Voir ci-dessous, p
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dique, ne déclare pas « qu'il ne connaît pas cela, qu'il ne voit pas cela ». Jamais, sur ses lèvres, un aveu d'ignorance ou d'hésitation. Mais s'il ne dit pas : « Je n'en sais rien ; je ne sais si j'existerai ou n'existerai pas dans le nivvànay»^ il répond nettement : « Vous n'en saurez rien ».
« T'ai-je jamais dit, ô Malunkyaputta : sois mon disciple et je t'expliquerai ces mystères? ou m'as-tu posé cette condition avant d'accepter ma loi ?» — « Non, Seigneur. » — « Qui donc es-tu, homme de folie, pour m'accuser? Celui qui dira : je ne pratique pas le renoncement sous la loi du Bienheureux avant qu'il ne m'ait expliqué si le monde est éternel,... si le nirvana est existence ; cela ne lui sera pas expliqué, ô Malunkyaputta, et cet homme mourra. De même, un homme a été blessé d'une flèche; sur-le-champ ses amis ont fait venir un médecin; et voici que le malade ne veut pasqu'on retire le trait empoisonné si on ne lui explique la caste, le nom, la ^e«,ç, la taille, le teint, le village de celui qui l'a blessé, comment est fait l'arc et comment la flèche. Le malheureux n'arrivera pas à le savoir et il mourra... »
« Toutes ces hypothèses contradictoires, — le monde est éternel, non éternel ; l'âme et le corps sont identiques ou sont différents ; le saint existe dans le /ii/v«/2«, n'existe pas, existe à la fois et n'existe pas, se trouve dans un état
NIRVANA g3
différent de l'existence et de la non-existence, — toutes ces hypothèses sont mauvaises: elles sont incompatibles avec le renoncement qui mène au salut. A quelque parti qu'on s'arrête, à l'ëternalisnie ou àranéantissement,aupersonnalisme ou au phénoménalisme, on n'évitera pas la naissance, — c'est-à-dire la renaissance, — la vieillesse ettoutes les peines qui l'accompagnent suivies d'une nouvelle mort. Mais moi, j'enseigne comment on peut, dès cette vie même, s'assurer de ne plus renaître pour remourir. En efiet, je m'abstiens de choisir parmi les hypothèses métaphysiques; je ne dis pas : « l'âme est différente du corps, l'âme est la même chose que le corps » ; je ne dis pas : « le nirvana est existence, non-existence » ; j'écarte ces opinions dont aucune n'est salutaire, conforme au renoncement, favorable au dégoût des choses sensibles, à la destruction des passions, à la paix, à l'intelligence, à l'illumination et au nirvana. Ce que j'explique, c'est la douleur, sa cause, sa destruction, car cela est utile au salut. Et il faut que vous distinguiez ce que j'ai promulgué et ce que je me refuse à promulguer i. »
Ce texte ne nous apprend pas seulementque la question du moi et du nirvana ne recevra
1. Majjhima, I, p. 426; Warren, Buddfiism,^. 117; Oldenberg- Foucher, p. 273.
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pas de 'réponse : il nous dit encore pourquoi toute réponse est nécessairement mauvaise.
Le renoncement, ou discipline intellectuelle et morale qui mène au nirvana^ est inconciliable avec l'opinion que l'âme est la même chose que le corps; il est inconciliable avec l'opinion contraire. Et pourquoi? Parce que, à tenir l'âme identique au corps, on tombe nécessairement dans la « vue fausse », dans la croyance à l'annihilation à la mort {ucchedadrsti, 77iithyâdrsti). Si, au contraire, on distingue l'âme du corps, on croira à la réalité et à la permanence du moi {çàçvatadrsti), on tombera dans l'hérésie du moi [àtmadrstl, satkâyadrsti). Or, aussi longtemps qu'il croit au moi, l'homme ne peut se soustraire à l'amour du plaisir, à la haine d'autrui, et, plus certainement encore, il ne peut pas ne pas aimer son moi, ne pas se préoccuper de son passé et de son avenir {antagrâhadrsti), ne pas désirer soit l'existence, soit l'anéantissement. Et s'il désire, il ne sera pas sauvé ; car le salut, non-renaissance ou immortalité, est réalisé par l'élimination du désir. Il faut, outre la chasteté et l'abstinence, — ce qu'on appelle, à proprement parler, la « conduite de Brahma », gage d'immortalité d'après rUpanisad^ — le recueillement intérieur et, en dernière analyse, *la suppression des idées et