‹ BouddhismeChapitre 46 sur 192 · NIRVANA-SUR-TERRE I OQ · texte numérisé non relu

NIRVANA-SUR-TERRE I OQ

Le moine dont les passions sont éteintes est mûr pour le nirvana ; il est certain de ne plus renaître; il peut dire en mourant, de mort volontaire ou par l'épuisement naturel de son lot de vie : « J'ai fait ce que j'avais à faire ; j'ai pratiqué le renoncement ; cette existence est la dernière»; il a conquis le nirvana dès cette vie, à la différence des moines imparfaits qui n'obtiendront l'affranchissement des passions et la certitude de la non-renaissance que dans une existence à venir, sur cette terre ou, divinisés, dans les sphères supérieures. Et comme le mot nirvana, c'est-à-dire apaisement, rafraîchissement i, peut désigner soit l'apaisement des passions ou délivrance du désir, soit l'apaisement de la douleur ou délivrance de l'existence, on peut dire, par anticipation et aussi sans métaphore, non seulement que le saint [arhat) a conquis le nirvna dès ce monde, mais encore qu'il possède le nirvana dans ce monde. De même Yâjiiavalkya enseigne que « celui qui ne désire plus, mortel, devient immortel et, dès ici-bas, obtient Brahma » : non pas que le saint soit transporté vivant dans le monde de l'éternité, mais parce qu'à la mort ses souffles vitaux n.e chercheront plus à se réincarner.

Nous sommesfréquemment avertis que la sainteté, ou nirvana dans ce monde, n'est que le

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