‹ BouddhismeChapitre 36 sur 192 · CHEMIN DU MILIEU · texte numérisé non relu

CHEMIN DU MILIEU

sujet est interdit. — De même Yajnavalkya avait répondu aux questions indiscrètes de sa femme : « Gârgî, n'en demande pas trop! Prends garde que ta tête n'éclate. Il ne faut pas trop demander sur la divinité. Tu en demandes trop. GàrgI, n'en demande pas trop M »

Aussi imprudents que Gargï, nous nous demandions s'il existe dans ce complexe, sous ce complexe transitoire qu'on appelle le moi, quelque chose de permanent et de substantiel. Le canon hésite visiblement entre trois réponses : « non, le prétendu moi n'est qu'un agrégat d'éléments instables », « oui, il y a un être permanent, \e pudgala ou la personne », «je condamne les deux opinions contradictoires, les deux extrêmes; la question ne doit pas être posée ».

De ces trois réponses, au même titre scripturaires et, croyons-le, authentiques, laquelle exprime la pensée profonde du Maître?

Nous pensons que c'est la troisième, la réponse dite « agnostique », malgré l'avis des nombreux indianistes qui considèrent la négation du moi comme la note essentielle de l'enseignement de Çàkyamuni. On voit très bien comment s'est formée cette conviction presque générale : d'une part, les bouddhistes ont dénoncé la croyance au moi comme une erreur pernicieuse, — comme un obstacle à la suppres-

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