout la cause de l'hostilité qui paraît avoir divisé de bonne heure brahmanes et bouddhistes. Les autres sectes ét;iient issues directement de cultes populaires : celle-ci semble avoir eu son origine dans les mêmes aspirations qui ont produit les Upanishads. Bhikshus et brahmanes auraient été ainsi en quelque sorte des frères ennemis. » (Barth, Bulletin, 1889, 2, p. 2ù.) — Voir Windisch, Buddha's Geburt. p. 70.

•jS L'ENSEUiNEMENT DE ÇAKYAMUNI

thèses auxquelles les bouddhistes demeureront fidèles : fécondité des œuvres et transmigration, caractère impermanent et non substantiel de ce que le vulgaire appelle le moi, délivrance de la transmigration par l'absence du désir. C'est toute la Bonne Loi.

Le Chemin du milieu

Mais ici se posent les questions que nous formulions tout à l'heure et auxquelles il paraît difficile de se soustraire. Si le Bouddha admet l'existence d'un moi personnel, comment expliquer qu'il proclame l'impermanence, le vide, la non-substantialité, avec tant de solennité et d'énergie? Si vraiment il ne croit pas au « moi », quel est donc cet être qui transmigre poussé par le vent de ses actes? Ni le maître ni les disciples n'ont pu ignorer ces difficultés : comment furent-elles résolues ? que faut-il penser du moi et du nirvana?

La littérature canonique présente trois réponses entre lesquelles nous aurons à choisir : le « moi » n'est pas une « personne », mais seulement un tas de phénomènes psychologiques, et le nirvana n'est que la fin de l'existence ; il y a une personne et un séjour immuable nommé nir-

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