NIRVANA
propres. Gomme nous avons vu, la croyance au « moi » est fréquemment dénoncée comme dangereuse, et le canon contient, au moins en germe, une psychologie qui permettra de se passer d'âme 1. En ce qui regarde le nirvana^ au contraire, il n'y a de témoignages directs et explicites que ceux dont on va lire le spécimen le plus probant.
Le révérend Malunkyaputta, un jour qu'il méditait dans la solitude, se prit à penser : « 11 y a des questions que le Bienheureux n'explique pas, qu'il réserve, qu'il rejette. 11 ne m'explique pas si le monde est éternel ou non éternel, fini ou infini; si l'âme et le corps sont identiques ou différents; si le nirvana est existence, non-existence, existence plus non-existence, ni existence ni non-existence. Cela ne me plaît pas ; cela ne me paraît pas juste. Je vais aller le trouver : s'il répond en quelque sens que ce soit, je continuerai à pratiquer le renoncement sous la loi du Bienheureux; s'il refuse de répondre, j'abandonne ses ordonnances et retourne à la vie séculière. » Là-dessus Malunkyaputta se rend auprès du Bouddha et le somme de s'expliquer : « Que le Bienheureux parle en homme sincère : qu'il réponde s'il le peut; ou, s'il ignore, qu'il le dise. »
Le Bouddha, qui est l'Omniscient et le Véri-