‹ BouddhismeChapitre 45 sur 192 · Oldeiiherg-Fouctier, p · texte numérisé non relu

Oldeiiherg-Fouctier, p

io8 l'enseignement de çakyamuni

du canon et sans doute à l'imitation du Yoga brahmanisant, catégorisent les passions et les vertus, multiplient les étages de perfection, élèvent de véritables « escaliers spéculatifs». Une noble vie spirituelle se nourrit de cette conception simpliste d'un idéal indéfinissable, idéal auquel nous chercherions vainement un substrat qui soit un concept à proprement parler. Tel quel, il satisfait et réunit tous les bouddhistes, tous les spéculatifs indiens, quelles que soient d'ailleurs leurs opinions métaphysiques, — théistes, panthéistes, athées et nihilistes.

Pour la conscience religieuse, avons-nous dit, le nirvana est un idéal lointain, à tout le moins un idéal d'outre-tombe, puisqu'il est le séjour ou l'élément {dliâtu) immortel et sans douleur. Et cela est vrai. Mais, de même que l'hindou ne se contente jamais d'un dieu personnel et ne peut pas s'en passer, de même le nirvana impensable, en quoi les sages ont mis toute leur eschatologie, sans perdre de sa transcendance, descend dans la sphère des représentations sensibles et s'incarne dans le saint : l'homme délivré des passions {vitaràga) est virtuellement délivré de l'existence; il est entré dans le «//•vàna ; on l'appelle « délivré-vivant » {Jlvanmukta). Cette conception, qui appartient comme celle du nirvana de l'au-delà au vieux Brahmanisme,est très orthodoxe dansle Bouddhisme.

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